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	<title>P45 &#187; Arts visuels</title>
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	<description>Parce que la vie est courte.</description>
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		<title>Jean-Louis Costes: le maître fou</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2007 04:12:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabien Loszach</dc:creator>
				<category><![CDATA[72]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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		<description><![CDATA[«Le nouveau siècle sera judiciaire, légalophile, nordique et pasteurisé.» Philippe Muray Le jeudi 12 avril, Jean-Louis Costes et Lisou Prout étaient à Montréal pour présenter leur dernier spectacle Les petits oiseaux chient. L’occasion nous était donc donnée de revenir brièvement sur la carrière du plus célèbre performeur français et d’essayer...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>«Le nouveau siècle sera judiciaire, légalophile, nordique et pasteurisé.»</em><br />
<strong>Philippe Muray</strong><br />
<span id="more-1780"></span></p>
<p>Le jeudi 12 avril, Jean-Louis Costes et Lisou Prout étaient à Montréal pour présenter leur dernier spectacle <em>Les petits oiseaux chient</em>. L’occasion nous était donc donnée de revenir brièvement sur la carrière du plus célèbre performeur français et d’essayer de comprendre un peu mieux sa production artistique protéiforme et pléthorique.</p>
<p>Jean-Louis Costes est pour beaucoup cette bête malade et névrosée qui se chie un peu trop sur les doigts et qui veut les faire sentir à tout le monde. Pourtant, en vingt années d’opéra trash, il a su, mieux que toutes les politiques gauchistes bien pensantes, détruire par la caricature le discours de l’extrême droite.</p>
<p>Paradoxalement, et malgré cette lutte constante qu’il mène depuis toutes ces années avec sa prose scato-facho-ordurière, l’histrion est plus connu pour les procès que lui font toutes sortes d&#8217;associations (Union des Étudiants juifs de France, Licra, MRAP, etc) que pour ses spectacles.</p>
<p>C’est un fait avéré qu’en France, nation autoproclamée de la contestation mais aussi temple du bien-pensant, on ne peut combattre le mal par le mal et qu’il existe des absolus contre lesquels même l’humour se trouve censuré. Passons, Costes est bien autre chose qu’un fait-divers.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Ni moral, ni nihilisme</strong></p>
<p>Beaucoup de monde a déjà rapproché les performances de Costes de celles de Mc Carthy ou de Mike Kelley: le corps comme lieu de frustration, maudit, caché, blâmé par la morale chrétienne, dressé de manière orthopédique par la discipline, qui devient dans la performance artistique le lieu de toutes les possibilités inavouables.</p>
<p>Pourtant, s&#8217;il fallait retenir un trait caractéristique des créations de Costes, c&#8217;est cette capacité de créer des aires de combats virtuels qu&#8217;il faudrait peut-être retenir. Lieux belliqueux où les logiques du «social-moral-religieux» (intellectuel-politicien-théologien) gonflées aux stéroïdes seraient poussées à leur paroxysme.</p>
<p>Le public quant à lui serait composé que de Sade, de Masoch, de Juliette et de Catherine II de Russie. Plus important encore, Costes se défie autant de la morale que du nihilisme. Il ne cherche pas à détruire la morale, mais tente plutôt de déconstruire les discours qui l&#8217;entourent et qui se cache bien souvent de la justifier.</p>
<p>Toutes les belles entreprises collectives, les idées, les utopies morales sont des infamies en puissance qui n&#8217;attendent que de se sentir un peu plus fort pour mordre, un peu plus faibles pour rentrer dans le costume si confortable de la victime. Ce que nous dit Costes, c&#8217;est que tout est prétexte à catéchèse et qu&#8217;il est jouissif pour l&#8217;âme pleine de ressentiment du faible de donner des leçons. Le confort moral conforte la précarité intellectuelle&#8230;<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Réintroduire le négatif et libérer la part maudite</strong></p>
<p>À l&#8217;opposé d&#8217;une vision purement nihiliste, donc, les performances de Costes tentent de réintroduire le négatif pour montrer que lorsqu&#8217;on l&#8217;évacue la « part maudite» inhérente au social et à la vie on s’enferme dans une idéologie du bien encore plus mortifère.</p>
<p>Philippe Muray dans son double essai <em>Après l’histoire</em> avait déjà montré que notre société contemporaine se caractérisait par un refus d’incorporer le négatif, soit l’accidentel, la pulsion de mort, la violence libératrice, de l’autre, l’altérité de la mort ainsi que les contradictions, la distance, l’écart, etc…</p>
<p>Nous vivons ainsi dans une ère qui rejette le mal ou bien se l’attribut en le fabriquant en grande série dans des manifestations spectaculaires, institutionnelles et euphémisées. (anticonformisme de l’art contemporain, transgression spectaculaire autorisée, marginalité de surface dans des vocables à la mode). Pourtant, chez Hegel par exemple, la négation était créatrice parce qu’elle détruisait le donné et permettrait la réalisation de nouvelles possibilités.</p>
<p>Ainsi pour Costes, conscience cathartique s’il en est, le paradis et l&#8217;enfer sont partout et il faut acclimater les deux: «Le corps: l&#8217;enfer! La tête: l&#8217;enfer! La vie: l&#8217;enfer! La mort… le sexe… la drogue… la race… la France.. le père… la mère… la sœur.. le frère… la famille… l&#8217;école… la télé… le dentiste… De pire en pire! L&#8217;empire du mal.»<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Rite de possession</strong></p>
<p>Le corps dans l’œuvre de Costes devient alors le lieu d’une réconciliation du négatif et du positif, d’éros et thanatos, mais aussi le lieu d’une consumation, d’un gaspillage, et d’une connexion avec la déchéance, le désespoir et la mort.</p>
<p>À cet égard, on pourrait rapprocher les performances de Jean Louis Costes des rites de la possession qui sont, dans une certaine mesure, un moyen de se libérer de l’énergie vitale en excès. Ce dernier dit avoir été très influencé par le film documentaire <em>Les maîtres fous</em> du regretté Jean Rouch qui a filmé en 1955 une cérémonie de possession des adeptes du mouvement Haiku au Nigéria. (mouvement né dans les années 20).</p>
<p>Au cours de cette cérémonie, les membres de la secte invoquent les génies de la force qui sont en fait les esprits des administrateurs coloniaux, soit des stéréotypes de la domination coloniale: le caporal de garde, le gouverneur, le docteur, la femme du capitaine, le général, le conducteur de locomotive, etc&#8230;</p>
<p>Ainsi, les dieux invoqués, ceux qui prennent possession des adeptes ne sont plus des dieux traditionnels, mais des fétiches occidentaux issus du colonialisme. Avec l’arrivée de ces génies, les membres de la secte se mettent à imiter l’homme blanc et donc à imiter le négatif, le mal, pour mieux l’exorciser. Les corps se transforment aussi sous la poussée de l’énergie vitale : ils bavent, tremblent, la respiration se fait suffocation.</p>
<p>Avec «les maîtres fous», on comprend ainsi l’utilité anthropologique de la transe: processus cathartique intériorisation du mal, acclimatation du négatif et libération de l’énergie vitale en excès.<br />
<br/ ></p>
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		<title>In memoriam: Andy, dis-moi oui!</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Feb 2007 05:04:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélissa-Corinne Thériault</dc:creator>
				<category><![CDATA[65]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[La une]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Fin février 1987: je suis une petite fille solitaire qui joue avec ses deux meilleurs amis, un chien et un Larousse illustré. La radio joue avec nous, à sa façon, au loin on entend le radiojournal et cette nouvelle, l’artiste Andy Warhol est mort. J’ai pensé spontanément que si on...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fin février 1987: je suis une petite fille solitaire qui joue avec ses deux meilleurs amis, un chien et un Larousse illustré. La radio joue avec nous, à sa façon, au loin on entend le radiojournal et cette nouvelle, l’artiste Andy Warhol est mort.</p>
<p><span id="more-1526"></span>J’ai pensé spontanément que si on en entendait parler jusqu’à Rimouski en plein après-midi, ça devait être important. Ses tableaux dans le Larousse étaient mes préférés: ils voulaient dire quelque chose &#8211; rien à voir avec les tableaux de «monde-tout-nu» qui vivait à cette époque plate où l’on ne faisait visiblement rien d’autre que de manger des raisins et se faire emmerder par des anges.</p>
