Les Anges de la restauration

Numéro 91

2 au 8 novembre 2007

Un texte de
Fabbie Barthélémy

Publié le 2 novembre 2007 dans
Chroniques, P45 a testé pour vous

Les Anges de la restauration

Hooters, pour ceux qui l’ignorent, c’est une chaîne de restauration américaine ayant fait ses débuts en 1983 en Floride. La grande particularité du Hooters: son personnel, les Hooters Girls.

Au Québec cependant, elles ont troqué cette appellation pour les Anges Hooters. Ces anges ont donc comme uniforme des minishorts orange, des souliers athlétiques blancs tout droit sorti des années 80 ainsi qu’une paire de chaussettes montant jusqu’aux mollets ayant sûrement appartenu à Jane Fonda.

Le clou du spectacle, la camisole blanche saillante arborant un hibou avec d’immenses yeux mettant en valeurs la poitrine des demoiselles. Parce que la caractéristique première de la Hooters girl est que son tour de taille doit être inversement proportionnel à son tour de poitrine (des minces avec de gros seins, pas des grosses avec de petits seins…).

Par conséquent, aller aux Hooters, c’est un peu comme mettre les pieds dans le cauchemar d’une féministe des années 80. On a l’impression que Marty Mc Fly va sortir de sa Dolorean DMC-12 et franchir la porte avec ses potes pendant que joue Beat It de Michael Jackson, le tout au milieu d’une tonne de filles légèrement vêtues…

Les résultats de notre test

À Greenfield Park, donc, entre deux paires de boules, on sort le calepin et on prend des notes.

1. Les serveuses

Elles dansent pour nous faire oublier la lenteur et la médiocrité du service. En cas de panique, elles sortent les hula-hoops, la corde à danser ou alors, en cas d’extrême urgence, la trottinette. En gros, ça donne l’impression d’un camp de vacances sexy pour fils de marins.

2. Le menu

Beaucoup de friture et de panure, quelques salades dispendieuses, des pattes de crabes des neiges, des crevettes et des palourdes à la vapeur, des huîtres fraîches ou rôties, des sandwichs, des ailes de poulets (dont le repas gourmet à 59,99 $ qui contient 20 ailes de poulet et une bouteille de vin mousseux) et notre coup de cœur: frites au piment jalapeno.

Tout peut être accompagné de fèves au lard et comme pour nous prouver que nous sommes en 1980, les frites sont en spirale. La bière est la plus froide en ville, c’est écrit dans le menu. Moyenne des factures: 15$.

3. Les blagues et les photos de Miss Hooters Internationale 2006 dans le menu

Les meilleures: «Découpez ce menu en bandes. Faites-les jouer à l’envers sur un magnétophone. Vous découvrirez alors la signification secrète de… Hooters», «Le sandwich de bifteck à la texane contient probablement du bœuf de l’Iowa» ou encore «Les ailes de poulet façon naturiste (nues, sans leur maillot de chapelure)». On soupçonne Gilbert Rozon d’être derrière tout ça.

4. La décoration

On aime bien le côté rustique, moderne et raffiné à la fois. On aime moins la quantité incroyable de publicités de marques de bières et les pancartes routières apposées sur les murs allant des subtiles «Attention courbes», «Attention bosses» (avec évidemment dessin à l’appui) à l’ironique «Attention blondes intelligentes».

C’est aussi le seul endroit où il y a une file pour les toilettes des garçons, mais ces derniers peuvent se rincer l’œil en regardant la couverture des Playboys où ont figuré les Hooters Girls par le passé. Étrangement, dans la toilette des filles, très bien aménagée par ailleurs, on a négligé cette belle attention.

5. Le mur des célébrités

Sur les photos, chaque célébrité semble ébahie, entourée qu’elles sont d’Anges Hooters. Michael Jordan, Bill Murray et beaucoup de texans inconnus font partie des heureux élus. Nous avons bien hâte au mur des célébrités version Québec. Il y a une grande chance qu’Éric Lapointe y figure.

6. La musique populaire très forte

Aussi forte que dans un bar. On hésite à savoir s’il s’agissait des albums de MC Mario ou des albums qui passent aux info publicité tard le soir (60 albums pour seulement 12,99$). Moment fort, YMCA de Village People grâce à la chorégraphie des serveuses.

7. Les 12 écrans plasma

Deux parties de hockey et une partie de soccer en simultané. Constat: musique forte + télévision + serveuses pulpeuses = impossibilité de draguer quiconque.

8. Les serveuses performent aux compliments, c’est écrit sur un panneau

Malheureusement, on ne savait pas sur quel aspect complimenter notre serveuse inefficace et pas très attentionnée, ni très gentille, ni très serviable. Elle avait tout de même des verres de contact d’un bleu envoûtant, ces mêmes verres de contacts qu’on croyait bannis par décret depuis les festivités de l’an 2000.

9. La boutique Hooters

Sur place, on peut s’acheter des vêtements Hooters, un sac de sport Hooters, des cartes à jouer Hooters, des shooters Hooters, des bavettes Hooters, etc. Les filles ne viennent pas avec les produits.

10. Les blagues sexistes

C’est plus fort que quiconque entre dans un Hooters, on classe les filles, on évalue leur poitrine (vraie ou fausse?), on les regarde se dandiner, on veut se noyer dans leur craque et leur donner une petite tape sur les fesses pour les encourager. Viennent ensuite les questions existentielles. On se demande de quoi aura l’air leur party de Noël ou encore le genre d’entrevue qu’elles ont dû passer pour avoir le poste…

Si la serveuse n’a pas assez de seins au goût du client, il est possible de changer. C’est un peu ce que tout le monde se dit en rentrant au Hooters.

Constat final:

Ambiance:
8/10 (surtout grâce aux gars saouls à la table du milieu)

Nourriture:
5.2/10 (mélanger un menu Est-Coast et un menu de cabane à sucre, c’est louche)

Service:
6/10 (maladroit, lent, si mauvais que c’en est drôle. Vous n’avez pas d’ustensiles? Ne mangez pas avec vos mains, c’est juste qu’on vous a oublié)

Filles:
8.1/10 (nombre de chorégraphies pendant l’heure du dîner: 2)

Malaise:
8.9/10

En complément, notre panorama maison:

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6 commentaires
  1. «entre deux paires de boules, on sort le calepin et on prend des notes»: c’est un paradis gras.

  2. «des minces avec de gros seins, pas des grosses avec de petits seins…»

    Ah non?

  3. Rocklapin says:

    ahaha ma nouvelle distination

  4. GaB says:

    Tout ça ramène en moi un questionnement important: les employés laids postulent-ils pour les jobs dans les commerces où aucun des employés n’est aussi laid qu’eux?

    Ça demande réflexion.

  5. Jean-Baptiste Hervé says:

    Le restaurant Hooters c’est aussi un paradis pour XKR…

  6. Denis says:

    Ben là, c’est pas des fèves au lard de cabane à sucre, c’est des fèves mexicaines.
    C’est populaire chez les “amaricains” partout dans leurs resto-junkfood. Je leur ai dit que le poulet Kentuky était diète comparé à leur bouffe. Aussi, je leur ai dit qu’il ne tofferait pas encore un an. …
    Denis

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