Dix détails sur les Croates (dont vous seriez ignorants si nous n’étions pas allés en Croatie à votre place)

Numéro 43

8 au 14 septembre 2006

Un texte de
Thomas Leblanc

Publié le 8 septembre 2006 dans
Chroniques, La liste

Dix détails sur les Croates (dont vous seriez ignorants si nous n’étions pas allés en Croatie à votre place)

P45 étant la référence incontestée de LA LISTE, on vous propose pour la rentrée une compte-rendu un brin show off de notre été croate.

La Croatie, c’est le pays parfait pour le vacancier paresseux, mais distingué, qui souhaite alterner visite de ruines, bronzage intensif et cours d’histoire de l’art, hum, slave.

L’Istrie, au nord, est souvent comparée à la campagne italienne, alors que les îles dalmatiennes, au sud, sont encombrées de voiliers et de touristes français.

Portrait en dix détails d’une destination de moins en moins confidentielle.

1. Les Croates et le mois de septembre
La côte Adriatique de la Croatie reste une des destinations balnéaires les
plus abordables et accessibles pour bon nombre d’Européens. Le hic, c’est que tout est trop bondé durant les mois de juillet et d’août; il vaut mieux visiter ce pays en septembre, alors que la mer et le soleil sont toujours chauds, mais que les touristes sont de retour au bercail.

2. Les Croates et le capitalisme
Qui dit Croatie dit Europe de l’Est. Qui dit Europe de l’Est dit coût de la vie inférieur à ce que l’on connaît à l’Ouest. La monnaie nationale, le kuna, est très avantageuse pour les Canadiens, mais attention, les Croates vous feront payer tout ce qui est possible d’être payé, de l’utilisation de la toilette d’un restaurant à un peu de marmelade pour accompagner votre déjeuner. Énervant.

3. Les Croates et la chirurgie plastique
La chirurgie plastique la plus tendance est Croatie est économique: appelons ça l’Eurolift. Quais pour les traversiers, hôtels luxueux, stades de soccer, nouvelles liaisons ferroviaires et autoroutes toutes fraîches: la Croatie négocie son entrée dans l’Union Européenne à coût d’investissements de milliards de dollars. Après la Roumanie et la Bulgarie, la Croatie devrait suivre, avant la Turquie.

4. Les Croates et la xénophobie
Des voitures paquetées au maximum, immatriculées en Allemagne, en Hongrie ou en République Tchèque, on en a beaucoup vu. Mais des immigrants, vous en verrez peu. La Croatie reste un pays blanc et catholique… on est loin de Parc-Extension.

5. Les Croates et la plage
Oubliez les plages de sable en Croatie: elles sont peu nombreuses et les habitants et les touristes leur préfèrent les blocs de pierre – naturels ou bétonnés – où il fait bon s’endormir et se réveiller tout rosi; on évite ainsi le très désagréable sable dans le maillot. Le littoral et les îles sont protégés du développement immobilier immonde depuis les années 70, ce qui signifie que la route le long de la côte en est une des plus belles au monde. Enfin, selon nous…

6. Les Croates et le communisme
Les Croates ont une mémoire plutôt sélective; on vous parlera en long et en large des périodes romaines ou vénitiennes, mais rien sur le communisme ou la guerre des années 90. Rien, sauf les immenses blocs d’habitations défraîchis construits par Tito autour des grandes villes du pays. Le clash des toits en terre cuite et des blocs d’appartements est particulièrement frappant!

7. Les Croates et les Italiens
Pas facile de savoir qui on est et d’où on vient quand des Grecs, des Romains, des Vénitiens, des Austro-Hongrois, des forcenés de l’Axe et des Serbes sont passés par là. Mais le pire se produit chaque été, et c’est pire chaque année: des hordes de touristes italiens débarquent sur la côte, trop contents de chanter très fort du matin au soir, et du soir au matin. Cet été, la chanson thème italienne de la Coupe du monde – une adaptation de Seven Nation Army – était leur choix préféré. Ok, on a compris que vous étiez contents d’avoir battu les Bleus, on peut bronzer tranquille maintenant?

8. Les Croates et la télé
Outre quelques émissions originales en serbo-croate (la langue de l’ex-Yougoslavie) – dont notamment un jeu de bingo en direct le samedi soir, avec performances impromptues par des groupes pop croates –, la plupart du contenu diffusé à la télé croate est en anglais et les sous-titres sont occasionnels. Résultat: les Croates manient bien mieux la langue de Tom Cruise que plusieurs Français, Italiens et autres Québécois. Parlant de Québécois, la première chose qu’on a vue à la télé en Croatie, c’était les gags produits par Juste Pour Rire. Comme quoi monsieur et madame Tout- le-Monde rient des mêmes affaires, à Brossard ou à Zagreb.

9. Les Croates et les ânes
Scène typique sur la côte croate: un vieil homme tient en laisse une biquette sur une chaloupe chancelante en route vers une toute petite île en face du village. On ne comprend toujours pas pourquoi, et on n’a jamais eu les couilles de questionner la nature de cette relation entre certains messieurs âgés et l’animal emblématique du pays.

10. Les Croates et la cravate
Ils clament l’avoir inventée lorsqu’au Moyen-Âge un chevalier de la région est parti aux Croisades avec au cou un foulard noué par sa belle. C’est cute, mais vous vous demandez sûrement d’où vient le nom cravate? De la déformation de «Hvartska» le nom officiel du pays, que les Français n’ont jamais su prononcer comme du monde…


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