<p>D’ailleurs, ma sagesse d’enfant me prémunissait contre le genre de croyances irrationnelles présentées dans ces œuvres suspectes (quoi? il aurait eu un monde où la télé n’existait pas? pfff!!!).</p>
<p>Les images de Warhol &#8211; les cannes de soupe Campbell’s, les boîtes de détergent… &#8211; avaient clairement aux yeux d’une enfant une plus-value: d’abord, nous avions la preuve dans nos armoires du sous-sol que Monsieur Warhol ne nous contait pas de pipes. Ensuite, ses tableaux étaient vivement colorés, preuve d’un goût supérieur: la couleur n’est-elle pas ce qui distingue le plus nettement le monde des enfants de celui des adultes?</p>
<p>En y repensant avec le recul &#8211; vingt ans, ça paraît long pour une vie humaine, mais à l’échelle de l’Histoire de l’Art, c’est à peine un éternuement &#8211; on peut se demander si la médiatisation intensive qu’il a connue de son vivant a affecté son aura posthume: plusieurs continuent de ne voir dans son œuvre qu’une parenthèse ou un accident culturel.</p>
<p>Pourtant, ses débuts comme illustrateur publicitaire ont été plus qu’abondamment scrutés à l’époque, et certains intellectuels en ont fait par la suite leur chouchou (le critique d’art et philosophe Arthur Danto, par exemple, raconte que les <em>Boîtes Brillo</em> de Warhol lui ont fait apparaître en 1964 la véritable nature de l’art, rien de moins).</p>
<p>Sur le plan de la création, il était dès les années soixante une personnalité versatile et prolifique, régnant sur une ruche &#8211; <em>The Factory</em> &#8211; où ses assistants exécutaient ses recommandations. Le maître pouvait ainsi gé(né)rer une imposante production: tableaux, films, <em>happenings</em>…<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Une vésicule biliaire, et c’est le drame</strong></p>
<p>Même sa vie personnelle était un paradoxe, à la fois banale et hors du commun. Un vécu singulier nappé d’une sauce-tragédie se dégage en effet lorsqu’on écarte les éléments de légende: on a affaire à un fils d’immigrants modestes né à Pittsburgh, qui grâce à son seul talent réussit – non sans avoir surmonté quelques embûches &#8211; à se faire reconnaître comme artiste à New York et à devenir un jet setter incontournable (rock stars et profs d’université se battront pour son attention, c’est pour dire!).</p>
<p>Il se fera tirer dessus par une désaxée, en gardera séquelles et souffrances mais n’en mourra pas, puisque sa condition de mortel le destinait à une mort ordinaire. Qu’est-ce qui est plus fort que l’adulation, le talent et la gloire? Les suites d’une opération à la vésicule biliaire.</p>
<p>Ce décès précoce contribuera quelque peu à la légende, et nous incitera à méditer sur ses déclarations – ou devrait-on dire ses <em>jingles</em>? La plus célèbre est la plus avérée: que chacun aurait dans l’avenir ses 15 minutes de gloire (à preuve, au moment où vous lisez ces lignes, le compteur tourne pour moi et j’ajoute 2 à mon total).</p>
<p>Il avait également saisi que dans un monde pétri comme le nôtre d’un capitalisme qui fait carrément figure de religion, l’art n’irait plus seul. L’artiste-<em>businessman</em> serait la suite logique de l’artiste-génie, d’où sa fameuse provocation: «gagner de l’argent est un art, travailler est un art, et faire de bonnes affaires est le plus grand des arts».<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Pape post-moderne</strong></p>
<p>À l’ère de la production industrielle, tout se remplace mais même les choses apparemment les plus semblables et interchangeables sont en fait différentes. Il reproduisait en série des images de vedettes inaccessibles &#8211; Marilyn, Liz Taylor, Elvis ou lui-même &#8211; dans un résultat qui, curieusement, rappelait (par la régularité des formes, la subtilité de variation et l’agencement des couleurs) les courtepointes de <em>patchwork</em> de nos grands-mères.</p>
<p>Obsédé par la consommation, la mort, et surtout par le rapport entre les deux, il a montré les dessous, les revers, les excès de la société dans laquelle nous vivons, sans pour autant se permettre l’habituel regard moralisateur propre aux discussions autour de la culture pop.</p>
<p>Peut-être est-ce là un des apports les plus sous-estimés de sa pensée: une neutralité inquiétante, volontairement provocante, que nous n’avons pas toujours su saisir à sa juste valeur. Et allons-y pour les gros mots: il exprimait un changement de civilisation &#8211; pour le meilleur et pour le pire &#8211; que peu avaient eu les couilles de décrire honnêtement.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Épilogue</strong></p>
<p>Imposteur ou habile manipulateur, il ne nous aura pas moins légué une réflexion qu’on peut qualifier de philosophique: une vision du monde et de la place de l’humain au sein de celui-ci. Si vous vous promenez sur la Plaza St-Hubert à Montréal, parmi le décor de pacotille qui date en partie de son vivant, vous retrouverez un peu de l’atmosphère que le «pape du pop» affectionnait: couleurs criardes, vêtements voyants, bottes à talons, produits dérivés de dessins animés&#8230;</p>
<p>C’est au cours d’une de ces promenades que <em>la chose</em> m’est apparue: une sacoche officielle Andy Warhol®. Un vieux modèle, probablement rescapé d’un stock de produits dérivés d’une grosse exposition. Je ne l’ai pas achetée. Je ne voulais pas qu’Andy, me regardant du ciel (où il doit être assis sur un gros fauteuil de léopard), soit obligé de détourner un oeil de sa télé chérie pour se dire: «tiens, une autre qui tombe dans le piège de l’unicité et de la griffe».</p>
<p>Chose certaine, Andy, lui, doit trouver ça vraiment cool d’être pour l’éternité avec du monde-tout-nu qui mange des raisins et des angelots &#8211; sujets de ses premiers croquis &#8211; qui lui tournent autour en disant comme dans la chanson: «Andy, dis moi oui!».<br />
<br/ ></p>
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		<title>Tyler Rauman: aux confins d’un art psychédélique, enfantin, troublant</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Nov 2006 04:29:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Rondeau</dc:creator>
				<category><![CDATA[52]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[La une]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelquefois, par hasard ou par destin, le cours des choses met sur notre chemin des gens qui ressortent avec plus de couleurs que les autres. Ce genre de couleur, je l’ai capté chez Tyler Rauman alors que j’ai posé mes yeux sur ses affiches colorées avant un spectacle étrange à...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelquefois, par hasard ou par destin, le cours des choses met sur notre chemin des gens qui ressortent avec plus de couleurs que les autres.</p>
<p><span id="more-1197"></span>Ce genre de couleur, je l’ai capté chez Tyler Rauman alors que j’ai posé mes yeux sur ses affiches colorées avant un spectacle étrange à la Casa Del Popolo.</p>
<p>Quand je me suis assise devant lui pour une interview quelques jours plus tard, cette couleur s’est profondément ancrée en moi quand il m’a affirmé un peu naïvement: «Pour moi, ma galerie d’art, c’est la ville». Montréal au grand complet.</p>
<p>Peut-être avez-vous, sans vraiment le savoir, croisé son travail qui enveloppe bon nombre de lampadaires de la ville. Tyler crée, pour son propre plaisir, des affiches qui servent à annoncer divers spectacles underground de la scène musicale montréalaise. Comme j’étais intriguée par son travail plus que spectaculaire, frôlant le psychédélique, je lui ai demandé d’où venait cette technique si particulière d’illustrer la musique, le rêve et les formes.</p>
<p>L’histoire remonte à loin. Depuis toujours, en fait. Tyler vient de Thunder Bay, au nord de l’Ontario. N’ayant pas terminé ses études, il emménage à Montréal avec pour seul but de découvrir la ville, sa musique, son rythme et pour fignoler son français. C’était en 2003. En 2004, il fonde Telefauna avec trois autres artistes venant d’un peu partout au Canada. Il découvre alors l’univers explosif de la scène underground et tombe amoureux de la cité.</p>
<p>Depuis son jeune âge, il rêve de vivre de l’art. C’est le mélange de la musique et son amour du dessin qui vont le placer vers une voie peu empruntée, celle du design de posters. Il dessine d’abord pour son propre band et peu à peu, il va créer une panoplie de chefs-d’œuvre de tous genres pour tous les goûts et tous les sons.</p>
<p>Parmi ses influences, une gravure de Mc Esher qui va le pousser vers les lignes brisées, les dédales, les formes troubles, oniriques, Dali également, mais l’art lui vient surtout en observant les trucs qu’il voit en prenant place au café Esperanza de la rue Saint-Viateur.</p>
