Les habitations en béton blanc pour peuple de fourmis qui étendent leur linge sur leur perron d’un mètre cube défilent à pleine vitesse derrière les multiples rayures noires des fils électriques qui montent et descendent frénétiquement devant moi.
Il est encore tôt. Le soleil fait briller comme des reflets sur la mer les toits de tuiles japonaises qui sont parsemés ici et là dans l’étendue de béton. Les grues sur les toits plats dorment encore, comme de grands oiseaux de métal dont les silhouettes qui se découpent dans l’humidité sont ce qui a l’air le plus vivant dans le paysage. Le béton a déjà envahi tout le sol, se répand jusque dans la mer, et l’infection commence dangereusement à gravir la montagne.
Loin derrière le rideau blanc de l’air trop humide sont les montagnes bleues, des montagnes de contes anciens, dont les sommets sont gardés par des géants de métal. Les géants sont des techno-Atlas qui tiennent dans leurs bras éternellement étendus les fils fragiles de la techno-vie, les artères du monstre électrique qui grandit et qui respire, au pied des montagnes…
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