À écouter ce mois-ci – Wilco

Numéro 19

4 au 12 juin 2004

Un texte de
Marie-Claude Beaucage

Publié le 4 juin 2004 dans
Culture, Musique

Wilco
A ghost is born
(Nonesuch/Warner)

d_wilco.jpgLes fans de Wilco attendent de pied ferme ce nouvel album, dont la sortie a été, pour diverses raisons, repoussée au 22 juin. Le très plébiscité – Pitchfork lui accordait 10/10 – et très poignant Yankee Hotel Foxtrot, paru en 2002 après moult péripéties dont témoignait le documentaire I’m trying to break your heart, a en effet placé la barre très haute.

Alors qu’en est-il? Est-ce que Wilco nous a refait le même album? Pas du tout. Ce n’est pas la politique de la maison. Mais disons qu’avec A ghost is born, Jeff Tweedy, le mastermind derrière Wilco, reprend là où il avait laissé deux ans plus tôt, tout en repoussant les limites, une fois de plus.

C’est que la construction de la plupart des chansons qui composent l’album est moins conventionnelle; artistiquement, le groupe a pris un plus grand risque, le risque de perdre certains fans gagnés par YHF, parce qu’il s’éloigne – pas trop, mais quand même un peu – de la chanson pop. Mais bon, ce n’est probablement pas ce qui empêche les membres de Wilco de dormir la nuit.

L’influence krautrock (légèrement) sentie sur YHF est plus marquée (Jim O’Rourke officie une seconde fois derrière la console à titre de co-réalisateur) tout comme la volonté d’expérimenter musicalement, avec la guitare surtout. Ce que le groupe réussit parfois avec brio (Spiders (Kidsmoke) et même At least that’s what you said, qui démarre l’album et donne le ton), mais d’autres fois, ça nous laisse plutôt perplexe (ce bruit pendant 8 minutes sur Less than you think, c’est pas tellement convaincant, c’est même un peu agressant…).

Du point de vue instrumental, A ghost is born est plus minimaliste que son prédécesseur, la plupart des chansons réunies sur l’album faisant surtout la part belle à la guitare et aux claviers, délaissant les bidouillages en tout genre. Ça laisse donc beaucoup de place aux textes de Tweedy, qui ne sont jamais insignifiants.

Encore une fois, ses chansons dépeignent, avec une certaine ironie, sa solitude et sa détresse face au monde qui nous entoure, mais on le sent plus mélancolique que vraiment amer. Et l’ironie dont il fait preuve – surtout en ce qui concerne l’amour – atteint son paroxysme sur Theologians, LA chanson qui donne à cet album tout son sens. En spectacle le 5 août au Théâtre St-Denis.


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