<p>La fatigue et ces milliers de détails qui peuplent son appartement, un gribouillage qu’un inconnu a fait sur une <em>napkin</em>; tout se transforme, ondule et se morcelle sur les pages de son cahier noir. Chaque dessin est fait à la main, à la mine «pour la réalité du crayon, sa dureté, sa matière» et est travaillé durant des heures. Il est ensuite calqué à l’encre et quelquefois, il y ajoute de l’aquarelle, quelques couleurs par ordinateur et le placarde finalement dans la ville.</p>
<p>Tyler Rauman a un style unique, magnifique. Une approche enfantine troublante, mais tout de même accessible, qui lui vaudra un jour sans doute plus que les lampadaires de la ville de Montréal. Chacune de ses pièces renferme autant que ce que l’on y cherche. Mais c’est surtout de l’art pour le plaisir d’en faire, pour en être habité, tout simplement.<br />
<br/ ></p>
<p><em>Exposition à partir du 1er décembre au Green Room, 5386 St.Laurent, Montréal.</em><br />
<br/ ></p>
<p>Myspace de Tyler Rauman: <a href="http://www.myspace.com/myneuralart" target="blank">myspace.com/myneuralart</a><br />
Myspace de Telefauna: <a href="http://profile.myspace.com/telefauna" target="blank">myspace.com/telefauna</a><br />
Myspace de Random Creature Generator (projet musique solo): <a href="http://www.myspace.com/randomcreaturegenerator" target="blank">myspace.com/randomcreaturegenerator </a></p>
<p>Affichez un poster signé Rauman chez vous! Commandez-le chez <a href="http://www.indyish.com/artists/my-neural-art/" target="blank">Indyish</a>.<br />
<br/ ></p>
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		<title>Peindre la viande: Jean Dubuffet</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Oct 2006 07:18:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Bernard</dc:creator>
				<category><![CDATA[47]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a affluence fictive de bateaux inventés au Vieux-Port; la zone se fait toute pétulance. Ce 29 septembre, le monde s’est levé en plein festival Artegonia: clairons! sabres! Je n’en aurais rien su sans cette bande passant au bas d’une télévision qui sévit chez ma sœur. La boîte qui...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a affluence fictive de bateaux inventés au Vieux-Port; la zone se fait toute pétulance.</p>
<p><span id="more-1078"></span>Ce 29 septembre, le monde s’est levé en plein festival Artegonia: clairons! sabres! Je n’en aurais rien su sans cette bande passant au bas d’une télévision qui sévit chez ma sœur. La boîte qui fait du bruit m’informait de la visite posthume de Jean Dubuffet, en 200 pièces détachées.</p>
<p>Dubuffet a fait la peinture sans être peintre. Il est allé au Louvres pour sortir son calepin de sa peau et tracer un X en pesant fort. Dans le marbre, lui cherchait le bois. Il a cassé l’école, rentré chez lui, n’en a pas ramener les concepts mais l’image de la pierre, des poutres. Paris, c’est <em>Breton et Cie</em>, sans le pontificat surréaliste. Dubuffet voit brut comme l’Afrique. C’est l’art brut son truc magique.</p>
<p>L’art brut n’aime pas les messieurs maigres  mais les bagarres écarlates, les enfants qui pensent, les injections tranquillisantes. Ça se fait entre ignares et maniaques.</p>
<p>L’œuvre vit dans ma psychose, classe 4, remarquable. On me parle de Rembrandt, je me tais et entrevois un trou au ciel, qui fuit sitôt vu. Dubuffet, lui, se plante longtemps à aimer les graffitis, les cailloux difformes, la langue incalculable des ivrognes. De l’œuvre sculptée exposons les copeaux, sans cloche au-dessus. À l’air libre, toutes fenêtres ouvertes.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Bran de scie</strong></p>
<p>C’est 1942, dans tout Paris à la fois. Dubuffet range la cravate de commerce dans une boîte en carton et change ses belles chaussures. Fini d’être une locomotive, une devanture à magasin. Il mettra la matière au four cette année-là. Une moquerie traverse Saint-Germain-des-Prés. Ce sont-là barbeaux, le monde n’est pas si naïf.</p>
<p>New York absorbe le choc vrai. En Amérique, on ne fait pas l’art derrière ses lunettes, on le fabrique avec les chemins de fer. On a toujours besoin de nos <em>Nègres</em>.</p>
<p>Gallimard avait l’acuité nerveuse et prête à Dubuffet le <em>Pavillon de l’art brut</em>. Outre-atlantique se fonde une <em>Compagnie</em>, véritable usine annonciatrice de la <em>Factory</em>, sans junkies ni pédales. L’art brut multiplie les cellules d’un corps qui se répare.</p>
<p>Dubuffet pénètre alors les pores. Il peint ces Basquiat ou Haring sous le viaduc la nuit, qui y peindront eux-mêmes des signes de dollar. L’Europe s’apprête à comprendre entre deux clopes. Sonne l’orgue mou du <em>Collège de Pataphysique</em>. Les fondations se ramifient, partout des arbres. Dubuffet touche-à-tout touche à tout. Il y même aux presses des bouquins allégés de leur écorce et rugissant (<em>Asphyxiante Culture</em>).</p>
<p>L’artiste craque d’intelligence, commente sa mathématique avec l’âme du voleur. Dehors il pleut vert et jaune. Jaune comme le mécanisme minuscule d’une horloge paradoxale, qui ne donne l’heure qu’une fois enrayée.</p>
<p>Car faire l’art contre l’art, c’est encore beaucoup faire de l’art. Toucher l’art en le sciant à l’égoïne, c’est encore entrer, par la fente au côté, à l’Académie des Prud’hommes. On peut rentrer, à poil et en gueulant, dans les longues institutions. Parfois la porte nous suce un tantinet, et non l’inverse. C’est tout.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>La terre glaise, ça sèche</strong></p>
<p>La notoriété de Dubuffet se coule dans ce plastique qu’on moule aux pieds des professeurs avant de les lancer aux fleuves. La matière bout. Rouille et sable font fleur. On peint sur la pâte, sur les ailes, les canevas lourds et les chaises brisées. On cogne la couleur et mâche de la toile. On voit borgne. Le débris surgit nouveau, etc.</p>
<p>On n’avait jamais vu si simple scandale, provocation plus joueuse. La matière se reproduit: calques de rivière, copies du lichen, du bois en bois. Dubuffet, c’est manger avec les doigts. Exposons la glaise, avant qu’elle ne sèche surtout. Scrutez le métal qu’il se boursoufle. La recherche <em>matiériste</em> est une étude fragile.</p>
<p>L’<em>Hourloupe</em> balaie les portiques. La chambre se gonfle et s’humidifie. L’<em>Hourloupe</em> c’est la forme en marche du puzzle; la chambre, le <em>Jardin d’Hiver</em>. Bibelot sophistiqué demeure chat. Les journaux le matin, on les mouille et les malaxe et c’est la piñata. On fait l’art en cannibale, pour peindre cru sur de la viande en vie.</p>
<p>200 œuvres donc, Pavillon Jacques-Cartier. De la lithographie, de la sérigraphie. Des images de phénomènes, de flaques, de grains, des taches. Quelques sculptures; un long rouleau; plusieurs dessins au feutre, les plus beaux, qui cherchent à fuir cet endroit. Cet endroit rembourré de touristes effrayés d’étrangeté, piqués de stupeur à l’échine, sans comprendre que Dubuffet a mis l’art entre leurs grosses mains rouges.</p>
<p>Dans cet endroit, des <em>acrobates</em>, des <em>acteurs</em> peinturlurés nous accueillent dans un mauvais théâtre et font fla-fla. Ils hantent de pompe les allées. On entend des bruits qui coulent et du New Age, émerveillé devant les fautes d’orthographe aux murs. Si c’est cela s’approprier Dubuffet, laissons-le d’où il vient, dehors dans la boue claire.</p>
<p>Allez-y peut-être.<br />
Sinon, regardez plutôt les champignons dans la terre bien grasse. Ça s’appelle <em>Matière</em>, <em>Mouvement</em>, <em>Mémoire</em>, jusqu’au 31 octobre.<br />
<br/ ></p>
]]></content:encoded>
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		<title>How to… – Des projets artistiques clé en main pour Montréal</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jul 2006 04:35:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Claude Beaucage</dc:creator>
				<category><![CDATA[42]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques mois, je dénonçais avec force et vigueur dans les pages virtuelles de P45 la surabondance de salons de coiffure à Montréal au profit de librairies indépendantes, de salles de spectacles et de boutiques de commerce équitable, entre autres. Bon, c’est bien beau dénoncer, mais encore faut-il...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques mois, je dénonçais avec force et vigueur dans les pages virtuelles de P45 la surabondance de salons de coiffure à Montréal au profit de librairies indépendantes, de salles de spectacles et de boutiques de commerce équitable, entre autres.</p>
<p><span id="more-568"></span>Bon, c’est bien beau dénoncer, mais encore faut-il savoir parfois proposer. Des solutions, idéalement. Ce que je ne faisais pas vraiment dans ce <em>Combat du mois</em> bien senti. Mais… mais, il y a quelques semaines, chanceuse que je suis, je visitais le Yerba Buena Center for the Arts à San Francisco et j’y ai vu une exposition qui a fait dans ma tête son petit bonhomme de chemin.</p>
