Garder l’Ectropion ouvert

Numéro 55

1er au 7 décembre 2006

Un texte de
Julie Delporte

Publié le 1 décembre 2006 dans
Culture, Livres

Garder l’Ectropion ouvert

Le samedi 25 novembre, j’ai rencontré Ectropion. Un gars bien sympathique qui m’a plu tout de suite avec ses couleurs (je suis sensible à la parade, faut croire…).

Il est nommé d’une maladie qui oblige les personnes atteintes à garder l’œil ouvert (sur les horreurs du monde?). C’est pas moi qui l’ai trouvé, non, c’est un charmant barbu qui me l’a expliqué à Expozine, le salon de la «chose imprimée indépendante», comme le dit si bien avec son accent anglophone Louis Rastelli, papa des Distrobotos et du salon en question.

Revenons au charmant barbu – il avait du vin rouge caché sous sa table d’expo! – qui m’a vendu son fanzine en moins de deux pour trois dollars… Il venait de rencontrer en chair et en os pour la première fois un de ses poètes du dernier numéro: «Ben ça alors, moi je t’imaginais très grand puis… Tu viendras au lancement et… On va trinquer avec la bouteille des auteurs!» Cela m’a donné l’envie furieuse de leur envoyer mes textes pour faire partie de la gang…

Rentrée chez moi, je tente d’identifier le charmant barbu comme l’un des éditeurs (Danny Plourde ou jp (Jean-Philippe) Tremblay, ça reste un mystère). (Autre parenthèse, je suis également allée m’informer sur ce qu’est un ectropion et apparemment, c’est aussi un souci gynécologique – encore un – sur je vous laisserai vous-même chercher les détails.)

J’ai donc lu l’affaire moitié dans mon bain, puis moitié à l’Esperanza où je me réfugie les dimanches soirs – quitte à être victime d’une mode, autant y aller jusqu’au bout –– et les textes m’ont paru inégaux, ce qui est finalement l’adjectif qu’on peut appliquer à presque toutes les publications du genre.

Mais au milieu de la vingtaine de textes, j’ai quand même trouvé la perle rare, même si les «vrais poètes honnêtes» qui écrivent là-dedans sont un peu des enfants copieurs de Bukowski (du cul, du vomi, du sang et des trucs dégoûtants), je crois que je les aime bien.

+++

Si vous mettez la main sur l’Ectropion, collectif de «crémation» littéraire (qui aime à traîner dans Montréal au Chercheur de Trésors, à L’Écume des jours et à L’Insoumise), voici parmi ses poèmes rebelles mes préférés: 250 $ de Danny Plourde, Depuis que j’ai vu l’entretoit je ne crois plus aux plafonds suspendus de Daniel xxx, Je suis une secrétaire de Géraldine Bureau et Lucide de jp (Jean-Philippe) Tremblay.


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