Les 45 événements, personnes et choses qui ont fait P45

Numéro

23 au 30 octobre 2011

Un texte de
P45

Publié le 1 mai 2000 dans
Chroniques, La liste

p_5_45eve_0405Un magazine, ça ne sort pas de nulle part. Oh non, madame. C’est le résultat d’une longue évolution, le fruit d’un complexe processus de maturation des différents… ah, et pis fuck. Voici donc — pour expliquer d’où nous venons et où nous allons, et surtout pour nous présenter en bonne et due forme — d’une manière alphabétique et pratique, la liste tout à fait arbitraire et vraiment pas exhaustive des 45 événements, personnes et choses qui ont permis la naissance miraculeuse de P45 et en ont fait ce «petit bijou de journalisme sérieux et de qualité» (Le Grand Journal, TQS).

A, la lettre
Indispensable à de nombreux mots utilisés dans P45, tels qu’indispensable et à. Et la, aussi. Et aussi.

Acide
Ça ne s’explique pas vraiment, mais vous savez très bien que vous n’avez plus jamais été le même par la suite.

Aide financière aux étudiants
De toute évidence un ramassis de fonctionnaires immoraux et sans cœur. Mais ses prêts (pas ses bourses parce que, pour y avoir droit, il faut apparemment être une orpheline gaspésienne ayant la garde de 14 enfants quadriplégiques et particulièrement velus) ont quand même contribué à financer ce premier numéro de P45.

Albarn, Damon
L’artiste essentiel des années 90. Et en bonne position pour le rester encore quelques années, si la paternité ne le rend pas trop gâteux.

Années 20
Nous n’avons pas encore totalement abandonné l’idée de vivre dans un monde semblable à celui de Gatsby.

Années 80
Elles ont commencé alors que nous étions au début du primaire et se sont terminées en même temps que notre secondaire. Pas besoin de dire qu’elles nous ont marqués/traumatisés/enchantés/vraiment déformés.

Années 90
On a l’impression d’avoir beaucoup ri durant ces dix années, mais on ne se rappelle plus trop pourquoi on riait, au juste. N’ont peut-être pas été si drôles que ça, finalement. Probablement même assez catastrophiques.

Archie
A complètement modelé notre idée des relations gars/filles et d’un punch bien ficelé…

Avortement
Celles qui disent qu’elles ont été exactement les mêmes après sont soit menteuses, soit étrangement insensibles.

Beastie Boys
Pour nous avoir fait entrevoir que business pouvait rimer avec plaisir et utilité sociale.

Belle and Sebastian
Leur premier album a joué souvent pendant la réalisation de P45/01. «Monochrome in the 1990’s / You go disco and I’ll go my waaay…»

Ceux et celles qui nous ont enseigné l’Art de l’Amour
Des techniques indispensables pour l’homme/la femme moderne qui veut aller loin dans le merveilleux monde du magazine.

La cigarette
Ce premier numéro de P45 a nécessité 174 paquets de Player’s Light, 97 de DuMaurier et 20 de Marlboro Light. Mais là, nous venons tous d’arrêter de fumer, alors le prochain numéro sera probablement médiocre. Avis aux commanditaires.

Ecstasy
Nous sommes trop vieux pour ça, maintenant, mais bon, durant notre folle jeunesse…

The Face
Notre magazine de chevet, malgré ses hauts et ses bas.

Forever Young, de D.J. Space’C
Clairement cheesy, mais une certaine coordonnatrice de P45 se souvient encore très bien des frissons qui lui traversaient l’échine et des larmes qui lui montaient presque aux yeux lorsque Tiga la faisait jouer au Angel’s, les jeudis soirs, il y a de ça une éternité.

Gill, Eric
Illustrateur et typographe anglais (1882-1940).

Godbout, Jacques
Pour des raisons étranges, notre rédacteur en chef répète à qui veut l’entendre qu’il désire devenir un Jacques Godbout pour le 21e siècle. On ne sait pas trop ce qu’il entend par ça, nous non plus.

Goldorak
Un héros, une inspiration et un modèle de vie. Sans parler de Venusia et de ses courbes, euh, vénusiennes, éternellement marquantes pour un enfant de cinq ans.

La grosse limite de crédit sur la Visa de notre rédacteur en chef
Comment pensez-vous qu’on a payé pour tout ça? Plastique!

H20, 1er mai 1993
Pour nous avoir fait comprendre toute l’ampleur de la bêtise institutionnelle des forces policières. Et, en bonus, le E était très correct.

Hemingway, Ernest vs Fitzgerald, F. Scott
Les deux côtés de la médaille existentielle: le travailleur acharné et méthodique, bon époux et père de famille, dont le talent honnête accoucha de plusieurs quasi-chefs-d’œuvre (E.H.) versus le génie paresseux et émotionnellement instable, auteur d’un chef-d’œuvre, mais aussi d’une quantité impressionnante de nouvelles sans intérêt (F.S.F.). C’est Benoît Brunet vs Malakhov. C’est le grand déchirement de notre vingtaine (on s’en reparle dans un prochain numéro).

«Here’s looking at you, kid», The Guardian, 13 mars 1999
Un portrait d’Harmony Korine par Sean O’Hagan.