<p>Une fois revenue à Montréal, j’ai continué à y penser et à en parler parce que ce que proposait cette exposition du collectif Red76, intitulée <em>How to… An Anthology of open source projects</em>, eh bien, je me disais que c’était peut-être une partie de la solution, non pas pour éradiquer complètement tous les salons de coiffure de la métropole mais du moins, pour atteindre un certain équilibre entre tous ces lieux où notre crinière se fait dompter… et le reste. Et vous et moi, on peut faire partie de la solution. N’est-ce pas merveilleux?</p>
<p>«Bon, c’est quoi, d’abord <em>An anthology of open source projects</em>?», vous entends-je demander depuis votre salon coloré. Je ne vais pas me prêter à l’exercice de la traduction, j’aurais peur de travestir le sens de ce dont il retourne vraiment. Disons, pour résumer grossièrement, qu’il s’agit d’une série de projets artistiques simples, dont la prémisse de chacun d’entre eux tient généralement en une seule phrase.</p>
<p>Ces projets ont moins pour but de faire une quelconque déclaration ou affirmation que de susciter publiquement des questions et tenter de toutes sortes de manières de créer des conversations et des discussions constructives sur différents enjeux sociaux, politiques et artistiques. De plus, ces projets, créés dans des contextes précis, peuvent pour la plupart se transposer dans n’importe quelle ville, du moins, dans le monde occidental.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Des ambitions artistiques et sociales</strong><br />
<br/ >«C’est pas très concret tout ça…» me direz-vous. Pour m’aider à vous expliquer toutes les belles idées derrière ces projets, j’ai contacté Sam Gould, artiste en arts visuels et membre fondateur du collectif Red76, dont le quartier général du moment se trouve à Portland, Oregon.</p>
<p>Le premier projet de cette série à avoir vu le jour s’intitule <em>The Laundry Lecture Series</em>. C’était en 2003. Gould et sa compagne, une artiste qui fait elle aussi partie du collectif Red76, habitaient alors le quartier ukrainien de Chicago et se rendaient hebdomadairement à la buanderie polonaise du coin pour faire leur lavage. Un jour, entre deux brassées, tous deux ont été frappés par les possibilités qu’offrait ce lieu, doté qu’il était d’une espèce de petite scène et de plusieurs bancs. Comme ils devaient passer au moins une heure par semaine là-bas à attendre leurs vêtements, «pourquoi ne pas faire de cette heure une heure créative et constructive?», se sont-ils dit. Ou à peu près.</p>
<p>C’est ainsi qu’ils ont décidé de tenir salon, pour ainsi dire, dans cette buanderie d’abord, puis dans quelques autres, dont certaines de Portland, de San Francisco et d’Oakland. Au début, c’était bien entendu des amis qui se joignaient à eux pour ces petites séances où chacun y allait de la lecture d’un texte &#8211; de soi ou d’autrui. Des discussions naissaient ensuite de ces lectures. Parfois, il y avait une thématique. Certaines fois, les textes relevaient davantage de la littérature, d’autres fois, il s’agissait plutôt de pamphlets ou de textes plus engagés.</p>
<p>Il n’y a pas vraiment de règles, de structures quand il est question de lecture de textes dans les buanderies… Peu à peu, le mot s’est passé, des curieux ont apporté leur linge sale et se sont joints à eux pour ces séances de lecture, pour ensuite devenir des habitués. Laver son linge sale en famille n’a jamais été aussi édifiant et divertissant.</p>
<p>Par la suite, Sam Gould, seul ou avec d’autres amis/collègues artistes, a initié près d’une dizaine d’autres projets artistiques aussi simples que <em>The Laundry Lecture Series</em>, articulés autour du même objectif, soit provoquer des questionnements et des discussions sur différents enjeux qui sont au cœur de leurs préoccupations. Avec du recul, il s’est aperçu qu’une même trame reliait tous ces projets. Les membres de Red76 ont donc décidé de les regrouper et de les présenter sous une même bannière. C’est ainsi que cette exposition intitulée <em>How to… An anthology of open source projects</em> a vu le jour.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Rendre les villes plus humaines</strong><br />
<br/ >L’urbanité est un thème très présent dans les projets qui constituent cette exposition. Parce que Sam a grandi près de la ville de New York, il avance que les villes ont joué un rôle prépondérant dans sa vie; culturellement, esthétiquement, ainsi que sur sa manière de mener son existence au quotidien.</p>
<p>«À travers mon travail, je cherche à trouver une manière de rendre les villes plus humaines; une manière de faire en sorte qu’elles soient en mesure de croître et de respirer au rythme des individus qui les composent, les habitent. À mon sens, ce n’est pas seulement le rôle des dirigeants, des urbanistes et des architectes d’y arriver, c’est aussi celui des citoyens et des artistes de chercher à atteinde ce but. La plupart des projets de Red76 tentent de comprendre ou du moins d’amorcer une discussion sur la façon dont on peut rendre plus faciles, plus libres, plus actives et plus conscientes nos interactions avec les autres dans un contexte d’urbanité.»</p>
<p>À ce sujet, un des projets de Red76 intitulé <em>How to Create a Cultural District and Have it Vanish Into the Morning Mists of Dawn</em> aborde directement la question des artistes en relation avec les quartiers qu’ils investissent. Lorsque les artistes s’établissent dans un quartier, c’est généralement parce que celui-ci est abordable. Mais peu de temps après qu’ils l’aient investi, la cote de popularité dudit quartier augmente, tout comme le prix des appartements. Ce projet propose donc de créer une espèce d’arrondissement ponctuel, éphémère et mobile dédié aux arts en invitant des artistes à initier au coin des rues et sur les trottoirs différents projets liés au quartier investi temporairement.</p>
<p>Le dernier <em>Cultural District</em> a été mis sur pied à Oakland en avril dernier et il n’est pas nécessaire d’attendre que des membres de Red76 viennent éventuellement à Montréal pour déambuler dans un <em>Cultural District</em> près de chez-vous… Vous pouvez très bien créer le vôtre pour quelques heures…<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Humaniser le karaoké…</strong><br />
<br/ >Parmi ces autres projets qui font partie de <em>How to… An Anthology of open source projects</em> que vous pouvez vous aussi concrétiser, il y en a un qui s’intitule <em>Protest Song Karaoke</em>. On nous propose d’aller dans un bar karaoké, de choisir une chanson que l’on sait totalement apolitique et de faire comme si elle avait été écrite avec un propos politisé, engagé en tête.</p>
<p>Par exemple, en allant interpréter la chanson <em>Sweet Caroline</em> de Neil Diamond, en guise d’introduction, l’interprète peut dire quelque chose du genre: «Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Neil Diamond a écrit cette chanson à propos d’une liaison qu’il eut jadis avec une jeune fille catholique dont les parents désapprouvaient totalement la relation parce qu’il était Juif. Une bien triste histoire, vraiment…». Avouez que ce genre de projet est à la portée de tous. Et quel beau défi créatif que celui de tenter de trouver un contenu engagé à des chansons qui font le bonheur des assidus de bars karaoké, comme <em>Vivre dans la nuit</em> ou <em>Lavez lavez</em>… </p>
<p>D’autres projets sont davantage liés aux arts visuels, comme <em>New Graffiti</em>, qui soutient que l’impact des graffiti est amoindri depuis que les espaces publics sont saturés d’images et de textes de toutes sortes. Pour pallier à cette perte de sens, Red76 propose donc de créer de nouvelles formes de graffiti afin de sortir notre conscience de la léthargie dans laquelle elle est souvent plongée au quotidien. Ces nouvelles formes de graffiti peuvent prendre les allures de carottes plantées dans le gazon des fentes du trottoir ou de radiocassettes «scotchés» sur les branches d’un arbre de votre quartier et qui jouent en boucle… des sifflements d’oiseaux. Y’a de quoi sortir le plus amorphe des esprits de sa torpeur.<br />
<br/ >  </p>
<p><strong>Faire de l’art un art de vivre….</strong><br />
<br/ >Personnellement, il y a un projet qui a vraiment su me séduire parmi ceux proposés par Red76; il s’intitule <em>Free Art History</em>. Je l’aime tellement, parce que je le trouve à la fois ludique et utile, que je vais le concrétiser à Montréal. Puisqu’il peut parfois être ardu pour bien des gens de se bâtir un certain bagage de connaissances dans le domaine des arts et de l’histoire de l’art pour toutes sortes de raisons, Red76 propose de simplement mettre par écrit, sur une feuille que l’on affichera ensuite sur les babillards comme ceux des supermarchés, des buanderies et des cafés par exemple, les faits d’armes de différents artistes, créateurs et protagonistes marquants de l’histoire de l’art. </p>
