À quelle génération appartient Justin Trudeau?

Numéro 100

25 au 31 janvier 2008

Un texte de
Julien Cayer

Publié le 25 janvier 2008 dans
Idées, Société

À quelle génération appartient Justin Trudeau?

Jamais à court d’idée pour combler la traditionnelle période creuse qui suit le temps des fêtes, le Journal de Montréal a publié cette semaine «la plus vaste enquête jamais réalisée» (tousse, tousse) sur le fossé entre les générations.

Soucieux d’aider les Canadiens de tout âge à voter pour le bon candidat lors des «imminentes» élections fédérales, P45 en a profité pour analyser l’aspirant-député de la circonscription de Papineau, Justin Trudeau, dans le but de déterminer à quelle génération appartient cet être sans âge.

1. La génération silencieuse (avant 1945)

- Génération marquée par la guerre et un choix de vie plus limité.
Non, à moins qu’on ne parle de La guerre des tuques.

- Loyauté envers son entreprise.
Oui, plus libéral que ça, tu meurs.

- Connaissance moindre des technologies de l’information et des communications.
Non, et il vous invite à joindre son groupe de supporters Facebook.

2. La génération baby-boomers (1945-1961)

- Génération du «peace and love» et de la liberté de choix.
Non, le qualificatif de «psychédélique» ne s’applique pas à Justin. Inutile d’essayer.

- Entrée sur le marché du travail avec des possibilités d’emploi exceptionnelles.
Oui. C’est pas mal ça.

- Vie centrée sur le travail et la valorisation sociale liée à la carrière.
Non, s’il s’est lancé en politique, c’est pour rendre service. En fait, il aimerait mieux faire un travail manuel et loin des grands centres. Planter des arbres, faire du macramé, quelque chose comme ça. L’ambition, c’est pas son fort.

- Respect de l’autorité et de la structure hiérarchique.
Oui, au point de se rallier à Stéphane Dion.

3. La génération X (1962-1976)

- Recherche de défis et besoin d’apprendre.
Oui. D’ailleurs, il vous incite a rejoindre Katimavik.

- Confrontation à une pénurie d’emplois, d’où une attitude égocentrique et sarcastique.
Non, Justin Trudeau aime, partage, écoute. Et pas seulement les Canadiens et Canadiennes: TOUT le monde.

- Non à la description de tâches, oui à l’assignation de responsabilités; désir de participer à la prise de décision et à la détermination des objectifs.
Oui. D’ailleurs, si vous avez une décision à prendre, vous pouvez lui demander son avis via le club de ses supporters Facebook.

- Critique face aux institutions et aux autres générations, remise en question de l’autorité vue comme le noyau central de l’organisation plutôt que comme une structure hiérarchique.
Non et en passant, son père le lui a fortement déconseillé.

- Évolution dans le multiculturalisme, l’égalité des sexes et l’écologie.
Oui, oui et oui. Et en complet-cravate, s’il vous plait.

4. La génération Y (1977-1989)

- Peu de modèles auxquels s’identifier, notion floue du bien et du mal.
En fait, des modèles, il n’en a qu’un, et c’est bien assez.

- Rébellion face à l’autorité, incompréhension du besoin de ponctualité, de marques traditionnelles de courtoisie, du port du costume, etc.
Oui. Sa devise: «Live free or die»!

- Indépendance envers l’employeur, l’entreprise doit avoir quelque chose à offrir, et non l’inverse; il faut mettre des étincelles dans leurs yeux.
Pour les étoiles, on ne sait pas, mais les larmes, il peut les faire apparaître sur commande.

- Génératrice d’idées, débrouillarde et critique.
Oui, la dernière bonne idée en date, c’est de se prononcer contre la reconnaissance du Québec comme nation. «Way to go, Justin!», comme dirait Patrick Lagacé.

- Besoin continu de rétroaction.
Oui. T’es bon Justin. T’es le meilleur. Le Canada a besoin d’un sauveur et c’est toi.


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5 commentaires
  1. Très éclairant.

    Et la conclusion, c’est?

  2. Julien Cayer says:

    À la lumière de cette analyse, j’ai l’impression qu’il se situe quelque part entre le baby-boomer et le X. Définitivement pas un Y en tous cas.

  3. Gynocrate says:

    Oh, je pensais plutôt que Justin était un baby-boomer pris dans un corps de X.

  4. Moi je pense qu’il est comme Dieu: de partout et de toujours.

  5. michèle poitras says:

    Moi, je pense qu’il se prend pour son père (de quelle génération était-il?)
    Comme il est difficile de se prendre pour soi quand son père a pris un peu trop de place – mégalomane…

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