Histoires de feux d’artifice: la Pologne

Numéro 191

4 juin au 1er  juillet 2010

Un texte de
Judith Lussier

Publié le 28 juin 2010 dans
Culture, Sorties

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Les feux de la Pologne ont été concoctés par la Surex Family Company. Photo: Nicolas Ritoux.

Les feux d’artifice, c’est épatant, mais pas tant que ça. P45 a mandaté la journaliste Judith Lussier pour vulgariser l’affaire et démontrer que l’action, elle se passe autant dans le ciel qu’au sol chez les spectateurs.

Samedi soir, c’était la troisième présentation de l’International des Feux Loto Québec présenté par Telus en collaboration avec la SAQ.

Comme la Pologne était à l’honneur et que le mur de Berlin est tombé depuis 20 ans déjà, on a décidé de se la jouer antiprolétaires à fond: on est allés mater les feux sur une chic terrasse du Vieux-Port.

Terrasse Bonsecours

Comme on ne connaît absolument rien au Vieux-Port, on a invité des Français qui ont déjà été assez touristes pour nous guider sur ce territoire inexploré. Ils nous ont tout d’abord proposé la Terrasse Bonsecours. Si vous voulez un bon exemple pour illustrer l’expression française «se la raconter», allez visiter cette perle de prétention.

On a payé l’entrée à 10$ pour se faire dire plus tard que, pour avoir accès à la terrasse qui donne sur les feux, fallait acheter au moins deux bouteilles.

Nous: «Oui, mais il est vide, ton bar».
Elle: «Euh, c’est parce qu’on est un cluuuuub.»
Nous: «Ouin, pis?»
Elle: «Ben ça va se remplir à 11 h seulement».
Nous: «Oui, mais les feux c’est à 10h, est-ce qu’on peut y aller en attendant que ton club se remplisse?»
Elle: (Regard dans les airs qui veut dire «les feux… we’re so above that».)

Vu qu’on avait déjà payé le cover, on a bu nos bières à 6$ servies dans des verres de plastique, on a ruminé, on a commenté le look 450 des filles (serveuses incluses), on s’est sentis comme à Trois-Rivières, on a laissé un mauvais pourboire, pis on est partis pour se trouver un meilleur spot avant les feux. Au pire, le pont, ça le ferait…

L’Azimut lounge

C’est alors que sur notre chemin, on a croisé un yacht-club: l’Azimut lounge. Si on avait été traités comme des merdes à la Terrrasse Bonsecours, on allait tout simplement être refoulés à l’ultra-VIP club de la marina.

On s’est approchés du portier. On s’est essayés.

Nous: «Est-ce que c’est… privé?»
Lui: «Avez-vous des réservations?»
Nous: «Nan»
Lui: «OK, voulez-vous juste prendre un verre?»
Nous: «Euh… oui?»
Lui: «OK, pas de problème, entrez, on a des tapas aussi si vous voulez». (sourire)

Quand on est satisfaits, faut le dire: à l’Azimut lounge, on a eu le meilleur accueil du monde. Même si on avait l’air pauvres, on a été acceptés sans sourcillement, sans air hautain, on s’est même fait proposer des belles places, à côté de la colonne, pour ne pas cacher la vue des riches qui avaient réservé quand même. Mais gentiment. La classe quoi.

Comme quoi, quand t’es riche pour vrai, t’as pas vraiment besoin de faire sentir l’autre comme une merde. C’était magique.

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Des amoureux admirant les feux de la terrasse de l’Azimut lounge. C’est aussi ça, les feux d’artifice. Photo: Nicolas Ritoux.

J’étais déjà allée en Pologne. Juste avant que le pays n’adhère à l’Union européenne et qu’une horde de plombiers ne déferle dans tous les pays européens. Avec deux zlotys, t’avais une bouteille de la meilleure vodka du monde.

Les bars étaient remplis de jeunes polonaises court-vêtues à la recherche d’un mari riche. Ça dansait sur les tables et ça mettait le feu aux comptoirs sur de la musique de Garou. Allez savoir pourquoi, les Polonais ne se peuvent juste plus avec Garou.

Je n’ai donc pas été étonnée d’entendre, du yacht-club où le DJ a cédé les platines un moment à la radio partenaire des feux 105,7 Rythme FM, Sous le vent, avec Garou et Céline.

C’était un message. Un message du fond du cœur, des Polonais, à nous-mêmes, les Québécois, comme pour nous dire: «Vous savez, on est de l’autre côté de l’océan, mais vos chanteurs, on les connaît, et on vous aime.»

Le spectacle intitulé «Croire» se voulait un hommage au compositeur Chopin, dont c’était le 200e anniversaire de naissance. Et, même si la trame sonore était presque entièrement constituée de musique de film (dont un des Français à côté de moi connaissait absolument toutes les têtes d’affiche), on y «croyait» vraiment.

Note: 9/10


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1 commentaire
  1. Judith says:

    L’endroit a récemment changé de nom.
    http://www.facebook.com/#!/group.php?gid=122510571102670&ref=ts

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