Guide du «high five»

Numéro 142

20 au 26 février 2009

Un texte de
Xavier K. Richard et Julien Cayer

Publié le 20 février 2009 dans
Idées, Société

Mon amie Corinne ne possède pas la science du «high five». Elle redoute les moments de joie où pourrait survenir son emploi et, lorsqu’elle y est confrontée, rate la plupart de ses tentatives. Je lui dédie ce guide du «high five».

Au-delà du caractère mâle du geste qui consiste à manifester son plaisir avec la main et un «yeah!» bien senti, le «high five» est peut-être la façon la plus directe de signifier son approbation. Mieux: une approbation complice et teintée de fun.

Par exemple: si le «high-five» était diplomatiquement admis, on imaginerait bien Barack Obama s’en servir sans retenue à toutes les sauces.

C’est bien la preuve que, comme on a juste une chance de faire une bonne impression, le «high five» reste la meilleure façon de saluer quelqu’un tout en lui livrant un message d’amitié.

Voici ce que donne un «high five» bien exécuté:


Communément appelé «tape-là-dedans», «tape-dans-la-mite», ou «donne-m’en-cinq», le geste du «high five», pourtant, en intimide plus d’un, et cela, pour quatre principales raisons:

1. Peur de se faire mal.

2. Peur de manquer son coup et d’avoir l’air ridicule.

3. Peur de ne pas y croire assez et d’avoir l’air de faire semblant d’avoir du fun.

4. Peur de s’associer à une culture de la virilité masculine simplette et bornée (pour les filles).

Voici un exemple d’un «high five» craintif:


La liste pourrait être longue. Un autre facteur important de cette crainte provient aussi des gens eux-mêmes. Certaines personnalités ne concordent juste pas avec le «high five», comme d’autres ne sont pas à l’aise avec la poignée de main, cela à cause d’une pléthore de facteurs psychologiques trop compliqués pour les expliquer ici.

Par contre, malgré toute la bonne volonté du monde, il se peut parfois que, même en désirant provoquer un «high five», celui-ci ne survient pas.

C’est dire que magré l’universalité du geste, vous ne pouvez pratiquer le «high five» qu’avec des gens précis car ça reste une pratique d’initiés.

En voici la preuve:


Pourtant, la technique du «high five», comme celle de la poignée de main, est l’une des plus rudimentaires qui existent. Plus simple encore que Roche, papier, ciseaux. Plus simple, tu meurs.

Pourquoi donc rater ses «high five»? Première leçon: savoir avoir du plaisir ou, au pire, savoir comprendre le plaisir de l’autre.

Une fois ce terreau mis en place, vous verrez, ça sera beaucoup plus facile de marquer votre enthousiasme grâce au «high five». On peut maintenant prendre le temps de se familiariser avec les cas de figures du «high five».

1. Le «high five» raté.

C’est le scénario que tous redoutent. Voici un exemple de «high five» raté et qui crée un malaise.

Si heureusement le malaise a le temps d’être esquivé, reste toujours le danger de faillir dans la livraison de votre message, comme le montre ici ce vidéo:


Il est impensable de le récupérer. N’y pensez même pas, à moins d’avoir un ami bon samaritain qui vous laisse une deuxième chance.

Pensez aussi au timing, une notion très importante, comme le démontre cette situation:

2. Le «high five» poli.

Une fois que vous avez acquis le sens du timing et n’êtes plus trop intimidé par les «high five», il est possible que votre entourage ne soit pas encore au courant de votre entrainement soutenu et vous imagine encore réticent à poser le geste. Ce qui donne des situations de «high five» polis.


N’hésitez pas à diffuser la bonne nouvelle comme quoi vous vous entrainez. De la sorte, vous dissiperez toute suite l’effet de surprise chez vos amis qui pourrait nuire à votre progression et à l’éclosion de votre talent.

3. Le «high five» blagueur.

Le moment est venu d’improviser des gags pour solliciter vos amis à vous taper dans la main. Ils doivent se dire: «Ah oui, avec lui (ou elle), on ne sait jamais où un simple “high five” peut nous mener!»

