Archive pour la catégorie 'Les nouvelles un peu vraies'

Les nouvelles un peu vraies: Montréal, une ville où il fait bon passer un week-end

Vendredi 22 février 2008

La nouvelle est tombée comme une bouffée d’air frais hier dans les médias et l’establishment montréalais. Aussie Girl Magazine, le troisième magazine de mode le plus populaire chez les Australiennes de 22 à 26 ans, a élu Montréal comme l’une des cinq villes nord-américaines où il fait bon passer un week-end.

«C’est un grand jour pour la ville», s’est exclamé un porte-parole de Tourisme Montréal lors d’une conférence de presse organisée pour l’occasion. Selon l’organisme, peu de villes nord-américaines peuvent se vanter de faire parti du top 5 d’un magazine aussi prestigieux qu’Aussie Girl Magazine.

Il s’agit donc d’une deuxième bonne nouvelle en peu de temps pour les Montréalais, puisque la métropole québécoise mène également un concours pour désigner la ville qui remplacera la case «Promenade» dans la future version mondiale du jeu Monopoly.

Interrogé à savoir s’il croyait que le tourisme australien de fin de semaine allait augmenter au pays, un membre de l’équipe Tremblay préférant garder l’anonymat a toutefois émis des réserves. «Ça n’aura jamais l’impact qu’a eu l’article dans le cahier C du New York Times il y a deux ans où ils comparaient Montréal à Seattle. Ça c’était big», juge le conseiller municipal.

Selon un membre de P45 généralement bien informé, la Société du 400e de Québec songerait même à se tourner du côté de l’Australie pour profiter de cette manne et attirer des visiteurs à ses activités.

Des pourparlers seraient en cours afin de rebaptiser la ville Qué-Montréal-bec, question d’obnubiler pour l’occasion la vague de touristes qui ne s’y connaîtrait pas trop trop en matière de géographie canadienne.

Les nouvelles un peu vraies: Un Montréalais avoue avoir «exagéré un petit peu» sur son profil Réseau-Contact

Jeudi 29 novembre 2007

Il est un sportif, un excellent chef, il adore la littérature russe et il est une bête au lit. Incapable de répondre aux attentes de sa dernière conquête virtuelle, Simon Synnott a finalement craqué mardi dernier en avouant avoir exagéré dans son profil sur le site de rencontre Réseau-Contact.

«Je ne suis pas un menteur», a toutefois précisé Simon Synnott, programmeur-analyste dans la région de Canada – Québec – Montréal. En fait, Simon joue «au moins une fois par trois mois» au badminton, il fait une excellente recette de sauce à spaghetti, il a déjà lu plusieurs chapitres de l’Idiot et il connaît les préliminaires.

Pour le programmeur-analyste, c’est sa rencontre avec Coquine23, une bisexuelle au poids proportionnel à sa taille de la région de Canada – Québec – Centre-du-Québec, qui l’a forcé à tout se dénoncer.

«Habituellement, tout le monde triche un petit peu. Mais après avoir discuté avec Coquine23 dans un Second Cup de la rue St-Denis, j’ai vu qu’elle disait vrai sur toute la ligne», se rappelle Simon Synnott. Incapable de lui faire face plus longtemps, le jeune homme a préféré feindre d’aller à la salle de bain pour finalement se sauver par la porte arrière du café et tout lui avouer par courriel.

Selon Alain Grenier, professeur en psychologie de la représentation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Simon Synnott est loin d’être le seul à exagérer sur Réseau-Contact. «Cette tendance pourrait malheureusement s’étendre à un important pourcentage d’usagers», croit l’expert.

Réseau-Contact n’a pas retourné les appels de P45.

Pour en savoir plus sur l’auteur: Maxime Johnson mesure 6 pieds 2, est un habile pilote automobile, s’intéresse à la sculpture et considère que le secret de la vie est écrit à quelque part dans l’Alchimiste de Paulo Coelho.

Les nouvelles un peu vraies: Des Québécois qui s’estiment «plutôt» peureux

Vendredi 16 novembre 2007

Un sondage Léger Marketing pour le compte de l’Institut du Nouveau Monde indique cette semaine qu’une grande majorité des Québécois s’estiment «plutôt» peureux.

En effet, 88 % d’entre eux affirment avoir une petite trouille de quelque chose, quel qu’il soit. À l’opposé, un maigre 12 % des Québécois seulement prétendent n’avoir peur de rien. Ces derniers affirment prononcer la phrase «tasse-toé mononcle» à hauteur de 3,7 fois par semaine. C’est 10 fois moins qu’en 1997 à pareille date.

Selon les répondants, cette confiance en soi défaillante serait due à la mauvaise foi, au manque d’écoute, au gouvernement qui ne s’occupe jamais des «vraies affaires», mais aussi à un passé historique pittoresque et à une trop forte influence des âmes sensibles qui parcourent ce monde, dont les artistes en tête de liste.

Parmi l’échantillon, un témoignage a été recueilli à cet égard: «Toute la gagne de pissous qui pleurent de ne pas avoir leur maman, qui aime ça l’émotion et qui a plein d’amis sur le Plateau, moi je dis que ça manque de couilles. Faut pas se surprendre que ça aille mal», affirme un jeune mâle dans la vingtaine au sortir d’une séance de gym.

