La revue du mois de février

Numéro 143

27 février au 5 mars 2009

Un texte de
Annie Q.

Publié le 27 février 2009 dans
Chroniques, La revue du mois

La revue du mois de février

Février. D’habitude, c’est le premier mois où on recommence à être nous-même après nous être autohypnotisé avec des résolutions bidon.

Pour moi, février 2009 restera à jamais gravé dans ma mémoire comme étant le mois de l’innocence perdue, particulièrement après être tombée sur les illustrations du nouvel album d’Antoine Gratton.

Bien que les élucubrations d’Antoine m’aient passablement ébranlée, j’ai quand même réussi à prendre sur moi pour noter quelques autres événements ou phénomènes sociaux dignes de mention.

1. Le donk.

Sûrement un des styles de musique qui me fait de plus en plus douter de l’avenir de l’humanité (bon, le emo crunk arrive malgré tout bon premier), le donk est assurément ridicule, mais c’est aussi la seule raison de vivre pour un quartier complètement décimé du nord de l’Angleterre. OK, mais c’est pas une raison.

2. Labyrinthes, le nouvel album de Malajube.

Comment sortir un album touffu à tendance prog’ sans singles et malgré tout être aimé de tous? C’est fort.

3. La malédiction des «best supporting actress» aux Oscars.

Au début des années 1990, celle qui l’emportait dans cette catégorie était destinée à une carrière minable. On utilisait souvent l’exemple de Marisa Tomei, qui avait gagné pour My Cousin Vinny en 1992. C’est Penelope Cruz qui s’est ramené la statue cette année… devant Marisa Tomei, qui était en nomination pour The Wrestler.

Y en aura pas de faciles.

4. L’ONF 2.0.

J’espère vraiment que c’est dans l’optique de rendre disponible gratuitement tout son répertoire, mais en attendant, l’ONF a mis en ligne 700 films de sa collection, de toutes les époques: Le steak, Mon oncle Antoine, Bacon: le film, Ryan et plein d’autres.

Et enfin, j’ai pu mettre en contexte la citation: «J’ai jamais vu des gars qui pognaient des orignals (sic) à pas bouère de bière.» C’est de La bête lumineuse. Quel grand film.

5. Le mois de l’histoire des noirs.

C’est toujours les deux mêmes références douteuses qu’on entend: «ben oui, c’est fin ça, leur donner un mois froid comme ça», ou encore «c’est quand même le mois le plus court de l’année».

Cette année, avec Obama dans la place pour célébrer ce mois doublement historique de février 2009, je pense que personne ne s’est risqué à ternir la symbolique.

6. Les Appendices.

Quand j’étais plus jeune, j’adorais les Monty Pythons, les Young Ones et Kids in the Hall. Bref, toutes les séries d’humour à sketchs un brin absurde. À part pour les Chick ‘n’ Swell, disons que je n’ai jamais rien trouvé de comparable au Québec. Or, thank god for Les Appendices, nouvellement diffusés sur Télé-Québec.

En plus, les épisodes sont disponibles en ligne. Et peut-être, mais c’est un gros peut-être, que je suis un peu amoureuse de Julien Corriveau, qui remplacerait lentement mais sûrement Simon-Olivier Fecteau dans mon cœur.

7. Kovalev.

Une des raisons pour lesquelles j’ai charcuté mon nom de famille, c’est pour ne plus avoir à répondre à des «hein, t’es une Quenneville? Es-tu parente avec Claude? As-tu des billets de saison? As-tu déjà touché au crâne de Guy Lafleur?»

Bien que je pourrais répondre par l’affirmative à deux des trois énoncés précédents, je m’en fous. Je veux pas le savoir. Kovy, Kovy, c’est qui ça? Le frère evil de Saku Koivu?

8. L’imprimé.

Le lock-out du Journal de Montréal, les mises à pied chez Transcontinental, le nom de domaine du journal Bang Bang qui n’aura jamais été aussi évocateur de sa situation actuelle… It’s hard out there for a journaliste québécois.

9. Annie-versaire.

Février, c’est aussi le mois de ma fête. Par contre, c’est souvent le mois que les gens choisissent pour faire des dépressions post-partum ou attenter à leur vie. Au primaire, j’ai su trouver du réconfort dans ma condition de fêtée du mois le plus déprimant de l’année en me comparant avec mes compagnons de classe qui étaient nés durant l’été et qui se faisaient chanter «bonne fête» tous ensemble avant les vacances, comme des numéros, le 21 juin.

On dirait que la satisfaction de ce souvenir commence à se faner. Faudrait que je me trouve autre chose, un jour.

10. Black Feelings.

Toujours dans la veine des sentiments lugubres de février, voici un nouveau groupe dont j’ai vraiment abusé du MySpace (faute de record) ce mois-ci. Oui monsieur, Black Feelings va t’arranger ta dépression hivernale et te mettre des incantations psychédéliques derrière la cravate.

Comme une bonne dose d’Os Mutantes sans le soleil, et Amon Düül II sans les hippies. Ç’a pas d’l’air, vite de même, mais derrière ces comparaisons douteuses se cachent des compliments.


Collaborez, vous aussi, au magazine P45, ou envoyez-nous vos idées pour les chroniques Approuvé-réprouvé ou encore P45 hebdo: courrier [à] p45.ca.

Discussion

Appréciations
Tweets
2 commentaires
  1. A says:

    Julien Corriveau!!!!
    On est maintenant deux en presque amour alors!

  2. ariane l'infidele says:

    dsl mais moi et julien on va se marier dans une tite chapelle sul bor d’un volcan.

Commenter