Comment passer juillet au frais, à New York (ou comment du moins suer un peu moins…)

Numéro 42

1er  juillet au 7 septembre 2006

Un texte de
Frédéric Choinière

Publié le 1 juillet 2006 dans
Chronique New York, Chroniques

Comment passer juillet au frais, à New York (ou comment du moins suer un peu moins…)

D’entrée de jeu, mettons une réalité météorologique au clair: à New York, l’été, il faut chaud.

Oui, je sais, il fait aussi bien chaud à Montréal, mais ici, il fait mauditement chaud. La NASA appelle ça le urban heat island effect: une île couverte de béton, avec peu de végétation, et une forte concentration humaine et automobile.

Bon, d’accord, Montréal est aussi une île, avec bien du monde, etc. Mais ici, c’est pas la joie! D’ailleurs, les statistiques de MétéoMédia nous apprennent que la température moyenne en juillet est de 21°C à Montréal, contre 25°C à New York. Maintenant que j’ai des preuves scientifiques irréfutables pour étayer ma théorie, voici mon palmarès des choses à faire pour prendre le frais pendant la canicule de juillet (applicable aussi pour août et septembre).

1. Fuyez le centre de l’île: enfourchez un vélo et découvrez les contours de Manhattan sur les jolies pistes cyclables qui longent la East River et la Hudson River. Arrêtez sur un des «piers», ces anciens quais dont la plupart sont convertis en parcs. Mon préféré est le quai numéro 45, avec des brumatiseurs qui vous aspergent d’une ô combien rafraîchissante bruine.

2. Embarquez-vous… sur un kayak: L’organisme sans but lucratif Downtown Boathouse offre des randonnées gratuites autour de Manhattan. Du kayak à Manhattan? Gratuit? Eh non, on n’est pas dans une pub de Liberté 55!

3. Noyez-vous… dans une, non, deux bières: Au McSorley’s Old Ale House, le «plus vieux pub de New York», ouvert depuis 1854 dans le East Village, quand on commande une bière, on en reçoit deux. «Be good, or be gone» dit l’affiche au-dessus du bar… à vous de tester les limites du barman!

4. Perdez-vous… dans le Metropolitan Museum: Des galeries infinies, des momies, des œuvres magistrales… Que ce soit pour l’art ou pour l’air (climatisé), profitez de la politique «donnez ce que vous pouvez» (c’est écrit en petits caractères à côté du tarif d’entrée suggéré de 15 $) et allez-y souvent.

5. Cultivez… la stupidité: Je n’en finis plus de voir des gens dans leur grosse Lincoln ou leur VUS, stationnés en plein soleil, le moteur en marche, pour se refroidir à l’air climatisé et parler au cellulaire. Dites-leur de sortir de leur boîte de conserve, de se mettre à l’ombre et d’arrêter de contribuer au réchauffement new-yorkais. Ou kickez dans leur portière, selon votre degré de diplomatie.

6. Allez sous terre… dans le métro: On aime les wagons climatisés, juste à la température parfaite pour attraper une pneumonie. On aime moins la descente aux enfers. Prendre l’escalier pour aller attendre sur le quai, c’est comme se laisser couler dans un bain de moiteur fétide et figée, où le taux d’oxygène est intolérablement bas.

7. Prenez une vague… à Jones Beach: 6,5 miles de sable blond, des vraies vagues de l’Atlantique et surtout, de l’air! À moins d’une heure de train de Manhattan (de Penn Station jusqu’à Long Island), pour moins de 20 $ aller-retour, ça permet d’être aussi mouillé qu’en ville, mais pas à cause de la sueur.

8. Luttez… mollement: Faites acte de reddition et laissez-vous fondre dans votre fauteuil, devant le ventilateur. Quand vos lunettes glisseront de votre nez à cause d’une sudation excessive et que vos chandelles fonderont sans être allumées (deux cas vécus par l’auteur de ces lignes), c’est qu’il est temps d’aller vous réfugier dans le frigo. Avec les chandelles, elles apprécieront.

9. Retournez… vers le centre: Il y a deux choses à faire sur l’immense pelouse du Sheep Meadow de Central Park. a) Déprimer, parce que tout le monde est plus beau que vous, avec des gueules de mannequin et des bronzages parfaits. b) Vous adonner au jeu de l’heure, le «colin-maillard-portable». Deux concurrents s’affrontent, les yeux bandés. Ils reçoivent chacun des directives de leur coéquipier respectif, via leur cellulaire. Le premier qui atteint la cible (exemple : un arbre) gagne. Ce n’est pas nécessairement rafraîchissant pour les joueurs, mais pour ceux qui les regardent marcher à tâtons, en évitant de piétiner un pique-nique ou de rebondir sur un sein en silicone, c’est assez divertissant. Avec quelques bières, c’est même drôle!

10. Euh… le numéro 10 ne veut pas sortir de la glacière. Désolé.

Bonne canicule!


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