Éditorial du 3 novembre 2006

Numéro 51

3 au 9 novembre 2006

Un texte de
Xavier K. Richard

Publié le 3 novembre 2006 dans
Chroniques, Éditoriaux

Maximum Halloween – à Dany Bédar

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Tout raté des célébrations samedi, pour cause de tempête. Aussi une discussion qui s’éternise avec une Finlandaise qui fume des cigares (si seulement je parlais finlandais, je pourrais lui dire que ça pue, et de surcroît que c’est non-fumeur chez moi), y’a quelque chose de dansant qui se trame à l’extérieur dans la ville, mais quoi? Le party Val Kilmer a été annulé et le party brun est trop brun dans la grisaille…

L’adversité, un peu de cendres s’éparpillent sur le sol et la soirée meurt avant d’avoir commencé. Mademoiselle fréquente un Allemand qui fume tout autant le cigare. Ça devrait être su: les artistes végétariens, en plus scandinaves et sobres, fument le calumet. Ils font ça comme pour créer un pont entre eux et la décadence. Dans le fond, c’est touchant, mais ça ne sauve pas la soirée. C’est une chance que l’Halloween se fête plusieurs jours de suite.

Mardi, ok, fête improvisée à saveur funèbre (c’est la fête des morts après tout). J’arrive chez les gars qui ont trouvé plus tôt de la drogue dans leur frigo en guise de costume. Les obsèques ont déjà commencé et l’afrobeat résonne partout tandis que circulent un crâne de vache et un ventilateur-piano, un piano-ventilateur, enfin, ce truc-là qui fait un bruit de scie qui coince dans un cercueil. Remarquez, personne n’est déguisé.

Je me sens terriblement entertainer, bouscule un peu les gens vers la piste de danse. Ma copine, enthousiaste, sort son costume de chewing gum collé sous un soulier (authentique), mais désenchantera. Combien aurait donné Elvis pour être là? En tout cas, bien des morts auraient dû être là. La soirée est conne et on rie beaucoup. J’embrasse mes amis et les félicite pour leur beau feu de foyer.

C’est dans la forme la plus sincère que j’exécute mes pas de danse, transis par l’alcool. Les autres délirent sur les bons aspects d’une pratique méditative, je dois saisir de force une bûche près du foyer et agresser des boîtes en carton pour détourner l’attention.

Trop tard, les gens mettent leurs manteaux et s’encastrent dans le hall. Comme je continue de bûcher tout et n’importe quoi comme un con, je manque la première marche de l’escalier et tombe sur un genou. On se marre très fort, les morts se retournent dans leur tombe.

Même sans costume, on a eu un fun noir. Sans costume, on a l’air de ce qu’on est. C’est plus marrant, finalement.


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