Le Barbier du village

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Le Barbier du village

Dans les pages jaunes, le barbier a mauvaise mine. Quelques salons de coiffure pour hommes, mais rares sont les barbiers assumés. Il en reste une dizaine à Montréal. P45 a rencontré l’un d’eux, et pas n’importe lequel: le barbier de René Lévesque, de Daniel Johnson fils et de Robert Bourassa.

Depuis la fin des années 60, Yves Courtemanche est surnommé le Barbier du village. Cheveux longs, petites lunettes rondes jaunies et une barbe pas très bien taillée: c’est ainsi qu’on l’aperçoit sur une photo de jeunesse gardée précieusement dans un tiroir débordant de babioles.

Le barbier me tend ce portrait abîmé où il apparaît méconnaissable et accompagné de René Lévesque, l’un de ses clients. «J’étais beau bonhomme à l’époque. Les femmes aimaient bien ma barbe…»

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Plus jeune, il voulait faire du cinéma. Un portrait d’Humphrey Bogart règne dignement dans le petit salon. Si le septième art passionnait le Barbier du village, ses parents l’ont poussé à se trouver un «vrai métier». Pourquoi pas barbier? Il fallait bien vivre, quoi.

Le jeune homme a appris les techniques à l’ancienne. Aujourd’hui, il pratique encore. Son petit local placardé de miroirs, de plantes et d’affiches regorge de vieilleries accumulées au fil du temps. L’endroit respire la vie, les voyages, l’expérience, la richesse acquise par des rencontres.

Quarante ans et 100 livres après que la photo du barbier-hippie a été prise, Yves Courtemanche est toujours aussi passionné. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a contré le temps et ses intempéries.

Des histoires, il en raconte: ses clients l’écoutent et en redemandent. Un «showman» qui taille, coupe, rase. Un peu déçu, il fait moins de barbes qu’auparavant. «La mode a changé, il y a eu le sida, les gens ont eu peur des lames.»

Mais par-dessus tout, le barbier est un être profondément viril, un homme qui s’assume. Il transpire la masculinité et la testostérone. On aime. Vous aimerez aussi.

Le Barbier du village


(Cliquez sur le lecteur pour écouter. Durée: 6:46)

4 réponses à “Le Barbier du village”


  1. Cool, Léa :)


  2. Marci. Le Barbier était très cool en effet.


  3. le barbier barbu. qui ne l’est plus. beau personnage.


  4. Beau portrait.

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À propos de l'auteur

Léa Clermont-Dion

Léa voudrait se qualifier d’«explorateur urbain», mais le titre a déjà été pris. Elle s’intéresse particulièrement à certains phénomènes de «geekerie», étant geek elle-même. Fan d'Habermas, elle fait à temps partiel de la radio, de la photo et du documentaire.

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