Blankass: à la croisée des chemins

Numéro 19

4 au 12 juin 2004

Un texte de
Stéphane Martel

Publié le 4 juin 2004 dans
Culture, Musique

p_mus_ent_Blankass.gifLe sextuor Blankass roule sa bosse depuis 1996. Fort d’un premier album homonyme largement acoustique, le groupe enchaîna, deux ans plus tard, avec L’ère de rien, un opus plus rageur et électrique.

Nominés à plusieurs reprises aux Victoires de la musique et devenus des incontournables de la scène rock en France, aux côtés des Noir Désir, Wampas, Mickey 3D et autres Louise Attaque, le groupe berrichon lançait récemment son troisième album, L’homme fleur; synthèse réussie des deux premiers, mariant avec efficacité textes sérieux, lucides et matures à des guitares électriques féroces, de l’accordéon, de la mandoline et même de la flûte.

Nous avons profité d’une tournée promotionnelle du groupe en terre québécoise pour poser quelques questions au leader de Blankass, Guillaume Ledoux.

Pourquoi avoir intitulé votre nouveau disque L’homme fleur?

Guillaume Ledoux: Parce que c’est le nom d’une tribu indonésienne qui m’a fasciné. Ils ont toute une religion autour des fleurs et ils sont capables de marcher des jours pour aller chercher une fleur qui manque à leur village. Et je considère qu’au XXIe siècle, c’est un bon signe pour l’avenir de l’humanité que des gens puissent encore marcher trois jours pour une fleur…

Comment se situe L’homme fleur par rapport à vos deux premiers albums, un plus acoustique et l’autre moins?

GL: Le premier album était effectivement très chanson. Le deuxième était plus rock, plus sombre. On avait envie d’un disque à la croisée des chemins: les mélodies du premier avec l’énergie du second.

Pourquoi cette reprise assez différente de Another Brick in The Wall, de Pink Floyd?

GL: Tout est parti d’un gag en répétition. Un bœuf sur Another Brick in The Wall… Nous avions triplé le tempo et le résultat nous a tellement plu que nous avons fait un duo avec Spider Stacy des Pogues et nous avons décidé de le mettre sur l’album. À considérer comme un OVNI!

Comment s’est effectuée la transition entre Zéro de conduite (le précédent groupe) et Blankass?

GL: Tout naturellement. Johan et moi avions grandi et nous avions envie d’explorer un plus grand terrain de jeux. L’aventure Zéro de conduite avait duré neuf ans et il fallait passer à autre chose.

Vos textes demeurent souvent politisés, engagés. Avec toute la musique préfabriquée, anodine qui envahit les ondes radio, est-il encore possible de livrer des messages pertinents qui rejoignent la population?

GL: Je préfère le mot concerné à engagé. C’est simplement un devoir de citoyen du parler du Tibet ou des sans-papiers. Le véritable engagement de Blankass est un engagement humain de politique de contact. Il est évident que de plus en plus les radios ont envie d’un discours plus léger mais il faut faire avec et, de plus en plus, la scène est une véritable tribune.

On vous a souvent comparé avec des groupes et artistes tels que Noir désir, Louise attaque et Miossec. Des comparaisons dérangeantes?

GL: Christophe Miossec est un ami. Je ne veux surtout pas être comparé à cet individu! (rires) Je blague mais ce sont des références… disons plutôt flatteuses.

Comment se porte la scène rock actuelle en France?

GL: Je pense qu’elle se porte très bien! Une scène très riche, très mélangée, qui va dans la même direction: la sincérité.

Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux?

GL: À l’image du groupe, très éclectiques: le nouveau Miossec, le dernier Johnny Cash et surtout, le dernier album de Joe Strummer, Streetcore. Il est fabuleux!


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