Comment survivre à son conventum de secondaire

Numéro 158

7 août au 10 septembre 2009

Un texte de
Xavier K. Richard

Publié le 7 août 2009 dans
Idées, Société

Comment survivre à son conventum de secondaire

Les conventums, c’est des trucs sérieux. Attention.

Rappelez-vous comment on les imaginait à l’époque de notre secondaire… Quelque chose entre un dérivé du bal de finissants, une rencontre de nerds et un «gathering» de péteux de broue pseudo-chics venus étaler devant les vieux amis leur brillante carrière et leur Camaro.

La réalité, c’est qu’on est déjà vieux. 5 ans, 10 ans, 15 ans nous séparent des derniers moments où tous étaient réunis dans ce bordel d’émotions, agités par la révolte juvénile et une totale mollesse adolescente qu’est l’école secondaire.

Mais rien ne ressemble vraiment à ce à quoi on attendait des conventums. La marche a été rapide vers le monde adulte. Certains ont changé, certains trainent la même vie, certains ont juste «un peu» changé. D’autres, on ne sait juste pas.

Les amitiés ne ressemblent plus à ce qu’elles étaient, même les vieilles rivalités sont vieilles. Ce sont 200 nouvelles personnes qu’on découvre à chaque conventum. Tous se donnent des nouvelles en surfant sur le souvenir des moments passés ensemble et sur les anecdotes.

Le constat est le même pour tous: on est vieux maintenant, peut-être vaut juste mieux avoir du fun. Mais voilà une vaste entreprise. Comment faire alors pour avoir du fun malgré les obstacles?

P45 vous propose ses trucs pour mieux sortir de votre conventum avec le sourire et ne pas trop vous faire chier.

5 choses qu’il vaut mieux savoir concernant les conventums:

1. Les noms.

Tu as oublié le nom des gens. C’est correct. Il faut l’accepter, c’est d’ailleurs la situation dans laquelle se trouve la majorité du monde le soir du conventum.

C’est sûr, il y en aura toujours un pour se souvenir de tous les noms. Vaut mieux l’ignorer. Il était sûrement rejet à l’école et maintenant qu’il a découvert l’alcool, il se donne à fond dans le social, ce qui veut dire qu’il va sûrement être saoul mort dans pas long.

L’idéal, c’est de connaître le nom des organisateurs. Eux, au moins, ont un budget pour boire gratis pendant la soirée, en plus de pouvoir vous «présenter» aux gens en utilisant les prénoms.

2. Les activités.

Si vous craignez de vous taper mille et une activités douteuses pendant le conventum, un conseil: participez à l’organisation du conventum.

Ça aide à équilibrer les choses entre l’ancienne reine du bal qui veut absolument une playliste de rock classique en mangeant des egg rolls dans des assiettes en carton et l’agent immobilier qui propose de conter des blagues au micro pour animer la foule «qui risque de s’emmerder si on ne l’anime pas un peu».

3. Le rejet.

Au moment où la soirée deviendra le fun, où les gens auront un verre dans le nez et auront bien entamé les retrouvailles, il y aura toujours ce type qui viendra te jaser de la fois où tu l’as «bullié», où tu l’as humilié devant les filles sur le terrain de soccer.

Un seul conseil: ne pas feindre et jouer l’innocent, genre man-relax-de-toutes-façons-c’est-chill car il ne t’a peut-être pas pardonné ton égo insolent de jeune leader attardé.

Peut-être qu’il t’en veut toujours. Peut-être qu’il veut te tuer. Peut-être qu’il vaut mieux s’excuser, tout de suite, pas de niaisage. On ne sait jamais.

4. Le radotage.

Dans un conventum de secondaire, vous aurez à raconter à tous «ce que vous devenez». Après 20-30 personnes, ça fait beaucoup de radotage et de comparaison parfois malsaine entre vous et les autres.

Ce qui vous pousse normalement à adopter trois ou quatre lignes, à remettre la cassette en marche et à lancer les huit mêmes mots-clefs.

Il n’y a pas vraiment de méthode pour éviter ça. Désolé.

5. Les vieilles amitiés.

Rien ne sert de tout rejeter de ses amitiés passées, ni de se sentir obligé de devoir les honorer à tout prix. Le meilleur truc pour se sortir dignement de cette loterie entre amis-toujours-cool et amis-pu-cool-du-tout, c’est de fermer le bar avec eux.

La plupart des gens qui restent sont soit des lourdauds qui se sont endormis trop saouls au bar, soit des gens intéressants qui avaient envie de faire le party. Pourquoi pas finir ça dehors?

C’est probablement en ces lieux que seront servies les meilleures anecdotes, tout ce que vous ne saviez pas à propos de votre promotion.

Bonne chance. Vraiment.


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5 commentaires
  1. Stéphanie says:

    Je suis allé à mon conventum du secondaire 10 ans après que nous ayons gradué. Je croyais vraiment que j’allais avoir du plaisir à cette soirée… déception. Je me suis rendue compte que je me foutais pas mal de ce que les gens étaient devenus.

    Ceux qui avait «réussit» dans la vie étaient trop cool pour venir, et j’imagine que ceux qui sont devenus trop looser ne sont pas venus non plus.

    La soirée a été longue et je me suis rendue compte que finalement, Facebook fait en masse la job lorsque je veux savoir de quoi a l’air un tel ou une telle aujourd’hui.

  2. Xavier, c’est toi le pogo mou?

  3. xkr says:

    Oui.
    J’ai toujours eu de la difficulté à m’intégrer habillé comme ça.

  4. Gynocrate says:

    En fait, cet article aurait pu porter sur comment facebook a tué la magie des conventums

  5. Jonathan says:

    Je vais a mon conventum ce soir le samedi 5 sept 09. Je vous reviens avec ça bientôt &.bien plus encore.

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