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Éditorial du 27 avril 2007

Début mai, on prend de petites vacances pour se donner l’impression que l’été est arrivé. On rit beaucoup, on sort beaucoup, puis l’été arrive, mais on ne l’a pas vu venir. Non, non.

Signe des temps: mon coloc a recommencé à siffler les filles qui passent dans la rue sous nos fenêtres, à leur chanter des chansons: «I believe I can fly, I believe I can touch the sky». Signe des temps: je m’y suis mis moi aussi.

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C’est la fin de la saison aussi pour certaines émissions télévisuelles, avec le debriefing conséquent dans l’«imaginaire médiatique». Jean-René Dufort qui refait surface dans son rôle d’épouvantail, Guy A. Lepage qui ne doute toujours pas de son hégémonie, Christiane Charrette qui part à Paris, d’autres animateurs qui rentrent de vacances et qui reprennent l’antenne plus bronzés, plus cool.

Ça vaut la peine de souligner la dernière de Bazzo.tv, qui a fêté du même coup sa centième émission avec un panel impressionnant d’invités. À réécouter en baladodiffusion si vous n’avez pas eu la chance de la voir.

Car on vit dans une société où la culture est confondue avec les médias, où toute interrogation sur l’une implique une interrogation à propos des autres. Et de participer à une discussion intellectuelle sensée à la télévision, cela nous permet à chaque fois de croire en l’impossible: la considération d’être des téléspectateurs intelligents. C’est pas rien.

Ce qu’incarne peut-être l’émission de Marie-France Bazzo: la prétention télévisuelle. Une belle prétention qui s’appuie sur un fin univers créatif, chose dont les émissions culturelles semblent peiner à se doter, quand cette mise en forme n’est pas simplement confiée à des humoristes potaches.

Prétention créative qui se perd aussi dans le journalisme d’information, au profit d’une prétention servile et politique. On le voit du plus petit reportage de téléjournal (qui ne manque jamais une occasion de ne pas mettre en scène l’image, voire de mettre en contexte les informations) jusqu’aux Patrick Lagacé nerveux de ce monde, qui font de leur ego leur profession de foi.

Sans prétention, notre télévision semble ne pas avoir perdu l’habileté de se mettre un pied dans la bouche depuis la tendre enfance. Ses membres ont grandi certes, mais elle mâche toujours ses orteils, et fait des grimaces lorsqu’on lui dit d’arrêter.

S’y être pris plus en avance, on aurait dû envoyer toutes les rédactions des journaux télévisés à Coachella. Ça leur aurait fait du bien.

À propos de l'auteur

Xavier K. Richard

Xavier est potomane, gentleman bidouilleur, lecteur de platanes, chroniqueur profane, radio mélomane, auteur butane, bureau stéphan. Il croit que P45 est promis à un avenir serein, citadin, malin.

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