Fringe 2007: Journal de voyage

Numéro 82

21 au 28 juin 2007

Un texte de
Caroline Pelletier

Publié le 21 juin 2007 dans
Culture, Théâtre

Fringe 2007: Journal de voyage

Mon premier Fringe.

Je m’apprêtais à vivre un véritable voyage initiatique. Comme les saisons théâtrales régulières étaient bel et bien terminées, le buffet Fringe tombait à point. Le temps de trouver le point de départ, au coin de Saint-Laurent et Rachel, de boucler sa ceinture et d’avaler quelques Gravol.

Premier arrêt: MainLine théâtre. Un escalier étroit nous conduit à l’étage, où une grande pièce aménagée en salon, avec ses divans, ses fauteuils et ses tables basses, fait patienter les spectateurs avant les représentations. L’endroit, en rien prétentieux, rassure. On se sent chez soi.

En apéro, Les Parents Terribles, du Théâtre des portes qui claquent. On y retrouve le style éclaté de Cocteau et le sens du drame des comédiens, exploité par une mise en scène expressionniste, nous offre un moment de théâtre très coloré, malgré le décor en noir et blanc.

De la comédie dramatique, on passe à un one man show émouvant, celui de Novecento, le plus grand pianiste que l’océan ait porté. Avec humour, éloquence et sensibilité, Bruno-P. Lafleur nous transporte sur le Virginian, grand bateau de croisière qui fût témoin de cette «musique qui n’existe nulle part» dont jouait Novecento.

Retenir, laisser aller

Comme les émotions fortes ouvrent l’appétit, un arrêt au puit s’impose. Destination: parc des Amériques, où bière froide et rock accrocheur du trio montréalais Boo Hoo ont de quoi sustenter les plus affamés. En s’éloignant de la place, je ne peux résister à l’envie de danser en pleine rue, mais tout compte fait, me retiens.

Le kiosque de chow mein à 2$ a tôt fait de nous ramener sur terre. On empoigne un plat et on se dirige au Mai (Montréal, arts interculturels), pour voir le «work in progress» Station 2, création multidisciplinaire qui s’interroge sur l’attente. But de l’exercice: cesser d’attendre, et vivre! Ça m’a convaincue et j’ai quitté la salle en courant.

De retour sur Saint-Laurent, l’événement La «Main» s’éclate! bat son plein. Au coin de Prince-Arthur, on n’a d’autre choix que de se laisser entraîner aux rythmes de la musique latine en provenance de la ScèneFiesta Corona. On se croirait sous les tropiques.

Le thermomètre dépasse les 30 degrés, les danseurs investissent la rue, qui s’est transformée en une énorme piste de danse pour l’occasion et le monde est beau. Il ne manque que les palmiers, les filles en bikini et un gros bedonnant, rouge comme un homard, pour se sentir dans un Club Med.

Avant de passer au dessert, une compagnie de cellulaires nous invite à venir nous «matcher» avec un chien qui nous ressemble. On accepte, fait la grimace, bave un peu, attend un nonosse en échange et puis la queue entre les deux jambes, dernier arrêt: Le Pénétrarium, du Théâtre AcharnéE.

Sa mission: «pénétrer les tabous, réveiller les passions». Après les positions les plus «ambitieuses» du Kâma Sûtra et des orgasmes dignes d’un opéra, on s’exposait à l’indigestion.

Au retour à la maison, c’est petite tisane à la camomille pour une soirée qui finalement ne faisait que commencer. On se promet d’y revenir l’an prochain, pour un autre buffet.


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