Fin de semaine qui donne envie de s’acheter un clavier ou des claves selon les goûts et le talent. Blonde Redhead et Arcade Fire coup sur coup… Je n’écoute plus de musique depuis.
Dimanche soir, en sortant de l’Aréna Maurice-Richard en compagnie des 5 599 autres spectateurs, je me suis rappelée pourquoi j’aimais aller voir des concerts dans certaines villes où la langue m’est inconnue, genre au loin en Finlande.
Cette phrase criée dans mon oreille droite par un jeune homme au t-shirt noir qui s’adressait à son ami au t-shirt gris: «Ouin, c’était bon mais la sono n’était pas écoeurante et pis t’as vu que le gars… ouin c’est ça Win, il l’avait pas pantoute sur Black Mirror…» Suivi d’un retentissant: «Oh my God, he’s soooooo cute!» dans mon oreille gauche de la part d’une ravissante petite blonde de 16 ans…
Tous groupies
Je me suis donc permis d’analyser en surface la micro-société qui se forme dans une salle de concert.
Dans la catégorie Tous ensemble, il y aura toujours les plus dévoués, les plus motivés d’entre nous, pour qui, entrer les premiers dans un espace est primordial et permet de rentabiliser le capital investi.
Quand vous arrivez (évidemment trop tard), ils vous lancent ce regard satisfait en commandant leur cinquième Molson, s’appuyant, si possible, sur la scène afin de délimiter ce territoire convoité.
Dans la même catégorie, il y a encore ceux qui croient nécessaire de prouver qu’ils connaissent les paroles de toutes les chansons et qui s’empressent de les hurler aussitôt les premières notes envolées.
Vous remarquerez que ces mêmes gens nous font l’honneur de chantonner les back vocals assortis de tous les oh! et tous les ah! à fréquences variables présents à l’intérieur d’une pièce. Les plus assidus de ce type d’aggression iront même jusqu’à chanter les riffes de guitare.
La loi du parterre
Dans la catégorie Individus singuliers, il y a ceux qui ne comprendront jamais qu’être ivre ne permet pas nécessairement d’apprécier une prestation musicale.
Il y a évidemment celui qui s’allume une cigarette au milieu de la foule, défiant l’autorité, s’attirant le regard inquisiteur de ses voisins et/ou la jalousie des autres fumeurs présents, contraints de retenir leurs pulsions orales.
D’autres réussissent à attirer l’attention sans le vouloir… Mention honorable aux cinq personnes qui ont sorti leur briquet sur la dernière pièce d’Arcade Fire et au garçon qui a réussi à engouffrer quatre hot-dogs vapeurs pendant l’excellente My body is a cage.
Et peut-être souligner cet ami qui, comme plusieurs autres à un moment de leur vie, se permet de crier une phrase, pertinente ou non, à l’intention du chanteur ou de la chanteuse, créant ainsi un léger malaise rapidement dissipé.
Je garde en tête les souliers italiens du jumeau-guitariste de Blonde Redhead, Amadeo, croisé près de la console de son et les yeux pétillants de ma petite soeur à l’amorce de Tunnels dans l’aréna du Rocket.
Pourquoi les vodka-tonic sont toujours aussi infectes au Club Soda? Dites-moi.
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