
J’aime beaucoup Marie-France Bazzo. C’est un peu la fin de son règne – la dame de la radio quittera les ondes à partir de fin juin -, on sent la fin. Les interviews languissent et se ressemblent, on fait des bilans, on fait des bilans, on fait des bilans, on veut abolument que tout le monde, auditeurs, invités et l’équipe de l’émission, aient participé à “changer le monde”.
Aujourd’hui, véritable clash culturel qu’a été sa rencontre avec le chanteur Katerine, véritable sommité de la culture créative trash pop, aussi ringard que rigolo que touchant. À l’écoute, on entant bien l’embarras de l’artiste…
On aura tout vu. L’introduction, conventionelle, présente l’artiste avec des extraits d’articles de journaux. L’interview fait dans le descriptif, dans le général, et la conclusion évasive laisse perplexe.
Je sais pas, j’aime beaucoup Katerine, ce n’était vraiment pas mérité de sa part. En France, personne ne le reçoit aussi froidement, il existe un vrai partage et un vrai respect, un minimum du moins, pour son travail. Et ce respect s’exprime en ne lui demandant pas de se décrire (se vendre) ou alors s’il “avait une intention derrière la chanson Marine Le Pen”, mais à lui parler des troubles intérieurs du poète qu’il est, de son quotidien, de sa copine, de son film, de sa collaboration avec Gonzalez pour le disque Robots après tout…
Des fois, je trouve qu’on en met large sur le dos de la distance France-Québec… C’est comme si on prenait pour acquis que les auditeurs ne le connaissent pas (ce qui n’est pas un problème en soi…), et qu’on lui demanderait de se vendre, plutôt que de partager un moment vraiment intime avec lui, en tant qu’artiste intéressant, point. Marie-France Bazzo lui demande à un moment ce qu’il pense de la “déshumanisation”… En tout cas, on peut nommer ça de l’”intellectualisation”, un peu déplacée il est vrai, surtout pour un artiste éclaté comme Katerine.
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