Higher Than The Sun, de Primal Scream
«My brightest star’s my inner light, let it guide me / Experience and innocence, bleed inside me / Hallucinogens can open me, or untie me / I drift in inner space, free of time / I find a higher state of grace, in my mind / I’m beautiful, I wasn’t born to follow / I live just for today, don’t care about tomorrow»: le début des années 90 en quelques mots et quelques accords. La nostalgie, déjà.

Le hockey
Aussi important pour nous que le Kit l’est pour le Kat. Ou quelque chose du genre.

Institut Albert-Prévost
Il y a quelques années, alors que tout le monde autour de nous semblait devenir fou, l’Institut a réussi à en sauver plusieurs et à nous maintenir un semblant de vie sociale.

Kerouac, Jack
On ne saurait pas dire pourquoi exactement. Ce n’est sûrement pas la qualité de langue, ni les histoires. Et ce n’est pas simplement parce que l’épopée des Franco-américains nous rend étrangement tristes. C’est autre chose, c’est tout, et c’est correct comme ça. Notre préféré: Visions of Neal.

Notre langue
Profondément enfoncée dans notre joue, si vous voyez ce qu’on veut dire (à travers nos anglicismes atroces).

Let’s Go
Il est 23h, vous venez de débarquer dans une ville inconnue du pays de Galles ou de la vallée du Rhin. Vous avez un peu envie de pleurer, sans trop savoir pourquoi. Vous êtes terriblement content d’avoir votre précieux Let’s Go pour vous aider à trouver un endroit pour coucher.

Londres
Non seulement on y pense tout le temps, mais on y rêve, aussi. Littéralement. C’est con, on sait, on se fatigue nous-mêmes avec ça. Mais bon, c’est ça.

Macintosh
Sans lui, P45 n’existerait pas. Ou du moins serait fait avec un minable logiciel de traitement de texte, d’un X-acto et d’un bâton de colle.

Module des communications, UQAM
A formé les deux tiers du noyau rédactionnel de P45. L’autre tiers trouve qu’on y produit des techniciens cultivés. Mais comme il pense aussi que Fabienne Larouche est une scénariste inspirée, son opinion n’a que très peu de valeur.

Montréal
Le parti politique qui proposera de transformer la ville en cité-État aura nos votes.

La P45 touch
Comme la French touch (Indéfinissable! Indescriptible! Inexistante!), mais en plus — comment dire — abstraite. Devrait plaire aux journalistes paresseux en manque de catégorisations faciles et approximatives (ou c’est vous qu’on regarde, hebdo culturel dont le nom commence par un V).

Passe-Partout
A contribué à faire de nous les personnes complètes, saines et équilibrées que nous sommes aujourd’hui.

Photocopieuse
Arme numéro un de la propagande P45. Avec les seins de Sarah, évidemment.

Richards, Ben
Meilleur écrivain britannique de sa génération.

Satori Communication
Si P45 est un parasite (et nous ne doutons pas une seconde qu’il le soit), Satori en est l’hôte.

Sawyer, Miranda
«So what will be the Nineties legacy? We might lack the Big Idea, the unifying Sixties ideals, the Seventies political attack, but there’s still a fever to this decade, a fervour born of ecstatic nights and hilarious days, of explosive technology and a traveller’s connection with other worlds, of love and trash and in-jokes, and the fear and the loathing of the commonplace.» C’est pour des phrases comme ça qu’on l’aime tant. Pas trop sûr des chroniques automobiles, cependant.

Sexe
Évidemment. Mais pas pour Sarah, qui a viré born-again virgin à la suite d’une mauvaise aventure avec un gars de Verdun. On lui donne un mois.

Silcott, Mireille
Meilleure journaliste québécoise.

Spy Magazine
De ce (très regretté) magazine, on a gardé quelques idées et l’envie de mélanger le sérieux et le vraiment cave.

St. Elmo’s Fire
Meilleur film de tous les temps? Probablement pas. Nous arrache des larmes chaque fois? Assurément.

Tiga
Pour des raisons pas très nobles, n’a jamais reçu tout le crédit qui lui revient pour tout ce qu’il a fait depuis 1993 pour les amateurs montréalais de musique de danse électronique. Respect.

Trafalgar Square
D’un côté vous avez la National Gallery et ses trésors de l’humanité, de l’autre l’ambassade du Canada et l’Internet gratuit. Et au milieu, gardé par les lions massifs, l’amiral Nelson trônant sur son gros symbole phallique. Et la nuit: des oignons frits, un million de jeunes vraiment wasted et plein de bus de nuit. Londres ne serait pas la même sans Trafalgar. Nous non plus.

Vodka
Lorsqu’on a décidé de se lancer dans P45, on était convaincus que c’était une très bonne idée. C’est seulement plus tard qu’on a réalisé que c’était en fait la vodka qui avait pensé, pas notre raison. Alors depuis, chaque fois qu’on doute du bon sens de notre décision, on prend une shot de vodka & lime et tout est oublié. Une attitude qui mène tout droit à l’alcoolisme, mais qui a au moins le mérite d’être réconfortante.

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