<p>Ainsi, ces brefs portraits, épinglés parmi les offres d’appartements à partager et les électroménagers à vendre, sauront peut-être piquer la curiosité de certains et contribuer à bonifier leurs connaissances dans le domaine des arts. L’idéaliste en moi trouve qu’il y a quelque chose de beau et de parfaitement altruiste à partager avec de purs inconnus, des gens qu’on ne rencontrera sans doute jamais, ses connaissances de façon aussi gratuite et désintéressée.</p>
<p>Selon Sam Gould, le projet <em>Free Art History</em>, de même que <em>The Laundry Lecture Series</em> comptent parmi ceux que présentent le collectif qui ont le plus de répercussions positives. Facile de constater le succès de ce dernier projet lors de leurs tournées des buanderies, puisque chaque fois, le nombre de participants augmente et ces derniers prennent part, la plupart du temps, de manière plutôt active aux lectures en posant des questions et parfois même en y allant de la lecture d&#8217;un texte.</p>
<p>Les répercussions de projets comme <em>Free Art History</em> ou <em>New Graffiti</em> sont, disons, plus subtiles, puisqu’il est plutôt rare qu’une personne ayant été témoin de l’un ou l’autre de ces projets fasse par la suite part de ses commentaires aux artistes, ces derniers ne signant pas leurs «œuvres».  Néanmoins, Sam Gould se dit satisfait dans la mesure où il s’agit selon lui de projets interactifs, donc il est à peu près assuré qu’ils ont un impact, aussi minime soit-il, sur quelques individus.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Bring the war home…</strong><br />
<br/ > Sam Gould n’a toutefois pas encore eu vent de gens hors du collectif Red76 qui se seraient appropriés l’un ou l’autre de ces projets. «Pourtant, j’aimerais beaucoup que des projets de cette exposition vivent en dehors du collectif. Je pense qu’il serait très intéressant de les voir dans les mains de d’autres artistes, dans d’autres villes, sans que Red76 n’y soit pour quelque chose.» Et faut-il vraiment être un artiste pour prendre un des projets de Red76 et le transposer dans sa ville, son quartier? «Absolument pas, selon Gould.</p>
<p>D’une certaine manière, la mission de Red76 est de démocratiser l’art, donc il n’est pas nécessaire d’être un artiste accompli pour mettre de l’avant un de ces projets.» À mon sens, les véritables artistes sont ceux qui ont eu l’idée première de ces projets… «C’est un point de vue, avance Gould, mais rien n’empêche que n’importe qui peut prendre ces projets, les adapter et les transposer dans son propre environnement.»  </p>
<p>C’est une vision assez particulière de l’art, qui n’est pas nécessairement très répandue chez les artistes en arts visuels. C’est une des volontés premières de Gould, en créant ces projets au sein de Red76 d’être accessible pour le plus grand nombre de gens possible. Il aime à croire que tout le monde peut retirer quelque chose de chacun de ces projets. «L’accessibilité est primordiale pour moi. Créer pour une personne, un groupe précis de personnes ou encore pour le milieu ne présente aucun attrait pour moi.»</p>
<p>Les plus cyniques d’entre vous affirmeront sans doute que dans ce genre de projets, la forme prédomine sur le fond, que ces créations engendrent peut-être des réactions, mais ne nous disent pas grand-chose. Peut-être. À sa décharge, Sam soutient toutefois que le contenant de ses projets est également le message. «Pour la plupart des projets, quand nous avons à nous servir de matériaux, nous utilisons des trucs usagés, du bois, des objets trouvés, des photocopies, etc. Certains y voient une certaine paresse de notre part alors que nous cherchons à créer une esthétique qui sert notre propos. C’est tout à fait délibéré de notre part puisque c’est lié à la nature même de chacun des projets. Si, dans un futur plus ou moins immédiat, un projet nécessite plus de glamour, il en sera ainsi. Je suis prêt et l’assume totalement.» </p>
<p>Selon lui, il faut voir derrière les projets qui composent <em>An Anthology of open source projects</em> des projets politisés et engagés, qui sont le reflet du climat politique actuel aux États-Unis, même s’ils ne présentent pas, pour la plupart, de contenu politique comme tel. Par contre, le collectif vient tout juste de mettre sur pied un projet intitulé <em>Bring the war home</em>, à temps pour teinter les festivités du 4 juillet de son regard déstabilisant.</p>
<p>«Je suis d’avis que la situation politique actuelle aux États-Unis et dans le monde occidental en général est le résultat de notre manque de conscience du monde qui nous entoure au quotidien. Le fait de reconnaître que chacune de nos actions dans la vie de tous les jours, même dans la plus simple et banale des circonstances, risque d’avoir un impact sur le reste de la population est selon moi à la base d’une pensée plus politisée. Si davantage de gens étaient plus conscients de cette réalité, notre contexte politique s’en porterait probablement mieux. Les initiatives artistiques derrière <em>An Anthology of open source projects</em> sont la conséquence d’une volonté de mettre en application des actions simples mais politisées, dans la vie de tous les jours.»</p>
<p>Je ne saurais donc trop vous inciter à aller jeter un coup d’œil au site Internet de Red76 – <a href="http://www.red76.com" target="blank">red76.com</a> –  qui présente chacun des projets qui forment <em>An anthology of open source projets</em>. Je n’ai fait qu&#8217;en effleurer quelques uns et il y en a plusieurs forts intéressants dont je n’ai pas fait mention. Voyez-les donc comme des projets clé en main. Prenez-les, adaptez-les et laissez-les vivre dans les rues de votre ville. Vous avez la bénédiction de Sam. Malheureusement, si vous comptiez aller à San Francisco, il ne vous sera plus possible de voir cette exposition, elle prenait fin le 2 juillet. Mais peut-être sera-t-elle présentée à Montréal dans un avenir rapproché, qui sait?  Sam, lui, serait très enthousiaste à l’idée. Alors avis aux intéressés.<br />
<br/ >
</p>
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		<title>Wanted Paris, un nouveau concept de galerie d’art sur le web</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Jun 2006 17:43:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gwenaëlle Sartre</dc:creator>
				<category><![CDATA[41]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Le site de Wanted Paris est une galerie d’art en ligne dédiée à la photographie contemporaine, ouverte depuis le 6 avril. Son objectif est de rendre plus accessible ce marché fermé en démocratisant la vente de tirages. Comment ? En l’augmentant. Alors que les tirages habituels ne dépassent pas 3...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le site de Wanted Paris est une galerie d’art en ligne dédiée à la photographie contemporaine, ouverte depuis le 6 avril.</p>
<p><span id="more-449"></span>Son objectif est de rendre plus accessible ce marché fermé en démocratisant la vente de tirages. Comment ? En l’augmentant. Alors que les tirages habituels ne dépassent pas 3 à 20 exemplaires, Wanted propose des photos, signées et numérotées, tirées de 50 à 120. Une méthode qui leur permet de pratiquer des prix plus abordables, en moyenne quatre fois inférieurs à ceux des autres galeristes classiques.</p>
<p>Avec des notices biographiques, des critiques et son service de cyberlettre, cette webgalerie a surtout l’ambition de rapprocher les artistes, reconnus ou émergents, d’un plus large public n’ayant pas l’habitude des galeries, ni de l’acquisition d’une photo d’art, avec un simple clic. P45 a souhaité en savoir plus. Rencontre virtuelle avec ses deux fondateurs, Tristan de Terves et Laurent de Sailly.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Tristan de Terves, vous êtes un ancien du e-commerce. Comment vient-on au marché de la photographie contemporaine?</strong></p>
<p><br/ >Après mon expérience à Rueducommerce.com (un site bien connu en France), j’ai travaillé pour un photographe: Yann Arthus-Bertrand. Je m’intéressais déjà à la photo, mais c’était la première fois que je travaillais dans ce milieu. J’ai simplement souhaité combiner ma passion pour Internet à celle pour la photographie contemporaine.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Laurent de Sailly, vous-même agent de photographes, pouvez-vous évoquer votre expérience du milieu? Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure de Wanted?</strong></p>
