Élégance rétro-moderne

Numéro 68

16 au 22 mars 2007

Un texte de
Myriam Rondeau

Publié le 16 mars 2007 dans
Culture, Musique

Élégance rétro-moderne

Après un premier album électro-progressif à 19 ans et un second d’inspiration folk et d’une ambiance plus sombre à 21, il était difficile de prévoir quelle forme prendrait le troisième album de Patrick Wolf.

Le grand Anglais de 23 ans, réglé au quart de tour et productif à souhait, nous offre enfin les résultats de ses deux dernières années de création.

Nouveau disque, nouveau style. The Magic Position est un hybride étrange qui mixe les racines électro de Wolf avec ses penchants plus classiques, le tout mélangé avec une pop kitsch colorée style 80″. C’en est brillant et déstabilisant.

C’est un canidé en pleine forme, au pelage en lycra fluo et à la chevelure rouge pailleté qui nous accueille avec cette douzaine de nouvelles pièces. L’univers qu’il a choisi pour les camper, disons-le, est nettement plus flamboyant, plus optimiste que Lycanthropy et Wind in the Wires, ses premiers albums.

Wolf propose dès le début une cadence impressionnante où l’auditeur peine à reprendre son souffle. Sur un court 36 minutes, il lance naïvement dans l’ordre et le désordre une vaste toile où se côtoient contrebasse, piano, trompette, violon, claviers, ukulélé, xylophones, 8 bit style Nintendo, échantillonnages divers et sons synthétiques indescriptibles.

Bien que les nouvelles pièces détonnent des deux albums précédents et même entre elles, The Magic Position est une continuité dans la recherche d’un style à part que l’artiste a commencée dès ses premiers essais.

Par contre, si l’exploration musicale est réussie, Wolf ne donne pas l’impression d’avoir travaillé beaucoup sa voix. Nous la retrouvons où nous l’avons laissée sur Wind in the Wires: juste, puissante, grave, un peu trop d’ailleurs tandis que nous nous étions émerveillés devant ses poussées étonnantes pour cette voix au timbre si profond…

Il manque un peu de cette instabilité découverte sur The Childcatcher (Lycanthropy). Peut-être a-t-il mis plus d’effort sur les textes qui sont plus que sublimes tant en richesse qu’en style. C’est tout de même une élégance rétro-moderne que ce troisième album, sur lequel il a enfin lâché sa mélancolie pour la sublimer en un carnaval pétillant.

Dans les bacs sur notre continent le 28 mars.


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