La job la plus poche d’Osheaga

Numéro 84

14 au 20 septembre 2007

Un texte de
Xavier K. Richard

Publié le 14 septembre 2007 dans
Chroniques, La job la plus poche

La job la plus poche d’Osheaga

Afin d’aider nos jeunes lecteurs dans leur choix de carrière, nous continuons notre quête de l’emploi le plus déshonorant, le plus pathétiquement merdique, le plus bas dans la chaîne alimentaire du statut professionnel.

Cette fois, nous faisons la connaissance de Philippe, animateur de foule pendant le festival Osheaga.

Donc tu danses avec les gens pis leur parle de la compagnie que tu représentes, c’est ça?
Ouiché pe pè sa.

Tu peux enlever ton masque si tu veux.
Ok. Oui, je fais de la promotion, pour monsieur ici.

T’as quel âge?
22 ans.

T’es toujours aux études?
Oui, en enseignement primaire.

Issh, les gamins, ils ne vont pas badtripper avec un prof déguisé en lapin qui leur vend des trucs en dansant comme un singe?
Hein? Ben non.

Pis comment t’es arrivé à faire ça?
Ben c’est l’amie d’une amie qui travaille pour monsieur ici, pis elle avait besoin de gens pour venir danser. Moi, je danse dans les clubs pis toute mais c’est la première fois que je fais ça.

Est-ce que tu penses répéter l’expérience?
Si monsieur me rappelle, moi je veux bien répéter l’expérience.

Pis y’a un répondant, côté filles?
C’est sûr que ça marche plus avec les filles qu’avec les gars. Mais tsé, avec le masque, je peux pas tellement avoir d’eye-contact avec elles. Oups monsieur n’aime pas ça que je passe en entrevue…

Monsieur qui, coudonc. Le petit-gros là-bas?

T’es checké à ce point?
Ben c’est sûr, faut que je retourne travailler.

Ok merci, Philippe.
Merci à vous, Radio-Canada.



Resté sur notre faim, on a scruté les horizons du Parc Jean-Drapeau à la recherche d’une autre job poche. C’est du côté du MEG qu’on a trouvé André-Anne.

Salut. Tu ramasses les déchets des festivaliers, c’est ça?
Oui, mais juste les déchets recyclables. Si tu regardes bien sous les verres à bière en plastique, c’est écrit. Même ces verres-là sont recyclables parce qu’ILS SONT FAIT EN AMIDON DE MAÏS! MAIS J’AI AUCUNE DONNÉE CHIFFRÉE!

Pourquoi tu cries?
Ah, ben je pensais que la toune qui jouait s’en allait en crescendo…

Euh… Comment t’es arrivé là alors?
C’est ma coloc qui est déjà bénévole pour le festival. Ils avaient besoin de monde, en fait je viens juste d’arriver.

Est-ce que tu connaissais les groupes un peu?
Oui, oui. Oui. C’est pour ça que je suis ici! C’est comme un deux pour un.

Tu fais quoi dans la vie?
J’étudie en soins infirmiers.

C’est pas une job poche, ça, ramasser les vidanges?
Non, non, ça ne convient pas à tout le monde, mais moi je côtoie des gens qui trippent vraiment à faire du 80 heures semaines là-dedans. Je te dis, ils ne parlent que de ça. Certains ne jurent que par ça, d’autres ont arrêté l’école pour faire ça. Mais je ne peux pas tellement en parler…

Pourquoi?
Parce que c’est de la gestion. Moi, je ne connais rien à la gestion.

Est-ce que tu penses répéter l’expérience, comme à St-Tite par exemple?
Non.


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1 commentaire
  1. Rocklapin says:

    sujet vraiment intéressent

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