<p><br/ >Cela fait dix ans que j’évolue dans le monde de la photo. En tant qu’agent de photographes, j’ai rencontré une foule de talents émergents et je me suis rendu compte du peu de visibilité qui leur était offerte. Internet est un outil formidable. Mais peu de site sont réellement dédiés à l’acquisition de photos. C’est ainsi que l’idée de Wanted a germé.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Comment vous êtes-vous rencontrés?</strong></p>
<p><br/ >Au départ nous ne nous connaissions pas. Mais nous avons eu la même idée, lancer une webgalerie représentant des talents reconnus et émergents, en les rendant vraiment accessibles. Notre rencontre a eu lieu dans une galerie du Marais. Chez un ami commun, qui nous a mis en relation sachant que nous avions le même projet. C’est ainsi que nous avons décidé de nous associer et de travailler ensemble afin de lancer Wanted.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Pouvez-vous nous présenter le concept de votre galerie?</strong></p>
<p><br/ >Le concept est simple, c’est une galerie en ligne de photographie contemporaine. L’internaute peut tout découvrir, confortablement installé chez lui et effectuer sa sélection au gré de ses coups de cœur. Il recevra sa photo à son domicile, nous livrons partout ! Le choix est facilité par des tarifs vraiment accessibles. Multiplier les tirages permet de baisser les prix considérablement, sans faire de compromis sur la qualité.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Comment avez-vous monté votre projet ? Avez-vous, par exemple, rencontré des portes fermées?</strong></p>
<p><br/ >Non, au contraire. Nous avons été surpris par l’enthousiasme que le projet a généré. Cela nous a beaucoup soutenu et cela nous soutient encore. Aujourd’hui, nous recevons plusieurs candidatures de photographes par jour et c’est fabuleux.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Est-ce suffisant de visionner des images sur un écran pour faire son achat?</strong></p>
<p><br/ >C’est vraiment une question de comportement : certaines personnes n’ont pas d’appréhension et sont très à l’aise avec l’achat sur le Web ; d’autres ont besoin de «toucher» et je le comprends. C’est pour cela que nos photos sont également visibles dans notre galerie, dans le Marais à Paris.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Existe-il un public pour le tirage de collection en France et ailleurs? </strong></p>
<p><br/ >Je dois avouer que le public d’amateurs de photo d’art est plus restreint en France que sur le continent américain, mais il ne demande qu’à se développer. J’espère que nous pourrons contribuer à cette dynamique. Nous ne souhaitons pas forcément toucher les grands collectionneurs, qui s’adressent déjà aux galeries traditionnelles.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Le public ne se rend pas facilement à un vernissage, comme au cinéma ou autre, en raison d’une mauvaise image austère et huppée du milieu de l’art. Comment comptez-vous l’y attirer?</strong></p>
<p><br/ >Il est vrai que le monde de l’art est victime de stéréotypes de ce genre. En tout cas, plus de 800 personnes sont venues à notre premier vernissage, le buzz a fonctionné à plein.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Parmi les vingt premiers artistes que vous présentez sur votre webgalerie, on découvre des artistes confirmés comme Les Krims ou Kimiko Yoshida. Pourquoi ont-ils acceptés?</strong></p>
<p><br/ >Ils ont tout simplement été séduits par le projet. C’est pour eux l’occasion d’exister auprès d’un nouveau public, ils ont compris le sens de notre travail et sont sensible à cette idée d’ouverture.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Comment recherchez-vous les photographes? Comment s’effectuent vos choix? Avez-vous des critères de sélection, tout particulièrement au sein la nouvelle génération?</strong></p>
<p><br/ >Nous recherchons des artistes dans le monde entier. Une personne de l’équipe reçoit les candidatures et fait un premier tri. Ensuite, un comité examine chaque dossier. Le premier mois, nous avons reçu une quarantaine de candidatures, c’est super et ce n’est qu’un début, j’espère!<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Pouvez-nous en dire plus sur ce comité?</strong></p>
<p><br/ >Pour l’instant il n’est pas encore vraiment formalisé : les contributions externes sont riches et variées mais encore occasionnelles (dernier exemple en date: Didier Selles, directeur du Louvres, qui est intervenu dans notre cyberlettre). Mais l’objectif est de faire intervenir rapidement des références du monde de la photo et de l’art (journalistes, professeurs d’art, commissaires d’expos&#8230;) pour valider nos choix, enrichir notre réflexion et nous apporter de nouvelles pistes! Leurs avis seront relayés en ligne.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Y a-t-il un artiste dont vous appréciez le travail que vous rêveriez avoir dans votre catalogue? </strong></p>
<p><br/ >Pas un, mais des dizaines ! S’il faut citer un nom, je parlerais de Sarah Moon, avec qui nous avons été en contact.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Surveillez-vous les photoblogues afin de dénicher les jeunes talents?</strong></p>
<p><br/ >Oui, bien sûr. Le blogue est un formidable outil de promotion pour un artiste, mais également pour une galerie ! Nous sommes donc très attentifs à tout ce qui est publié sur le Web, en tout cas à ce que nous sommes capable de voir: la forêt est immense…<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Les photographies vendues par Wanted coûtent nettement moins cher que dans le circuit classique. Ces tarifs inédits ne risquent-ils pas de déstabiliser le marché?<br />
</strong></p>
<p><br/ >Wanted n’est pas là pour déstabiliser le marché. Nous ne touchons pas le même public que les galeries classiques. L’acquéreur d’une oeuvre à 200 euros est foncièrement différent de celui qui en dépense 5000 en galerie.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Pouvez-vous nous dire quelques mots de vos prochains projets? </strong></p>
<p><br/ >Ne parlons que du mois de juin pour commencer : nous organisons deux soirées dans la galerie, nous mettons en place une série de conférences, nous allons proposer cinq nouveaux photographes ; il y aura aussi un concert de jazz… Notre envie est de créer un vrai lieu d’échanges et de rencontres, autour de la photo contemporaine.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Croyez-vous que nous achèterons, un jour, des photographies d’art comme on achète des disques ou des bouquins?<br />
</strong></p>
<p><br/ >Non pas du tout. Les livres et les disques peuvent s’acheter sur un coup de tête, acheter une photo d’art n’est pas un acte anodin. La personne intéressée prend souvent son temps, en parle avec son conjoint, etc.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Avec aussi la multiplication des formats, la qualité du tirage est-elle compromise?</strong></p>
<p><br/ >Nous n’avons fait aucun compromis sur la qualité et tous les prestataires ont accepté de jouer le jeu, pour que nous puissions proposer les meilleures technologies en utilisant les savoir-faire les plus pointus. Nos tirages passent par les mêmes machines et entre les mêmes mains que ce que vous pouvez admirer dans les grandes expos ou les musées. Chaque tirage est contrôlé individuellement et comparé avec le «master» qui a été signé par le photographe et est conservé au laboratoire.<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Quelle photographie choisirez-vous pour l’illustration de notre article?</strong></p>
<p><br/ >Je choisis «Le Nord 2» de Cédric Delsaux. Pour son coté spectaculaire et poétique : cette vague qui accroche les nuages, ces éléments qui se fondent en même temps que les couleurs, cette seconde qui reste suspendue&#8230;<br />
<br/ ></p>
<p><strong>Souhaitez-vous  rajouter un dernier mot pour les lecteurs de P45?</strong></p>
<p><br/ >Continuez à lire P45!<br />
<br/ ></p>
<p><strong><a href="http://www.wantedparis.com" target="blank">Wanted Paris</a></strong><br />
14, Cité Dupetit-Thouars<br />
75003 Paris<br />
France<br />
<br/ ></p>
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		<title>Pour tous ceux qui ont déjà aimé et perdu</title>
		<link>http://p45.ca/magazine/pour-tous-ceux-qui-ont-deja-aime-et-perdu</link>
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		<pubDate>Sun, 07 May 2006 15:49:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ariane De Blois</dc:creator>
				<category><![CDATA[40]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec l’arrivée de la saison chaude et des couples qui se font et se défont, les BD autobiographiques de Jeffrey Brown s’avèrent sans doute tout à fait de circonstance… À coup de traits fins et de dessins enfantins, Brown partage avec sa trilogie Clumsy, Unlikely, Aeiou, ses trois premières expériences...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec l’arrivée de la saison chaude et des couples qui se font et se défont, les BD autobiographiques de Jeffrey Brown s’avèrent sans doute tout à fait de circonstance…<span id="more-239"></span></p>
