Histoires de feux d’artifice: la finale française

Numéro 193

13 août au 2 septembre 2010

Un texte de
Judith Lussier

Publié le 13 août 2010 dans
Culture, Sorties

Samedi soir, c’était la dernière de l’International des Feux Loto Québec présenté par Telus en collaboration avec la SAQ. C’est sans regret qu’on n’a pas assisté à la prestation de la France.

Pas plus qu’à celle du Canada, ni à l’hommage à Céline Dion.

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Photo: archives personnelles de l’auteure.

Bon, au début de l’été, on s’était dit que ça serait sympa, en tant que journaliste, de «couvrir les feux». On s’était dit qu’une passe gratuite pour La Ronde, ça ne se refuse pas. L’aventure s’annonçait excitante.

On prendrait des photos avec Francine Grimaldi au lac des Dauphins, on ferait comme quand on était ados et on irait boire une St-Idès sur l’île Sainte-Hélène en matant les feux, on dévoilerait à nos lecteurs les dessous du métier d’artificier, on infiltrerait une firme pyrotechnique suisse pour dénicher des scandales d’appels d’offres non respectés ou de fonds publics dilapidés. Franchement, tout était possible.

Mais rien de tout ça n’est arrivé.

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Photo: archives personnelles de l’auteure.

La beauté du hasard

Quand on a commencé à s’intéresser aux feux, on a vite réalisé qu’il s’agissait d’un spectacle qui se passe de mots. Tellement qu’on en est venu à avoir pitié des pauvres animateurs pris pour commenter l’incommentable à la radio partenaire Rythme FM. «C’était beau! Ça faisait comme des robes de mariée! Wow! La musique était vraiment synchro.»

Il n’y a rien à redire sur des feux d’artifice. Il s’agit d’un art aléatoire dont la maîtrise dépend autant du budget de pétards que de la volonté de Dieu. Tout au plus, on peut y apprécier la beauté du hasard.

Devant cette évidence, on s’était dit qu’on allait faire un genre d’écriture Gonzo, qu’on décrirait plus ce qui se passe autour des feux que les feux eux-mêmes. Mais même ça, ça s’est avéré limité. Et encore fallait-il trouver des amis prêts à nous accompagner dans des «situations de feux d’artifice».

À la fin, on avait peur de devenir casse-pied.

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Photo: archives personnelles de l’auteure.

On a tout essayé

On a tout essayé. On a même voulu trouver des angles alternatifs, comme les pétards de dépanneurs de campagne, ou encore essayer de fabriquer des feux d’artifice maison à l’aide d’une vidéo dénichée sur YouTube.

Mais le cœur n’y était plus.

Puis, le commentaire d’un quidam sur Twitter est apparu comme une révélation : «Moi, les feux d’artifice, ça me laisse pas mal indifférent.»

En en parlant avec d’autres, on s’est aperçu qu’il s’agissait d’un sentiment généralisé.

Pourtant, un courriel reçu au printemps de la part du concours pour devenir juge de feux d’artifice laissait plutôt présager un engouement profond pour l’art pyrotechnique au Québec: «Nous avons reçu beaucoup de candidatures pour le nombre de juges requis et nous sommes désolés de vous apprendre que vous n’avez pas accédé à la seconde étape.»

C’est triste quand même. L’International des Feux Loto Québec présenté par Telus en collaboration avec la SAQ est l’une des plus importantes compétitions pyrotechniques du monde. Et c’est à Montréal que ça se passe. On devrait être fier de ça.

C’est peut-être à cause que ça pollue, que ça paralyse le centre-ville chaque samedi soir ou que c’est très cher, qu’on n’aime pas ça tant que ça, finalement, les feux d’artifice.

Ou c’est peut-être simplement parce qu’on est frustré d’avoir été refusé au second tour du concours de juges de feux d’artifice.






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