Voici un exemple d’une façon de ni plus ni moins réinventer la pratique du «high five»:


Ou encore celui-ci:


Par contre, il ne faut pas abuser. C’est pas parce que c’est drôle pour vous que c’est drôle pour tout le monde. Mais ça, vous vous en doutiez sûrement.

4. Le «high five» vigoureux.

L’étape suivante consiste à tester votre résistance. Certains diront que cette pratique relève plus du domaine masculin mais une fille avertie en vaut deux.


5. Le «high five» avec combinaison.

Enfin, pour les experts du «high five» qui désirent flirter à l’occasion avec les poignées de main audacieuses, vous pouvez tenter les combinaisons. Divers mouvements peuvent alterner et, parmi les combinaisons, vous pouvez même en glisser certains de votre cru.


L’idée n’est pas d’exagérer la vitesse de sa démarche d’apprentissage.

Si vous sautez des étapes, vous risquez: A) de passer pour un dude ou un ami d’Éric Lapointe B) de perdre des amis.

Soyez vigilants et bon entrainement!

Pour plus de renseignements, visitez:

Le site de la journée annuelle du «high five»
Le joueur de softball Glenn Burke, le gars qui aurait inventé le «high five»

Merci à Julien Cayer pour le coup de main sur les vidéos.


Collaborez, vous aussi, au magazine P45, ou envoyez-nous vos idées pour les chroniques Approuvé-réprouvé ou encore P45 hebdo: courrier [à] p45.ca.

Discussion

Appréciations
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17 commentaires
  1. mmi g says:

    nice performance de high five. mérite un oscar! j’adore la variante du hey, accompagnant les high five.

  2. Julien Cayer says:

    Quels acteurs, n’est-ce pas?

  3. similisim says:

    Très très informatif! Voici un truc pour les débutant qui n’obtiennent pas un beau “clac!”: il suffit de garder les yeux sur le coude de votre vis-à-vis.

  4. gynocrate says:

    Le jeu est tout en finesse. La peur, on sent tellement la peur dans le highfive raté. Vraiment réussi.
    Rien de plus triste qu’un high five solitaire.
    Cependant, le highfive nest pas typiquement masculin.

  5. Corinne says:

    Wow. Merci. Avec ça, je devrais être capable de décocher un high five potable d’ici le 16 avril – journée annuelle du give me five.

  6. jeanaymeri says:

    Bon post j’ai apris pleins de truc ! :) je crois que quand meme c’est diplomatiquement admis de faire des High Fives !

    Obama:
    http://www.youtube.com/watch?v=82_ldGWqLOU

  7. Marie-Claude says:

    Il manque la variante fist bump, popularisée entre autre par le couple Obama. Plus facile à réussir. Julien, je sens que tu vas devenir une coqueluche du web…

  8. Charles says:

    @ Marie-Claude

    Il ne faut pas confondre «high five» et «fist bump»!… Ce sont deux disciplines bien différentes… C’est un peu comme si tu disais que le karaté c’est la même chose que le tai chi… tsé

  9. says:

    Au studio de design graphique Uniform, ils sont spécialistes du « high-five » depuis bien longtemps. Utilisé avec force et ardeur lors des fin de projets de design, l’effet de frappe est si fort qu’il est impossible de remettre sa main sur la souris pour oser une correction client de dernière minute. Le geste est rempli de satisfaction, de partage et de sentiment de FIN. Il est important d’avoir fait « Send » sur le courriel du client avant le geste. Nous le pimpons parfois de la voix de Borat au moment de la frappe, y ajoutant aussi le « Great Success » ou le « Very Nice ». Merci pour ces performances, j’aime bien l’acte manqué avec magazines et aussi la voix off qui dit « Karkwa ? La façade ! » dans le premier vidéo.

  10. Maxime says:

    Un calisse bien placé me fera toujours autant rire…

  11. Marine says:

    Et que dire d’un cheerios, bien placé, qui fait bien rire le protagoniste.

  12. nicola says:

    hahaha.
    très fort. vraiment.

  13. Marie-H says:

    Oulala, Bravo ! très drôle !

  14. M says:

    ahah, très instructif

  15. Ms. says:

    On dirait la technique du cassage de Brice de Nice made in Québec

  16. [...] vidéo est étrangement proche de notre guide du «high five»… [...]

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