<p>À coup de traits fins et de dessins enfantins, Brown partage avec sa trilogie <i>Clumsy</i>, <i>Unlikely</i>, <i>Aeiou</i>, ses trois premières expériences amoureuses où il est question de tendresse, de sexe et de tristesse.</p>
<p>Trois fois amoureux et trois fois largué par ses copines &#8211; car trop gentil? -, Brown se dépeint comme un jeune homme sensible qui s’émeut lorsqu’il touche les seins des filles qu’il aime. La candeur avec laquelle il décrit ses rapports amoureux donnerait sans doute envie à toutes les filles de le cajoler un tantinet, même si parfois il apparaît parfois un peu trop obtus et possessif. Le côté naïf et gauche de ses dessins ne fait que rendre plus crédible sa maladresse et son ingénuité envers le sexe opposé. Bref des livres doux et humides, gentils et pleins de bonne volonté.</p>
<p>Dans <i>Be a Man</i>, question de redorer son image et montrer à ses lecteurs que ses quelques poils lui servent à quelque chose, Brown revisite à la sauce machiste de nombreuses situations de sa vie conjugale préalablement dépeintes dans <i>Clumsy</i> (sans doute le meilleur livre de la trilogie). Résultat : des planches hilarantes, pleines de testostérone pour cet apprenti macho.</p>
<p>Enfin, <i>Every girl is  the end of the world for me</i>, est également un titre intéressant qui parle gentiment de filles, de gars et de choses comme ça. Brown fait aussi dans de super héros. Cependant, il est nettement plus rigolo lorsqu’il parle de son petit nombril!<br />
<br/ ></p>
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		<title>Tracy Maurice: Fais-moi un dessin</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Apr 2005 14:15:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Martel</dc:creator>
				<category><![CDATA[28]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les pochettes des albums d’Arcade Fire et de Malajube vous ont plu? Colorées, singulières, elles sont l’œuvre d’une jeune graphiste montréalaise du nom de Tracy Maurice. Possédant un style distinctif que l’on reconnaît dès le premier coup d’œil, la jeune femme passionnée d’art, articulée et particulièrement lucide pour son jeune...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://p45.ca/wp-content/uploads/2010/02/p_arts_ent_tracy.gif' align='right' alt='p_arts_ent_tracy' />Les pochettes des albums d’Arcade Fire et de Malajube vous ont plu? Colorées, singulières, elles sont l’œuvre d’une jeune graphiste montréalaise du nom de Tracy Maurice.<span id="more-4336"></span> Possédant un style distinctif que l’on reconnaît dès le premier coup d’œil, la jeune femme passionnée d’art, articulée et particulièrement lucide pour son jeune âge, est de plus en plus en demande dans le milieu.<br />
</p>
<p>Stéphane Martel s’est entretenu avec l’artiste anglophone de 22 ans alors qu’elle accompagnait le quatuor Arcade Fire lors de leur tournée américaine.<br />
</p>
<p><strong>P45: Comment ta carrière a-t-elle débuté? Quand as-tu commencé à dessiner des pochettes pour différents artistes locaux?<br />
Tracy Maurice:</strong> La première pochette sur laquelle j’ai travaillé était celle d’Arcade Fire. Mais j’avais illustré des œuvres auparavant et fait énormément de «silkscreening», alors ce type de design était une extension naturelle de ces deux choses.<br />
</p>
<p><strong>Je sais que tu es l’artiste derrière la pochette des albums d’Arcade Fire et de Malajube, mais tu as travaillé avec d’autres groupes?<br />
TM:</strong> J’ai réalisé celle du maxi de Wolf Parade et j’ai travaillé avec d’autres amis qui ont des groupes, mais cet aspect de mon métier de graphiste est encore au stade embryonnaire.<br />
</p>
<p><strong>Quand as-tu découvert ce talent pour le dessin?<br />
TM:</strong> J’ai toujours été un de ces enfants qui pouvait prendre un crayon et dessiner pendant des heures. Je n’ai jamais vraiment su que c’était un talent jusqu’à ce que d’autres enfants de mon âge s’en aperçoivent. À l’école primaire, je me souviens avoir eu à créer une affiche qui démontrait les bonnes et les mauvaises façons de tenir un crayon pour écrire. Les enfants dans mon groupe étaient visiblement impressionnés par ma façon de dessiner des mains. Suite à cela, j’ai tout de suite compris que l’art graphique était quelque chose qui était naturel pour moi. Étrangement, encore à ce jour, j’aime dessiner des mains. (rires)<br />
</p>
<p><strong>Qui sont tes héros, tes influences principales dans le domaine des arts graphiques?<br />
TM:</strong> Mon père a suivi un cours de design graphique au collège et je me souviens encore de la première fois qu’il m’a montré un logo de Captain Morgan qu’il avait créé. Cette image est l’une des premières qui m’est vraiment restée en tête. J’ai alors réalisé que c’était possible de créer quelque chose de semblable. Dans ce style.<br />
</p>
<p>J’étais récemment à San Francisco et je suis restée à cet hôtel formidable dont chaque chambre était décorée par un artiste différent. Une de ces chambres était peinturée par Sam Flores. J’avais entendu parler de cet hôtel sur un site web que je visite régulièrement (www.woostercollective.com), alors je savais qu’il y avait cette chambre. La première nuit après mon arrivée, j’ai immédiatement demandé au commis de me montrer cette chambre. Wow. C’était l’une des installations les plus inspirantes que j’avais eu l’occasion de voir. Son travail est remarquable.<br />
</p>
<p>Chris Ware est un autre artiste dont l’œuvre me procure cette même sensation d’émerveillement. Son travail est tellement innovateur sur le plan technique qu’il a lui-même inventé son propre langage visuel. J’admire également le fait qu’il crée sa propre typographie, ce qui est une chose que je tente d’accomplir.<br />
</p>
<p>Shepard Faiery est un autre artiste que j’adore, de même qu&#8217;Os Gemeos (aussi connu sous le nom The Twins), un artiste brillant de Sao Paulo. Aussi, de Montréal, Barnstormers (www.b-stormers.com) et mes amis, qui sont toujours une source d’inspiration.<br />
</p>
<p><strong>Quelles formes d’art graphique t’inspirent?<br />
TM:</strong> Le graffiti et l’art de la rue. J’adore me promener à pied ou sur ma bicyclette dans les rues et les ruelles sombres de Montréal. Ou alors dans les cours à trains et sur les chemins de fer. On peut admirer les œuvres les plus incroyablement pures et authentiques dans les places où on s’y attend le moins. La même chose peut être dite de plusieurs autres villes du monde. C’est pourquoi je suis aussi inspirée par le voyage, le dépaysement. C’est tellement rafraîchissant de voir du travail dans les rues qui n’est pas de la publicité. Du travail qui est délibéré et lucide et qui est le fruit d’une multitude de personnes, et ce, sur une base régulière.<br />
</p>
<p><strong>Puisque tu as travaillé au concept des pochettes de disque de quelques artistes, j’imagine que tu aimes la musique. Quels sont tes goûts dans ce domaine et que penses-tu de la scène locale actuelle?<br />
TM: </strong>J’écoute plusieurs styles musicaux. D&#8217;Al Green à Ride. De Minor Threat à Neko Case. J’aime la musique qui me fait bouger. Je ne me mettrai certainement pas à placer des barrières et me limiter dans ce que j’écoute.<br />
</p>
<p>En ce qui concerne la scène rock locale, c’est vraiment fantastique. Montréal est un merveilleux endroit pour la musique présentement. La scène musicale explose de talents et je me sens privilégiée de faire partie de cet environnement particulièrement fort sur le plan créatif. C’est également très inspirant de voir ses amis réussir dans un domaine qui les passionne.<br />
</p>
<p><strong>Plusieurs artistes commencent leur carrière parce qu’ils étaient, à la base, des groupies. Ils se sont liés d’amitié avec des groupes pour se créer des contacts et les choses ont démarré par la suite. C’est ton cas?<br />
TM:</strong> Non. Pas du tout. Les personnes que je connais et qui sont impliquées sur le plan des arts et du design dans le domaine musical font généralement partie de cette «communauté» dès le départ. Une carrière comme la mienne prend ses racines avec un intérêt de vouloir faire partie de cette scène musicale. Si l’intérêt y est, on finit un jour ou l&#8217;autre par travailler en collaboration avec des musiciens. Lorsque je pense aux groupies, j’ai tendance à penser à des personnes qui sont obsédées ou carrément amoureuses avec des musiciens (rires), mais qui n’ont rien à voir avec le processus créatif en tant que tel.<br />
</p>
<p><strong>Tu t’es occupée de la pochette du premier album d’Arcade Fire, <em>Funeral</em>. Quelle est la petite histoire derrière cette pochette? Le groupe t’a donné des indications ou tu avais carte blanche pour faire ce que tu voulais?<br />
