Private: La 2e porte à gauche: la danse hasardeuse

Numéro 66

2 au 8 mars 2007

Un texte de
Marie-Ève Corbeil

Publié le 2 mars 2007 dans
Culture, Danse

Private: La 2e porte à gauche: la danse hasardeuse

Je suis toujours avide de découvrir des propositions chorégraphiques qui sortent de l’ordinaire. Et à Montréal, celles-ci se font assez rares!

Feuilletant la programmation de la Nuit Blanche, j’ai donc appris avec excitation que La 2e porte à gauche, une troupe de la relève, proposera Blind date: un rendez-vous chorégraphique à l’intérieur et à l’extérieur de la 5e salle de la PDA.

Curieuse d’en savoir plus sur La 2e porte à Gauche et sur cet événement inusité, j’ai discuté avec deux membres de la compagnie, Frédérick Gravel et Katya Montaignac qui veulent faire découvrir la danse contemporaine à Monsieur, Madame tout le monde.

Sort de ce corps!

Sans détour, je demande à ces iconoclastes pourquoi ils choisissent d’investir des lieux publics, comme ce sera, en partie, le cas avec Blind date. Car, contrairement à bon nombre de leurs confrères, ces artistes ne se reposent donc pas sur leurs lauriers…

«Ce qui nous intéresse, au fond, c’est de prendre possession des espaces qui sont libres. On sort la danse des lieux traditionnels pour entrer en contact avec le public non convié, celui qui n’a pas d’attentes. C’est contraignant d’une certaine façon, mais c’est ce qui nous stimule», explique Frédéric.

Le danseur et chorégraphe trouve aussi que les spectateurs initiés sont parfois un peu compliqués. «Le public officiel n’aime pas nécessairement être bousculé, puis est assez réduit. En plus, tout le monde se connaît… Bref, on cherche à être confrontés à des gens qui n’attendent pas sagement le début de la représentation…»

Dans le cadre de Blind date, en effet, quinze interprètes tenteront d’établir une communication avec les spectateurs qui déambulent. Séparés en deux groupes – postés à l’intérieur et à l’extérieur de la salle – ceux-ci se serviront du téléphone (le public pourra aussi l’utiliser) et d’une caméra.

Enthousiasme, Katya Montaignac m’a révélé quelques détails sur la soirée… «D’abord, on souhaite que l’équipe dans la salle ne se contente pas de rester sur le «stage», faut que ça déborde…Un des bouttes «le fun», c’est que les gens deviendront, à un moment donné, les metteurs en scène. À l’aide de pancartes et en leur posant des questions, les danseurs finiront par exécuter le scénario déterminé par le public. Dehors, les gens, eux, danseront dans les chorégraphies des performeurs…»

La jeune femme me parle de ses désirs inavoués pour ce rendez-vous chorégraphique. «C’est vraiment un “blind date”, puisqu’on ne sait pas ce qui se passera, et le passant ne peut prévoir s’il aimera la danse. L’intérêt réside dans l’inconnu, la rencontre. J’espère aussi qu’il y aura quelques coups de foudre…», ajoute en riant l’interprète.

Et après ça, faudrait arrêter de se plaindre que le milieu de la danse est hermétique…

Blind date: un rendez-vous chorégraphique est présenté durant la nuit du 3 au 4 mars, de 23h à 3h, 5e salle de la Place des Arts.


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