Endisquer la brique: Jérémi Mourand

Numéro 48

13 au 19 octobre 2006

Un texte de
Christophe Bernard

Publié le 13 octobre 2006 dans
Culture, Musique

Endisquer la brique: Jérémi Mourand

Jérémi Mourand c’est la grand’soif du Cheval Blanc qui monte parfois sur des planches mal sablées.

Avec lunettes noires et haleine en difficulté. C’est la musique quand elle ne sent pas bon, sans droits d’auteur. C’est un «esprit tordu dans un corps meurtri». Un son d’accident, de mauvais garçon à la jambe prisonnière d’un piège à ours, pour du rock local dur à étancher. La bande sonore de ma mort. Frais comme une roche.

Mardi 10 octobre, tout le pâté au coin Rachel et Saint-Laurent a frôlé l’éboulis. Le groupe Jérémi Mourand, trois crâne chauves et un autre épars, lâchait son catalogue démantibulé de chansons concassées.

Après För (2001), Vacher, tout neuf. Le Divan Orange se débattait dans ses gongs. Même si cette fois, on n’a pas fait boire les guitares en se convulsant sur le sol, pas de valse pour la batterie, pas de coups dans les tibias pendant l’antisolo traumatique joué dans les flaques. Concert rapide, et bu au vol, pour voix de murs en plâtre. Un genre de cocktail sophistiqué bref, pour plaire à la presse ambiante (déguisée en deux agents de police).

J’ai voulu jouer les suicidés dans une tentative miséreuse de journalisme gonzo et couvrir l’évènement de l’intérieur. De Hunter S. Thompson, il ne me reste aujourd’hui que la tumeur au cerveau débile. Aujourd’hui je sculpte dans le bois de ma gueule un bravo étourdi, la tête qui décroche. Mais au café qui sauve la vie je préfère encore souffrir au matin ces opérettes encombrantes et la poésie de rouille.

Vacher, cherchez-le aux objets perdus. Ou attendez la version karaoké, pour une thérapie par le bruit et un Noël tragique.


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