10 recettes 2.0 pour magazine culturel télé fatigué

Numéro 204

4 au 17 mars 2011

Un texte de
P45

Publié le 3 mars 2011 dans
Culture, Médias

L’interactivité est-elle la solution aux maux de la télévision?

À l’annonce de la mort du magazine télé Six dans la cité à Radio-Canada, une des raisons invoquées par la chaîne montrait du doigt une façon de faire de la critique culturelle pas assez 2.0. Et s’il fallait appliquer une recette pour faire de la critique culturelle 2.0 à la télé, ça donnerait quoi?

10 recettes 2.0 pour magazine culturel télé fatigué:

  1. Ouvrir un blogue, pas vraiment le mettre à jour, faire un site web compliqué avec du bling et du «wow», écrire partout n’importe quoi n’importe comment, faire du bruit, polluer le ciel.
  2. Faire un magazine télé bilingue, avec sous-titres en hindi et en wolof, reportages d’Anne-Marie Withenshaw avec des joueurs de hockey qui parlent de leurs albums préférés de U2.
  3. Constituer un carnet d’adresses de plusieurs collaborateurs de 12-15 ans afin de ne pas toujours revoir les mêmes visages chaque semaine à la télé. Mais quand même inviter les mêmes vedettes chaque semaine, pour autant qu’elles interagissent bien avec des pré-ados et connaissent leur registre d’oeuvres préférées dans la vie, d’Aurélie Laflamme au dictionnaire visuel de Larousse.
  4. Jouer pleinement la carte de la démocratisation de la critique et lire tous les commentaires publiés sur Voir.ca, Commeaucinema.com, et autres sites, question d’être certain qu’on donne la parole à tous. Diversité! Diversité!
  5. Puisque tout le monde expose sa vie et les multiples manifestations de son ego sur les réseaux sociaux, faire un magazine de A à Z basé sur la personnalité de l’animateur. Audacieux, mais ça devrait intéresser beaucoup de monde.
  6. Adopter l’ère de la recommandation et recommander à tous tout le temps de regarder l’émission. Créer des suspenses du genre «Ce soir, grosse annonce, soyez là!» pour mieux créer l’événement: un collaborateur va se faire pousser la moustache! Décliner le concept, c’est facile.
  7. Des experts, des experts, des experts. Inviter des experts, même si ce sont toujours les mêmes, et s’étonner en ondes à quel point ceux-ci ont des idées progressistes! (Polémique, polémique, polémique.) Faire des revues de la semaine à l’infini sous toutes les coutures et faire des listes, des listes, des listes. Demander à Bazzo de produire.
  8. Les téléspectateurs sont invités à texter leurs impressions des oeuvres discutées pendant l’émission, en direct. Quand les messages ne sont pas assez nombreux, l’animatrice peut péter une coche et engueuler le producteur en direct pour stimuler un peu la participation.
  9. La cote d’appréciation donnée aux livres, films, albums, pièces de théâtre, spectacles de danse est directement liée au nombre de personnes qui les ont liké sur Facebook. La pondération tient aussi compte des attending et awaiting reply.
  10. Permettre aux téléspectateurs d’attribuer une note aux chroniqueurs. Afficher ces notes en continu à l’antenne de manière progressive, de façon à ce qu’un jour, ne reste plus à l’écran que les notes des téléspectateurs qui notent les notes des téléspectateurs précédents, dans une forme de bal infini de rétroaction transcendante.


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2 commentaires
  1. Rocklapin says:

    Donnez le salaire de l’animateur aux artistes.Le contenu enfin payé

  2. ann julie says:

    défoulant rare à lire. le genre de texte qu’on écrit en postillonant.

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