Histoire
P45 Magazine: son histoire tumultueuse
C’est en 1999, dans son tout aussi misérable que minuscule bedsit du nord-ouest de Londres, que Nicolas Langelier commença à travailler sur ce qui deviendra P45 Magazine.
Les nuits étaient longues, durant cet interminable hiver d’infamie, et le travail progressa rapidement. Si bien que quelques mois à peine après son retour au Canada, P45|01 était lancé. Nous étions en mars 2000, et les Vengaboys trônaient au sommet des palmarès.
De P45|01 à P45|11, paru en septembre 2003, le magazine distribué gratuitement dans les quartiers centraux de Montréal passe de 700 à 6 000 exemplaires. D’un 20 pages photocopié au coin de la rue, il devient un 40 pages imprimé en deux couleurs chez un vrai imprimeur, à Québec, rien de moins. D’une « équipe » contenant un grand total de six personnes (dont deux existant réellement), il devient le réseau d’un véritable dream team du Montréal qui bouge et qui pense regroupant près de 40 personnes, dont des journalistes certifiés ; des finalistes et récipiendaires de prix Grafika, Fémina, Médicis, Anne-Hébert et autres ; des artistes et intellectuels reconnus ; des gens vraiment occupés.
P45 couvrit un éventail pour le moins éclectique de sujets, du nouveau rock à Diane Jules, en passant par le bonheur, les années 90, la montée de l’ADQ et les raisons pour lesquelles le jazz, c’est poche. Il interviewa des gens aussi divers que Jérôme Minière, Marie-France Bazzo et un artisan du télémarketing. Toujours à l’avant-garde, il fut parmi les premiers au Québec à parler de la téléréalité, de l’électro, de Zadie Smith, de Dave Eggers et de groupes comme Ladytron, Add N To (x), les Yeah Yeah Yeahs, les White Stripes, British Sea Power, The Vines et plein d’autres… Il fit des listes minutieuses, des montées à l’emporte-pièce, des manifestes dégoulinants d’idéalisme. Il fut imité, mais jamais égalé.
Mais voilà que, à la surprise générale, P45 annonçait en novembre 2003 qu’il cessait la publication de son magazine et décidait de se lancer à corps perdu dans l’aventure Internet. Pourquoi? Parce que.
Grâce à cet imbattable argument a débuté en février 2004 la nouvelle incarnation de P45 en tant que webzine. En octobre 2005, P45 inaugurait sa web radio et élaborait son zapping ainsi que bon nombre de reportages succulents. Novembre, Jean Lapierre traite Gilles Duceppe de « naziste », et, à ce stade, on ne sait plus très bien si Julie Snyder avait accouché.
P45 a eu 5 ans en avril 2005. Un an plus tard, et avec beaucoup d’entrain, le webzine développe ses contenus sous trois grandes sections: un magazine, une section audio+vidéo et un blogue.
Les projets sont nombreux pour P45 dans la 2e moitié des années 2000 et les soirées à se garrocher dans piscine Laurier à 4 h du matin sont plus fréquentes que jamais.
L’année 2009-2010 est l’occasion pour P45 de renouer avec l’imprimé grâce à un recueil spécial 10e anniversaire, avec les imprimés promotionnels, avec le design et avec l’organisation de soirées festives.

