Revue de presse glauque.
Lundi, 29 janvier 2007, Montréal, 9 h 27
Le Devoir. L’image en une: une mare de sang, un sac d’écolière. Bagdad me tue. Je vole La Presse au comptoir des abonnements avec l’espoir de rire un peu de Cousineau ou de Dumas. C’est mesquin je sais, mais ça me fait du bien. Merde, ils sont en congé.
11 h 49, UQAM
J’écoute Hervé Guay me parler de critique et de théâtre. Trouble de l’attention, je pense à autre chose. Hérouxville me rend incrédule. Je vais marcher un peu avant de rentrer. Match important contre Ottawa ce soir, Aebischer devant le filet…
15 h 05, Café Toast-thé
Tom Waits. New Orleans me ramène à Katrina, j’avais oublié. J’ai entendu Lucien Bouchard à la radio ce midi demander une fois de plus à des travailleurs d’être raisonnables. Mais que pense donc Lucien des accommodements dits raisonnables? Ça n’intéresse personne mais on lui demandera bientôt.
Société schizophrène
Pas étonnant que les blogues aient la cote. Lagacé, Arpin, Martineau, Blanchette, Alouette. Quand on ne s’intéresse à rien, on s’intéresse à tout.
Lundi, 29 janvier 2007, Montréal (suite et fin)
Personne n’est à l’abri de l’attrait du people. Cet après-midi j’écoute Guy A. Lepage assis derrière moi au café du quartier. Il raconte des gags qui tombent à plat. Je me surprends à tendre l’oreille à son C’t’une fois un gars qui arrive devant Saint-Pierre… Au fait, vous saviez que l’Abbé Pierre était mort cette semaine?
Je délaisse Guy A pour le Journal de Montréal. J’ai peur d’attraper la gastro tellement le sujet innonde le-dit journal depuis deux mois. Bref.
André Drouin, le conseiller municipal d’Hérouxville en Mauricie qui a enfin interdit la lapidation et l’excision des femmes sur son territoire, reçoit des tonnes de courriels. «Le commentaire qu’on lit le plus souvent, c’est qu’enfin, quelqu’un a mis ses culottes.» Quant à choisir son cinq minutes de gloire…
Lecture du courrier de Louise Deschâtelets.
Problèmes d’hygiène, de couple, d’argent; ça me détend.
Pendant ce temps,
Mario Dumont gagne des votes
André Boisclair en perd
Ken Dryden n’a plus de chandail
Mais Guy A est toujours là.
Vendredi, 26 janvier 2007, local J-4315, UQAM, 11h40
L’Armée canadienne recrute dans les écoles de journalisme du pays. Neuf chanceux iront cet été sur la plus grande base d’entraînement au monde apprendre les rudiments du métier de journaliste de guerre. Directement d’Alberta, le Capt. St-Denis interrompt le cours: «Do you mind if I speak english, Je ne parle pas français».
Proposition: devenez journaliste en CanAfghanistan avec le célèbre Royal 22e Régiment. «On a tout recréé sauf les Afghans. Ce sont des vrais… Ils parlent même l’Afghan!» 100 $ par jour, 15 heures par jour, durant 16 jours. Je calcule: moins que le salaire minimum mais «A great portfolio!» Personne ne rit… je ne comprends pas.
Vous mourrez? On vous réssuscite dès le lendemain. En prime, vous ferez un tour d’hélicoptère. C’est excitant pour des petits soldats du journalisme. Et hop! la vidéo explicative. Je calcule encore: une session universitaire c’est 200 $ par cours, 45 heures d’enseignement. Donc, ce 1/3 de cours assiégé par l’armée = 4 $ par tête.
Je quitte, question de combattre le chaos. Le bureau des plaintes est fermé. Si l’éducation vous intéresse…
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