TM:</strong> J’ai travaillé de près avec Win Butler et Régine Chassagne pour ce qui est du concept. Ils m’ont donné un aperçu de ce qu’ils recherchaient. (rires) Ils sont arrivés avec des certificats de mariage et de mort et différentes images qu’ils désiraient incorporer à l’œuvre. En fin de compte, j’ai eu une liberté créatrice totale afin de produire quelque chose qui, esthétiquement, était un complément de leur son.<br />
</p>
<p><strong>Comment es-tu arrivée avec cette idée de la plume et de la main?<br />
TM:</strong> La première fois que j’ai écouté l’album, je m’en souviens très bien, une narration visuelle est apparue dans ma tête. Très clairement. C’était, en réalité, très facile.<br />
</p>
<p><strong>Tu es une amie proche du groupe?<br />
TM:</strong> Oui. Je suis présentement en tournée avec le groupe!<br />
</p>
<p><strong>Que penses-tu du succès critique et public que remporte l’album un peu partout dans le monde?<br />
TM:</strong> Je considère que le succès critique est entièrement mérité. Ils sont tellement sincères dans ce qu’ils font et, à mes yeux, ils sont véritablement un groupe phénoménal qui travaille très fort. Alors, il est évident que lorsque le travail y est, l’attention viendra rapidement.<br />
</p>
<p><strong>Apparemment, tu es aussi amie avec Julien Mineau de Malajube. Quel était le concept derrière la pochette du premier album de Malajube, <em>Le compte complet</em>?<br />
TM:</strong> Je te dirai ceci. L’idée derrière n’importe quelle pochette d’album est de créer un imaginaire qui complémente la musique contenue sur le disque d’aluminium. Ici, le concept était de créer quelque chose d’un peu plus gamin et fou, comme l’esprit de leurs chansons. J’étais attirée par l’idée d’un groupe de cobras parce que je pouvais voir la même sorte de dynamique à l’intérieur de leurs compositions.<br />
</p>
<p><strong>Quelle est ta pochette de disque préférée, toutes catégories confondues?<br />
TM:</strong> Le travail qu’a fait Peter Saville avec Joy Division et New Order a complètement changé la façon dont je regarde les pochettes de disque. Led Zeppelin a aussi quelques pochettes formidables. Et tous les albums sortis sous l’étiquette Constellation sont toujours très tactiles et beaux, et cet aspect m’attire énormément. Plus que la majorité des pochettes que j’ai vues.<br />
</p>
<p><strong>Tu as d’autres talents cachés à part pour le dessin, la peinture et le graphisme?<br />
TM:</strong> Disons que je suis une pas pire chef cuisinière. (rires)<br />
</p>
<p><strong>Tu peux nous parler de tes prochains projets?<br />
TM:</strong> Je travaille présentement sur un projet de livre intitulé <em>Momento Mori</em> avec une écrivaine d’ici qui s’appelle Michelle Sterling. Elle écrit une suite de courtes histoires basées vaguement sur le thème de la mémoire et je me charge d’illustrer le tout. Le résultat final ressemblera sans doute à une espèce de roman illustré. Récemment, on a exposé mes oeuvres à la Pharmacie Esperanza avec l’artiste de Vancouver Luke Ramsey.<br />
</p>
<p><strong>Tu es présentement en tournée avec Arcade Fire, qui connaît un important succès un peu partout dans le monde. Une carrière à l’échelle internationale, c’est quelque chose qui t’intéresserait?<br />
TM:</strong> Oui. La tournée m’a clairement fait prendre conscience que je désire commencer à me bâtir un style de vie similaire, mais à travers les arts et le design. Je désire continuer à mon compte, mais je suis beaucoup plus intéressée à collaborer avec d’autres artistes dans différentes villes de la planète. Disons que c’est bien parti!</p>
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		<title>Le mariage entre la raison et la misère noire</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Nov 2004 02:01:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacqueline Hoang Nguyen</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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		<description><![CDATA[Soucieux d’enrichir la culture internationale de ses lecteurs, P45 a demandé à Jacqueline Hoang Nguyen, jeune Montréalaise cosmopolitaine qui fait présentement sa maîtrise en arts visuel en Suède, de nous parler de ce qui se fait dans le milieu de l’art contemporain. Elle nous présente une exposition des frères Chapman,...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soucieux d’enrichir la culture internationale de ses lecteurs, P45 a demandé à Jacqueline Hoang Nguyen, jeune Montréalaise cosmopolitaine qui fait présentement sa maîtrise en arts visuel en Suède, de nous parler de ce qui se fait dans le milieu de l’art contemporain. Elle nous présente une exposition des frères Chapman, les «enfants terribles» de l’art.<span id="more-2303"></span></p>
<p><a href='http://p45.ca/wp-content/uploads/2007/10/p_artsvisuels_1104.gif' title='p_artsvisuels_1104.gif'><img src='http://p45.ca/wp-content/uploads/2007/10/p_artsvisuels_1104.gif' align='left' alt='p_artsvisuels_1104.gif' /></a>À la suite de la publication du manifeste anti-esthétique «We Are Artists» en 1992, les frères Jake et Dinos Chapman ont connu une ascension notoire en Europe, pour ensuite se faire remarquer à New York, lors de l’exposition «Sensation» au Brooklyn Museum en 1999. Le galeriste britannique Saatchi avait présenté ses artistes protégés anglais à la scène nord-américaine, ce qui avait causé un remous médiatique.</p>
<p>À cause des œuvres à contenu obscène et grotesque, l’exposition a provoqué un vif débat sur la liberté d’expression en art. En fait, l’attention accordée à ces artistes et leur surexposition médiatique leur ont valu l’étiquette de «jeunes artistes britanniques». Parmi ceux-ci figuraient les frangins Chapman, aussi nommés les «enfants terribles» de l’art, principalement à cause de leurs installations audacieuses et perverses de mannequins d’enfants clonés et en copulation.</p>
<p>En primeur dans les pays scandinaves, les frangins Chapman présentent une rétrospective au Dunkers Kulturhus à Helsinborg. Ce musée est l’une des principales institutions qui abrite les manifestations d’art contemporain en Suède, aux côtés de Moderna Museet à Stockholm et du Rooseum – Contemporary Art Museum à Malmö.</p>
<p>L’exposition de Jake et Dinos Chapman conserve toujours le même postulat : la représentation de divers tabous à la fois présents dans la culture populaire et dans l’histoire de l’art, tels que la pornographie, la sexualité, les mutations génétiques, la violence sanguinaire et les effets de la mondialisation. Leurs installations sculpturales, maquettes, vidéo ainsi que leurs gravures juxtaposent les thèmes horrifiques et obscènes présents dans nos sociétés actuelles.</p>
<p>Par exemple, «Rape of Creativity» est une installation incluant une maison-roulotte surmontée d’une enseigne McDonald’s illuminée. On peut entrevoir, au travers des rideaux ou de la porte légèrement entrouverte, des détritus de toutes sortes qui jonchent le sol, une radio allumée qui laisse échapper un son inaudible et les contours d’un mannequin aux formes masculines, allongé sur le lit et qui dissimule une érection sous les couvertures. Placardés d’affiches pornographiques, les murs et le plafond de l’intérieur de la maisonnette forment une cellule aliénée par la culture populaire. Au dehors de la roulotte, quelques crottins simulant des excréments de chien sont parsemés autour de la demeure mobile.</p>
<p>De plus, une roue de tracteur allongée au sol ainsi qu’une chèvre empaillée et greffée d’une tête de chien qui tient une main coupée dans la gueule complètent la scène. Ces deux éléments rappellent l’œuvre «Monogram» de Raushenberg, l’un des pères du modernisme. Finalement, à l’arrière-plan de la pièce, se trouve un mannequin en bois, entouré de plusieurs chevalets, une mise en scène d’un cours d’introduction de modèle vivant, à laquelle les spectateurs sont invités à participer.</p>
<p>«Rape of Creativity» est l’une des seules pièces qui propose avec convenance l’ampleur du travail des frères Chapman, tandis que les autres oeuvres n’offrent qu’un avant goût modeste. La plupart des maquettes, sculptures et gravures présentées sont de moindre envergure, simplement suggestives plutôt qu’ostentatoires et scabreuses. Finalement, il s’agit d’une rétrospective sous forme de préface explicative, convenable aux âmes sensibles.<br />
<br/ ></p>
<p><em>L’exposition des frères Jake &#038; Dinos Chapman, </em>Äktenskapet mellan förnuft och elände<em> (</em>Le mariage entre la raison et la misère noire<em>), est présentée au Dunkers Kulturhus, à Helsingborg en Suède, jusqu’au 21 novembre 2004.</em><br />
<br/ ></p>
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