La revue du mois de janvier

Numéro 139

30 janvier au 5 février 2009

Un texte de
Xavier K. Richard

Publié le 30 janvier 2009 dans
Chroniques, La revue du mois

La revue du mois de janvier

La revue du mois de P45, c’est le carnet de bord de nos collaborateurs sur le mois qui vient de s’écouler, une chronique aide-mémoire sur ce qui restera dans les annales et ce qui est déjà oublié.

Xavier Kronström Richard signe ici la première Revue du mois de P45 de l’année 2009.

Pour moi, janvier, c’est le mois le plus inerte de l’année. Il commence par une fatigue postparty et s’achève dans un certain anonymat.

Pourtant, il y a dans les 31 jours qui viennent de s’écouler un début de courbe, lent mais bien réel. Un élan qui accompagne cette idée qu’il y a des tonnes de beaux projets qu’on pourrait faire pendant l’année qui vient.

Janvier, au fond, c’est un début de courbe qui nous rapproche un peu plus de l’été. (Je suis comme ça, moi, un gars positif.)

Si je voulais résumer rapidement mon mois de janvier de l’année 2009, j’en ferais une énumération, genre: magazines, Obama, web, neige, Chine, Mathieu Pichette, Patrick Lagacé, lait de soya, Canadian Tire, MusiquePlus.

Ce qui donnerait quelque chose d’assez incompréhensible. Je vais donc opter pour la version longue.

Une liste de choses qui m’ont frappé en janvier:

1. Barack Obama.
Je me suis rendu compte avec le temps que beaucoup de gens ont pleuré devant les multiples consécrations de Barack Obama. Ça ne m’est pas encore arrivé. En fait, je n’ai jamais pleuré à cause d’un politicien. Je suis un mec sensible pourtant.

2. Gregory Charles.
Même s’il n’a pas vraiment fait partie de l’actualité de janvier, Gregory Charles était là, accroché à son imaginaire, un peu comme Serge Postigo, mais en vraiment mieux, préparant son prochain triomphe. Pendant l’investiture d’Obama, je pensais à Gregory. Je l’imaginais derrière le lutrin présidentiel et j’étais content pour lui.

3. Le deuil.
Pendant le mois de janvier, j’ai fait le deuil d’un projet littéraire d’envergure auquel j’attachais une symbolique forte. Je travaille à plus petite échelle et ça me plaît beaucoup plus. Du coup, ça ne m’a pas causé de problème. Des fois, je me demande si le cliché n’est pas trop exagéré et si «faire un deuil», en littérature, y a rien là, il n’y a pas de quoi en faire un drame. Mais les littéraires, ils aiment ça s’épancher.

4. Patrick Lagacé.
Ces derniers temps, j’ai fait une fixation sur Patrick Lagacé. Il incarne le pire du journalisme d’ego que je connaisse, en même temps, son écriture me plaît. Je suis toujours son blogue, pour une raison que j’ignore.

5. Le chien du gars d’en face.
J’ai un nouveau voisin. Il promène son chien le soir en courant. En fait, il se fait traîner par un pauvre petit griffon, il semble toujours essoufflé, en train de courir derrière l’animal. L’image m’a marqué: le gars qui court derrière sa vie, sans but autre que de ne pas irriter. En l’occurrence, ne pas irriter le chien en tirant sur la laisse. Surtout ne pas brusquer les choses.

6. Getting things done.
En janvier, j’ai commencé à m’intéresser à la littérature organisationnelle. J’ai acheté le célèbre livre de David Allen à ma copine pour Noël. Évidemment, c’est moi qui le lis. Verdict: occupe-toi de tes affaires. J’ai joué au Nintendo, aussi.

7. Le Bye bye.
J’ai commencé à compter les hystéries médiatiques qu’on subit une fois de temps en temps. J’en suis à 9. Dix avec le Bye bye.

8. Les filles.
Alors que janvier n’est pas du tout un mois de flirt, bizarrement, j’ai eu cette pensée: les filles ont, elles aussi, un genre. Mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

9. Le militantisme.
Plus que jamais, en janvier, j’ai eu à confronter une réflexion paradoxale que j’ai sur le militantisme. Je sais reconnaître, évidemment, les groupes sociaux et les gens qui octroient du temps à des causes nobles. En même temps, jamais je n’ai eu autant de difficulté à ne pas juger ces militants, coincés dans des idéologies bénignes mais bien réelles. J’ai l’impression que jamais je ne ferais confiance à quelqu’un qui croit. Je vais aller relire Nietzsche.

10. Les magazines.
Pendant que les journaux souffrent le martyre, la cuvée de janvier en terme de magazines a occupé plusieurs de mes soirées. J’ai aussi découpé plusieurs articles dans les journaux. Je ne sais pas quoi en faire, alors je les empile.

11. Le web.
Des fois, j’ai l’impression que je suis geek. Des fois, j’ai l’impression que tout le monde est geek. Trop geek. Des fois, ça me fait peur: je revois des images d’introvertis boutonneux qui s’échangent des stylos. Ils ont juste changé de forme aujourd’hui, mais restent les mêmes. Mais des fois, j’ai trop de temps pour penser.

12. Nightlife magazine.
C’est un peu le MusiquePlus des magazines. Je sais pas ce que ça va devenir.

13. Les soirées.
Je ne suis pas allé au 31 décembre du 400e de Québec. En fait, je ne suis pas sorti beaucoup en janvier. J’en ai profité pour me rapprocher de mes amis, je crois. «Bah dis donc… tu viens plus aux soirées?»

14. La Chine.
Janvier. J’ai beaucoup cuisiné asiatique, et jamais je n’ai eu autant envie d’aller en Chine. J’aime beaucoup la Chine.


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Discussion

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  1. MC says:

    Pis pourquoi, Mathieu Pichette? T’as pas expliqué? Le lait de soya non plus…Je suis curieuse.

  2. Pierre Jutras says:

    Salut Xavier

    Si tu aimes la Chine, lecture suggérée: Le Totem du Loup par Jaing Rong
    Fabuleux!

    Bon voyage

  3. xkr says:

    @ MC: Mathieu Pichette, des Pieds dans la marge, c’est vraiment le mec qui me fait le plus rire ces jours-ci. je lui voue un culte secret à base de lait de soya ;)

    sérieux, cette émission, Les pieds dans la marge, ils incarnent le fun. pour moi, c’est la preuve qu’on peut avoir vraiment du fun en télévision. c’est un grand soulagement pour moi.

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