Un putsch microphonique en direct, comment ça fonctionne? [audio]

Numéro 196

29 octobre au 11 novembre 2010

Un texte de
P45

Publié le 30 octobre 2010 dans
Conversations, audios, radio

Si vous écoutez la radio française, vous devriez être familier avec les putschs microphoniques, où des gens de l’assistance font irruption sur les plateaux pour passer un message revendicateur. Il s’en produit au moins un par année.

Cette semaine, des manifestants se sont infiltrés dans le public du Fou du roi, une émission diffusée quotidiennement sur France Inter.


(Cliquez sur le lecteur pour écouter l’extrait. Durée: 3:18.)

Comment ça fonctionne?

1. Un groupe d’étudiants se dissimulent dans le public;

2. Au moment de lancer la première conversation de l’émission, ils se lèvent et affirment leur présence avec des bonjours bruyants;

3. L’animateur réalise ce qui se passe, décide rapidement de céder son micro à une personne et seulement à une personne;

4. Les chroniqueurs lisent ce qu’on peut lire sur des pancartes présentes dans le public (on est à la radio après tout) et font un peu d’humour pendant que les manifestants s’organisent;

5. Un individu prend le micro, récite un long discours sur les grèves, trop long aux yeux de la direction des programmes, qui le coupe moins de deux minutes après qu’il ait commencé. Pendant ce temps, ses acolytes gardent «en otage» l’animateur et les chroniqueurs;

6. Après quelques chansons mises en ondes pour meubler, le retour à la normale est ardu: les manifestants ont jeté des boules puantes en quittant les lieux.

Ce qui est le plus étonnant, c’est que le ton reste toujours à la rigolade, même au retour d’antenne alors que l’animateur fait croire qu’il a été bâillonné pendant l’interruption.

Une interruption au final bien orchestrée de la part de la chaîne. Mais qui lui sera peut-être reprochée quand même par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

En France, le CSA (l’équivalent du CRTC) peut réprimander les stations de radio ou de télévision pour ce genre d’interruption, qualifiée de «manquement à la maîtrise de l’antenne».


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