Cinq raisons de me défaire de ma jupe à froufrous

Numéro 87

5 au 10 octobre 2007

Un texte de
Julie Parent

Publié le 5 octobre 2007 dans
Culture, Mode

Cinq raisons de me défaire de ma jupe à froufrous

Donner un vêtement que l’on ne porte plus depuis belle lurette est une décision toujours difficile, voire impossible à prendre.

C’est vrai… pour les autres, me suis-je vantée pendant longtemps. Je ne compte plus les effets donnés aux organisations charitables pour les raisons les plus diverses: trop grand, trop moulant; trop chic, trop moche; trop aguichant, trop sage; coupe inconfortable, tissu rugueux, etc.

Tout cela pour dire que j’ai vite compris que le fameux je-vais-sûrement-avoir-envie-de-le- mettre-à-nouveau, n’est qu’un espoir vain. On ne porte jamais ce qu’on a rangé au fond de notre garde-robe, au mieux on l’essaie un matin puis on change d’idée in extremis avant de partir.

Mais maintenant, il y a cette petite jupe qui s’ennuie depuis des années dans mon placard et que je ne peux me résoudre à laisser partir. C’est qu’elle ne présente aucun des défauts énumérés plus haut. Elle est, pour ainsi dire, parfaite. Pourquoi m’en défaire, alors? Voyons voir…

1. J’ai tout essayé

J’ai tenté d’agencer cette maudite jupe avec tous les hauts que je possède – j’en ai même achetés uniquement pour elle – mais je n’ai jamais trouvé ne serait-ce qu’une seule combinaison satisfaisante.

2. Ç’aurait été beau à 20 ans

Regardons la réalité en face: j’ai 31 ans et je ne rajeunis pas. La surabondance de froufrous, c’est pour les demoiselles dans la fleur de l’âge.

3. Une fille heureuse

Fouiller dans une friperie, trouver, à un prix dérisoire, un vêtement de qualité parfait pour soi. Combien de fois aie-je eu cette satisfaction? Suffisamment pour faire une heureuse à mon tour.

4. Trouver mieux

Un jour, je tomberai bien sur une jupe tout aussi légère, confortable et féminine que celle-ci, mais dépourvue de cette esthétique petite-fille-arc-en-ciel.

5. Quel beau préambule!

Voilà, il n’en fallait pas davantage pour me donner envie d’aller courir les boutiques, à la recherche d’une nouvelle jupe, que je ne trouverai certainement pas immédiatement, mais dont la quête me permettra de dénicher toutes sortes de belles choses que j’achèterai avec empressement. Avec ma carte de crédit, bien sûr.

Et ma passion pour le magasinage est telle que je la partagerai avec vous, ici, dans ce lieu hautement fashionable qu’est P45. En effet, je ressusciterai sous vos yeux ébahis une vieille chronique de l’époque papier intitulée «Cinq raisons d’aimer», dans laquelle seront gaiement énumérées cinq raisons d’aimer telle ou telle boutique.

Où irai-je? Partout. Je ne snoberai aucun endroit, même s’il n’est pas «certifié cool». Parce que vouloir à tout prix être cool, c’est déjà cesser de l’être.


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