Certaines raisons qui motivent mon voyage me sont connues, évidentes, opaques. D’autres, totalement inconnues, plutôt nébuleuses, un peu gênées, translucides.
La carotte et le brocoli
Ma relation avec le brocoli a toujours été légèrement incomprise par mon cercle amical.
Les bulles
Une nuit. Juste une nuit. Une belle nuit douce ou tout va jusqu’au bout, comme dit Richard Desjardins. Je ne pensais pas m’y commettre.
Ces choses qui arrivent
Les chances étaient plutôt minimes. Celles que le rebord de mon short se prenne dans la manette de changement de vitesses de mon vélo, l’expulsant d’un seul coup sur le pavé.
«Cloud nine» et American Kevin
À mon arrivée à San Diego, j’ai sollicité les services d’une navette appelée «Cloud 9 Shuttle». Elle m’a transporté jusqu’à destination avec l’aisance d’un petit cumulus poussé par une légère brise.
Les souliers rouges et le jaune gentil
Je me souviens d’une brillante phrase, prononcée par Réjean, le roux de la Petite vie, au sujet des pauses.
L’Exception
Il y a la musique, et il y a Pink Floyd. Il y a les chroniqueurs, et il y a Pierre Foglia. Il y a les États-Unis, et il y a la Californie.
Horizon artificiel
Quand l’avion vole en pleins nuages, sans aucunes références visuelles avec la surface terrestre, le pilote doit se fier à ses instruments, et non à ses sens. C’est primordial.
Les bijoux
Eurêka! J’ai toujours rêvé d’employer ce mot.
Point de fuite…
Différents motifs poussent l’être humain à quitter son nid, à entreprendre une quelconque niaiserie, dans le seul but de se perdre un peu, entre une idée, deux projets, trois petits chats et une souris verte.
Le secret
Depuis quelques mois, le phénoménal succès du livre The Secret alimente bien des discussions, donne beaucoup de jus aux presseurs de consciences, aux «coachs de vie» et autres animateurs de séminaires de développement personnel.
Le rasage des poils jambiers
Le vélo roule comme sur des roux laids. Des roulettes de velours.
Des arbres et des hommes
J’ai dormi, hier, dans un motel à flan de rocher.
Petites notes, gamme d’émotions
En pédalant, en arpentant les allées des épiceries à la recherche d’énergie consommable ou en me reposant sur une souche énorme, je prends des notes. Mentales surtout.
Dieu et les oiseaux
Dieu existe. Il répare et vend des vélos dans le nord de la Californie.
Une librairie nommée plaisir
Je ne sais pas si la destination y était pour quelque chose, mais les trois agents de bord sur mon vol Montréal-San Francisco brillaient par leur masculinité.
La bibitte de Jack Kerouac
Le terminus d’Arcata regorge d’itinérants de toutes sortes. Des filles avec des «dreads» qui sentent l’eucalyptus, de jeunes révoltés qui sacrent, crient et quêtent.
Temps qu’à y être
Au début de mon voyage, je me suis promis de prendre mon temps. D’y aller à petites doses, boutte par boutte.
Simplicité volontaire
La mécanique du vélo se veut fort simple. Des pédales, des roues, des câbles, des freins et parfois, une béquille.
Leonard Cohen, sur la frontière californienne
Je pédale les derniers miles de l’Oregon avec une chanson de Cohen en tête, The Partisan.
Le pouls
J’ose espérer que le cyclotouriste se définit comme un voyageur. Peut-être qu’un jour, il poussera le mot «touriste» assez fort pour lui faire dégringoler le remblai.
Journal de bars
Au commencement de mon voyage, je caressais l’idée de tenir un genre de journal de bord, histoire d’y étaler mes impressions de la route, les villes visités, les pépins et les pelures. Un cahier de notes relatant les faits par dates, heures et kilomètres parcourus.
Chiens et Grand flan mou
I must not fear. Fear is the mind-killer. Fear is the little-death that brings total obliteration. I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the…
Accotements raisonnables
En vélo, l’accotement influence directement l’aisance du déplacement. Son étroitesse provoque une bataille perdue d’avance avec les autres «machines» de la route, obligeant le cycliste à se concentrer sur la chaussée plutôt qu’aux variations de sa pensée.
Lieux, endroits et places
Il y a des matins, tu te lèves, te dilates les pupilles, te frottes les cornées, et tu as le goût de changer le monde. D’abolir toutes les injustices, la faim dans le monde, les guerres, la stupidité.
Folle Orégon
«Pour moi ne comptent que ceux qui sont fous de quelque chose, fous de vivre, fous de parler, fous d’être sauvés, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne baillent jamais, qui ne disent pas de banalités, mais brûlent, brûlent comme un feu d’artifice.» – Jack Kerouac
Le sixième élément
Entre deux villages perdus, je me suis mis à y penser. Jamais je n’aurais cru que son visage allait réapparaître dans ma mémoire rouillée.
Être broche-à-foin, et croire aux lutins
Les puristes de cyclotourisme me martyriseraient sûrement sur la place publique, sans aucune pitié, à coups de chaîne à bicycle. L’image peut en effet provoquer quelques pulsions agressives chez le cyclotouriste averti…
Vancouver-Seattle
Vancouver. Début de mon voyage et retour aux sources. J’y ai habité pendant trois ans, sans jamais le regretter une seule seconde. Cet endroit respire, les gens sourient et les montages, au loin, n’ont pas de tartre sur les dents.
Avoir la Terre de feu au cul
Si un quelconque psychanalyste se mettait à analyser mon subconscient dans le but de soustraire les motivations profondes de mon périple, sa conclusion serait probablement quelque chose du genre: il part pour combler son désir de liberté, d’émerveillement et de rencontres.