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Le labyrinthe de Pan: Quand Alice rencontre Franco
Un texte de Jean-Baptiste Hervé
Sixième film du réalisateur mexicain Guillermo Del Toro (Hellboy, Blade II, Cronos), Le labyrinthe de Pan étonne et effraie par sa facture oscillant entre le conte et le réel cauchemardesque.
Situé dans l’Espagne répressive de Franco, le récit nous présente les pérégrinations d’Ofelia (Ivana Baquero) et de sa mère, (Adriana Gil) récemment remariée à un capitaine d’armée tyrannique, Vidal (Sergi Lopez, foudroyant de méchanceté). Contrainte à vivre sous le même toit que son nouveau père, une maison de campagne transformée en caserne militaire, Ofelia trouvera refuge dans un antique labyrinthe peuplé de créatures d’un autre monde qui l’adulent comme leur nouvelle princesse.
Pendant qu’une traque aux communistes s’organise dans les montagnes environnant la caserne, Ofelia est soumise à une série de trois épreuves par le faune (Doug Jones), lesquelles la mènera à l’immortalité et à son ultime statut de princesse du monde sous terrain.
Fuite en avant
Véritable métaphore filée de l’enfance et de l’âge adulte dans une Espagne plongée dans la dureté du régime franquiste, le film de Del Toro se tient loin de la morale bon enfant et du pathos facile.
Le réalisateur magnifie par ce double récit le triomphe de l’imaginaire face à un réel lourd et sans promesses. En ce sens la confrontation d’Ofelia rêveuse et amante d’un monde fantastique face au capitaine Vidal à la logique militaire implacable, rend bien compte des deux pôles entre lesquels oscille le film mexicain.
Ofelia entourée par la guerre, la mort, et la solitude ne trouvera pas tant un échappatoire dans ce labyrinthe de Pan mais plutôt un refuge où elle est contrainte de se dédoubler telle une Alice des temps modernes. Une dose de grotesque chic parmi les parfums éphémères.


