Il connaît mon nom. Flattée, j’accepte le verre qu’il m’offre. Il devrait pourtant savoir que je commande toujours un gin tonic s’il lit vraiment mon blogue… Il sait lire, 1 point pour lui. Et +2 pour le pull marine tant qu’on y est.
Comme j’essaie depuis peu d’être sage, je le quitte pour rentrer chez moi, j’ai cours demain. Il prend en note mon numéro, -1 pour la photo de marde sur son cellulaire.
Il me téléphone deux jours plus tard alors que je suis coupable de 37 pensées indécentes, de 3 planifications exhaustives de ce que serait notre vie à 5, et de 12 variations avec nos noms.
Il m’invite à sortir, j’aurais préféré un endroit plus tranquille que la Rockette. Je commence à me connaître, mais il insiste.
Gommage, exfoliation, fittage de bobettes, parfum au creux du cou et deux couches extra de gloss, je marche lentement. Je suis en avance d’une trentaine de minutes, pathétique. Je tourne à droite sur Mentana et monte jusqu’à Laurier. Je reviendrai au sud après.
J’attends devant le Quai des Brumes, papillons au ventre et borborygmes d’excitation. 5 minutes, j’attends. 10 minutes puis 20, j’envisage de partir, mais ce n’est pas mon genre de rater la chance d’être humiliée.
Il arrive finalement, 33 minutes 47 secondes de retard, se fond en excuses prétextant que son chien a mangé son billet du médecin et que sa grand-mère est morte dans le traffic, je ne sais plus trop. 2-3 battements de cils de sa part et tout est oublié, les papillons refont leur apparition.
Décompte
Gin tonic no 1, il me parle de son emploi, de sa famille, de ses études. Gin tonic no 2, je lui parle de poulet, de collocation, de Science et Vie. Il sent bon. Gin tonic no 3. Gin tonic no 4. J’humidifie mes lèvres. Gin tonic no 5.
C’est un bon garçon, je devrais dire homme, vu la différence d’âge, cultivé et intelligent, mais quelque chose cloche. Suffisance ou amour-propre, c’est selon. J’ai comme la mauvaise impression qu’il se fout de ma gueule, qu’il racontera demain qu’il s’est tapé la fille qui sait écrire même si elle a des seins gros comme sa tête. Il passera à la suivante rapidement, question de me donner au suivant, un Chantal pas de «e», un grand Thomme.
Main sous la jupe, bec dans le cou. Bec dans le cou, french sur l’oreille. French sur l’oreille, main sur le sein. Je lui dis que je ne me sens pas à l’aise, que j’ai l’impression de gâcher quelque chose, que je n’ai pas le goût de briser la petite flamme (celle qui est en train de pogner dans mes culottes).
Il se fâche. Le con, il croyait que tout ce que j’écrivais sur Internet était vrai.
«Oui, mais tu disais que ça t’excitait. Tu as dit que si j’écoutais Barbara et Souchon tu tomberais amoureuse, que si je portais Fred Perry tu te laisserais charmer. Tu disais que si je buvais du Bombay Sapphire tu succomberais, que si j’aimais The Selby, je pourrais emménager direct chez toi.»
Non, j’É-CRI-VAIS… et pas que pour toi, le smatte.
Je rentre seule, j’enfile le pyjama de la honte (en coton ouaté), j’écoute Blonde Redhead, je l’haïs.
Discussion
excellent mais… qu’est-ce qui est fiction là-dedans ;) ?
Mais tout voyons! Je pogne pas vraiment…
Bombay Sapphire
C’est du placement de produit?
délicieux!!!
@Camille onhhh :(