La peur d’avoir l’air fou

Selon ce sondage, près d’un quart des Québécois se disent aujourd’hui «très» peureux, alors que 62 % jugent qu’il le sont «plutôt». En se posant la question sur leur insécurité chronique, 2 % ont eu trop peur de répondre et se sont donc abstenus.

«Les Québécois sont peureux pour vrai, résume Michel Venne, directeur général de l’INM. Mais ce sondage indique qu’ils pourraient l’être moins, ou alors l’être sans que cela n’interfère dans la tenue de leurs activités quotidiennes»...

La preuve: sans surprise, «la peur d’avoir l’air fou» arrive en tête dans les critères de définition de la peur des Québécois. La peur de manquer de papier de toilettes, la peur de ne jamais tomber en amour, la peur de se faire traiter de «fif», la peur d’oublier le chat dehors, la peur de ne pas assurer sexuellement, la peur du néant, la peur d’aller voir un docteur, la peur de ne pas faire une bonne impression, suivent.

Selon Michel Venne, cette crise de confiance pourrait d’ailleurs s’expliquer par l’absence d’opinions, de la culture de l’image et des émotions dans l’espace public. «Se pourrait-il que les gens commencent à en avoir soupé de cet étalage de faits et d’informations rigoureuses mais inquiétantes sur la marche du monde? Ne sommes-nous pas tous à la recherche des «vraies affaires», des opinions qui comptent et des gens qui ont les couilles pour le dire?», demande-t-il.

Lancé au début de cette année, par l’entremise d’Internet, dans un bassin de 2006 personnes, le sondage dresse, avec une marge d’erreur de 2,1 % 19 fois sur 20, le portrait d’un Québec qui a la trouille et recense aussi les facteurs qui pourrait contribuer à la robustesse de son mental et à la vaillance de ses couilles.

Une pénurie de majorité silencieuse

Vendredi 2 novembre 2007

Un chercheur de l’Université de Montréal risque de ne jamais pouvoir terminer sa dernière étude sur la «majorité silencieuse» québécoise, faute de participants.

«Ça devient de plus en plus difficile de trouver des gens faisant partie de la majorité silencieuse (MS) au Québec», se désole André Dupuis, professeur associé au département de psychologie de l’Université de Montréal.

Son étude comparative en cours depuis 2004 vise à analyser le comportement de la MS par rapport au reste de la population. «Comme c’est rendu là, je ne pourrai probablement pas la terminer», estime tristement le professeur.

En effet, son échantillon de la MS s’est mis à s’exprimer de plus en plus depuis l’année dernière et parle aujourd’hui encore plus que son groupe témoin, rendant caduques les données obtenues jusqu’ici.

Catherine Léger, doctorante au laboratoire du Dr. Dupuis, doit donc trouver un nouveau groupe de participants. «Ce n’est vraiment pas facile. Avant, je n’avais qu’à passer une petite annonce dans les journaux et je recevais des appels de personnes silencieuses», se rappelle la demoiselle qui entame sa cinquième année de doctorat. Aujourd’hui, ceux qui font suite à son annonce ne sont plus silencieux du tout, et «disent les vraies affaires», selon l’expression régulièrement employée par les répondants.

«Au début, c’était assez drôle et ça mettait de l’action dans le laboratoire, se souvient Catherine Léger. Mais maintenant, ça devient un peu gênant.»

Si vous pensez pouvoir aider l’équipe d’André Dupuis, téléphonez au (514) 343-6111.

Un Sherbrookois croule sous les t-shirts de musique depuis qu’il n’achète plus de CD

Jeudi 11 octobre 2007

Depuis qu’il télécharge sa musique, Simon Lévesque compense en achetant des t-shirts à l’effigie de ses groupes préférés. L’étudiant sherbrookois cherche maintenant un appartement plus grand pour pouvoir entreposer ses 267 chandails.

«Je veux continuer à soutenir les artistes même si je ne paye plus pour leurs disques», explique le finissant en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke. Il pourrait voir des concerts, mais puisque «U2 ne descendent pas trop souvent à Sherby», Simon n’a pas d’autre choix que d’acheter les t-shirts de ses bands préférés. Des t-shirts qui commencent à prendre beaucoup de place…

«Je cherche donc un plus grand appartement, du moins, un avec plus de garde-robes», précise le jeune homme. Car comble de malheur, en plus de posséder beaucoup de t-shirts, Simon est ridiculement gros et enfile du XXXL.

L’étudiant rondelet accumule ces vêtements depuis maintenant quelques années. «C’est Andrée Waters qui m’a ouvert les yeux», se souvient-il. Le passage de la chanteuse à l’émission Tout le monde en parle l’avait particulièrement ému et l’avait convaincu de s’acheter deux t-shirts de la tournée Si exceptionnelle.

«Tant de chandails, ça commence à être complètement absurde. Il devrait arrêter d’en acheter», confie l’un des parents de Simon sous le couvert de l’anonymat. «En fait, si ce n’était pas mon fils, je rirais probablement de lui», renchérit-il.

Ces critiques n’affectent toutefois en rien le futur ingénieur. «J’aime la musique, je veux encourager les artistes. Si ça gêne des gens, c’est de leur problème», croit Simon Lévesque.

D’ici à ce qu’il trouve un appartement assez bien garni en espaces de rangements, le gros Simon compte payer les albums qu’il télécharge. «Mais ça me fait de la peine de payer autant tout en ayant moins pour mon argent, confie-t-il. J’espère vraiment trouver quelque chose rapidement…»