15 stratégies pour remporter le Combat des livres

Numéro 104

22 au 28 février 2008

Un texte de
P45

Publié le 22 février 2008 dans
Culture, Livres

15 stratégies pour remporter le Combat des livres

Être sacré grand gagnant du Combat des livres, bien sûr, ce ne pourrait être possible sans utiliser de stratégies pernicieuses, malhonnêtes et démagogiques.

À l’aube de l’événement, l’écurie P45 prodigue quelques conseils à son poulain, puisqu’en matière de stratégies pernicieuses, malhonnêtes et démagogiques, Bernard Landry a pas mal plus de millage au compteur que Nicolas Langelier…

1. Lire tous les bouquins et, surtout, prendre des notes.
Ne pas hésiter à citer, citer, citer. Citer des passages des œuvres, citer des propos des auteurs lus ailleurs ou les concurrents eux-mêmes dans des propos qui pourraient les compromettre. Arriver en studio avec son laptop et un PowerPoint de ses notes. Déjà, avant même d’avoir parlé, Nicolas, tu établis ta supériorité en terme d’organisation. Les autres panélistes en tremblent déjà.

2. Se faire des alliés.
La veille, passer un petit coup de fil à Bernard Landry, prendre des nouvelles de sa femme et se promettre de s’inviter à souper une fois faite l’indépendance du Québec. S’il perd, au moins il votera pour toi Nicolas.

3. Se renseigner sur les autres concurrents, puis les attaquer personnellement.
Très vite, faire réaliser aux auditeurs les Grandes Vérités de ce monde: les vieux sont de la vieille garde, les femmes sont féministes, les artistes sont des êtres émotifs, Sophie Faucher est intolérante au lactose, Bernard Landry est un souverainiste, etc.

4. Être concis dans la réplique.
Paraître brillant en plaçant trois mots, c’est encore meilleur que de paraître approximatif en plaçant trois phrases. Laisser les concurrents s’empêtrer dans leur démonstration puis trancher avec l’argument qui tue.

5. Attaquer les auteurs.
Il est courant de détourner l’attention du public sur les fautes morales des auteurs eux-mêmes afin de délaisser un moment les œuvres. Utiliser de cette stratégie avec modération, mais quand même, elle s’avère toujours utile. À défaut d’arguments, insinuer des saloperies sur les auteurs: Gabrielle Roy était une sympathisante nazie, Mordecai Richler détestait le smoked-meat et les bagels, Jacques Godbout est en fait le vrai père de Justin Trudeau…

6. Faire des liens.
La victoire appartient au candidat qui pourra situer l’œuvre choisie dans la marche du monde comme étant l’Œuvre (avec un grand Œ) qui bouleverse, du moins théoriquement, tous les codes sociaux, culturels et esthétiques. À défaut d’y arriver, convaincre à tout le moins l’animatrice du bien fondé de la démarche de l’auteur par une savante entourloupe métaphysique (quelque chose qui puisse lui extraire un «wow», ou encore un «ça alors» ou même un «arrêtez tout, on a un gagnant!»).

7. Bien manger.
Un gagnant sait bien se nourrir. Une soupe Ramen pour les protéines, des choux de Bruxelles pour les minéraux, des carottes pour la vue et l’intelligence, une coupe de vin pour la circulation sanguine, quelques hormones de croissance et le tour est joué.

8. Jouer la carte de l’image.
Nicolas, tu dois absolument être le plus beau, le mieux habillé et le mieux coiffé. Comme ça, les auditeurs, charmés, enverront des courriels bourrés d’arguments bidons aux autres panélistes pour mieux te voir rayonner. On appelle ça la stratégie Beauduin- Stréliski.

9. Faire appel à des figures d’autorité pour qu’elles vous appuient.
Marc Lévy, Patrick Bruel, Marie Laberge, Céline Dion, le Pape, VLB… ah non pas VLB. L’opportunisme extrême serait d’aller chercher l’appui de Pauline Marois ou de Jean Charest, juste pour faire choquer Bernard Landry.

10. Cacher les livres des autres panélistes juste avant d’entrer en ondes.
Autrement appelé la stratégie du raton laveur. Au mieux trouver un petit coin de terre puis les enterrer. Joindre les mains candidement sur sa chaise, siffler un air niais (Dégénération des Mes Aïeux, par exemple) en levant les yeux au plafond.

11. Faire des jeux de mots.
Ou développer un tic nerveux. Ça ne fait pas gagner, mais ça déstabilisera tout le monde. À utiliser seulement en situation de crise.

12. Emprunter la petite fille d’un ami.
L’amener en studio sous prétexte qu’elle veut voir comment ça se passe, une émission de radio. Lui faire serrer la main de tous les panélistes, sous prétexte que c’est la politesse, alors que c’est pour qu’elle leur refile sa gastro.

13. Lire des passages soporifiques et/ou ridicules et/ou incompréhensibles des livres des autres panélistes en ondes.
Se mettre à éternuer ou à tousser très fort si des panélistes utilisent la même tactique pour descendre son propre livre.

14. Jouer la carte de la séduction.
Nicolas a des chances: il y a deux femmes et un gai parmi les panélistes. S’il réussit à les séduire, ne restera que Bernard Landry à éliminer… Voir la stratégie no. 15.

15. Contraindre Bernard Landry à sortir son latin.
Ça tapera sur les nerfs de tous les autres panélistes. Tous voudront l’éliminer et Nicolas sera le grand gagnant!


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  1. Merci P45, je fais laminer ça.

    Reste juste à me trouver une petite fille et un coach de séduction. Idéalement la même personne, ce sera meilleur pour mon film biographique financé par la SODEC.

  2. Rocklapin says:

    J’aurai tellement aimé filmé toute la journé de Nicolas et prendre ces commentaire sportif.

  3. xkr says:

    incroyable Nicolas, le coup de la gastro, c’était fort

  4. Je crois que c’était plutôt la séduction.

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