Guide: comment retrouver le prénom de quelqu’un de manière subtile

Numéro 163

9 au 15 octobre 2009

Un texte de
Xavier K. Richard, Julien Cayer et Catherine Bélanger

Publié le 9 octobre 2009 dans
Idées, Société

Guide: comment retrouver le prénom de quelqu’un de manière subtile

La vie étant ce qu’elle est, il arrive qu’on ne se souvienne pas du nom d’une jolie fille, d’un joli garçon, ou pire, de cette personne que vous croisez tout le temps, mais qui, elle, pourtant, se souvient toujours du vôtre.

Petit guide de survie.

La base de la «nulliness»

C’est bien connu, personne ne souhaite paraître nul aux yeux d’autrui. Et Dieu sait qu’un des moments de vérité de cette «nulliness» consiste à s’affirmer dignement dans une conversation, question de ne pas avoir l’air touriste et de prendre son trou.

Avoir l’air touriste, c’est embarrassant pour tout le monde. Donc, règle générale (c’est la société qui le dit), on DOIT se souvenir du nom des gens.

Car ne pas se souvenir d’un nom, ça veut dire que:

A. tu l’as oublié, donc que tu n’as pas une grande mémoire, et que tu es quelqu’un de faible avec des lacunes physiques;
B. tu n’es pas doué pour les noms, ce qui reste une excuse lamentable (à éviter);
C. les gens ne t’intéressent pas, que toi, juste ton nombril t’intéresse, anyway, ou celui de ta mère;
D. tu fais de l’attitude.

Dans tous les cas, tu es perdant. Et risques de te retrouver dans une situation comme celle-ci:


Évidemment, si tu pouvais te sauver de cette situation, te cacher dans les fleurs de la tapisserie, disparaître, tu le ferais. Ou encore faire un tour de magie pour distraire les convives et ainsi mieux déguerpir.


Mais dans la vie, ce n’est pas comme ça que ça marche.

2. La méta«nulliness»

La «nulliness» 2e degré, c’est ce que vous redoutez le plus comme situation sans vraiment l’avoir vécue, parce que, instinctivement, vous avez toujours su l’éviter quoi qu’il arrive.

Ou alors vous avez déjà vécu cette situation, mis les pieds dans les plats de manière si intense que votre premier réflexe a été de l’effacer de votre mémoire.

Quoi qu’il en soit, éviter la «nulliness» 2e degré, et encore plus la méta«nulliness», où vous discutez ouvertement de votre oubli, une manière d’essayer de rigoler d’un sujet qui vous embarrasse profondément. Ça peut vous tirer d’embarras momentanément, mais le malaise persiste. Si vous vous risquez à oublier une nouvelle fois le nom de la personne, alors là c’est cuit pour toujours.

Surtout, n’insistez pas. Idem pour essayer de trouver un nom perdu. Vous avez une chance sur deux que la fille, son nom soit Marie-quelque-chose, on s’entend, mais à quoi bon essayer de trouver?


3. Prendre un risque

Il y a mieux pour retrouver le prénom de quelqu’un: le faire de manière subtile. Et pour ça, il existe des trucs. Pas 100 000 trucs. Disons un, peut-être même deux si on compte le recours aux téléphones mobiles et autres gadgets de jeunes.

Les nouvelles technologies à la rescousse des handicapés des noms, qu’on appelle ça.


Retrouver le prénom de quelqu’un de manière subtile, c’est avant tout prendre un risque. Celui du kamikaze qui n’a rien à perdre sauf sa réputation de personne normale qui retient le nom des gens.

Que les plus amnésiques se consolent. Il existe bel et bien un truc infaillible: présenter l’«étranger» ou l’«étrangère» à une autre personne. Il n’en tient qu’à vous, au moment très précis des présentations, de faire abstraction de tous les bruits environnants et d’enregistrer.

Et de surenchérir. Très vite.


On s’entend que, dans un monde idéal, il y aurait des post-its et des nametags partout. Les gens prononceraient leur nom à toutes leurs phrases, à toutes les occasions, et vous seriez juste pas obligé de tout retenir, parce que les noms reviendraient continuellement.

Pour certains, c’est vers ça que nous mènent les réseaux sociaux: un discours constitué que de mots-clés, une sémantique lourde, mais qu’on peut googler live, le fameux 5 à 7 mis au goût du jour, mais updaté en temps réel sur Facebook.

Ça serait utile, mais en même temps, hyper chiant, comme le démontre cette dernière vidéo.

L’important, c’est de rester subtil.



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11 commentaires
  1. ibsen says:

    j’ai ri 6 bonnes fois.
    et on veut la suite du potin sur martineau.

    merci pour ça!
    bon week-end.

  2. Rocklapin says:

    haha malade nostalgie urler

  3. Charles says:

    Un bon truc c’est de demandé le courriel. Si on a de la chance le nom y est inclus. Et si vous êtes universitaire, demandé le courriel institutionnel : prénom.nom@umontreal.ca, ou nom.prénom@uqam.ca ça marche toujours.

  4. Charles says:

    … c’est de demander …

  5. Patoche says:

    ha ha c’est drôle!!
    La réalité augmentée nous sauvera bientôt de l’embarras :)
    http://www.youtube.com/watch?v=tb0pMeg1UN0

  6. Georges says:

    Je prend des notes, merci … heumm … Corine? Jasmin?, ahhwww … vous deux là.

  7. Rocklapin says:

    Cayer le prochain Grondin?

  8. says:

    Intéressant, mais il serait génial de le faire à l’inverse, avec les trucs… J’en ai des tonnes, certains tordus, on le fait ?

  9. says:

    (J’adore tout de même la perfo, faut dire.)

  10. Marie-Claude says:

    Bravo.

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