Livres: Mon premier Salon du livre de Montréal

Numéro 93

16 au 22 novembre 2007

Un texte de
Corinne Fréchette-Lessard

Publié le 16 novembre 2007 dans
Culture, Livres

Livres: Mon premier Salon du livre de Montréal

Jusqu’à cette semaine, je n’avais jamais mis les pieds au Salon du livre. Peut-être parce que je ne suis pas très Salon en général (mon intérêt pour l’auto, la mariée et l’habitation étant assez limité).

Peut-être aussi à cause de mes expériences lointaines et mitigées au Salon Pepsi Jeunesse (j’avais 9 ans, je suis revenue avec des condoms, mes parents n’étaient pas contents) et au Salon des métiers d’arts (les parents d’une amie au primaire donnaient dans le gossage de lampes à l’huile et on traînait là pendant des heures interminables après l’école).

Ou peut-être tout simplement parce que l’idée de payer 8$ pour apercevoir Bernard Werber du coin de l’œil me laisse un peu froide.

Mais cette année, je me suis laissée convaincre. Parce que j’aime la littérature, bien sûr. Et parce que, comme dirait l’autre, je trouvais que ça manquait à ma culture. J’ai donc bravé les hordes de lecteurs déchaînés et fait fi de mon aversion pour la Place Bonaventure et je suis allée déambuler quelques heures à la 30e édition du Salon.

1. Nombre de célébrités aperçues: 5

Incluant Claude Lafortune (a.k.a. M. Évangile en papier) et un homme qui était peut-être VLB ou peut-être juste barbu. C’est plein de photos d’«auteurs-vedettes» par contre.

2. Nombre d’animateurs de Radio-Canada vus: 0

Surprenant, avec la couverture que la SRC fait du Salon, on a l’impression que tout le monde couche là pendant cinq jours.

3. Nombre de mots retenus du discours inaugural du maire Tremblay: 0

Soit le son des micros n’était pas assez fort, soit je me trouvais trop près du coin cocktail.

4. Nombre de coups de coudes reçus dans la file pour acheter le dernier Michel Tremblay: 0

L’ambiance était plus «bibliothèque municipale» que «centre d’achat un 24 décembre».

5. Nombre de câlins refusés: 1

C’est pourtant Monsieur Câlin, un «pionnier du mouvement Free Hugs», qui offrait. C’est Xavier qui s’est sacrifié.

6. Nombre de signets ramassés: 1

Celui des Trois modes de conservation des viandes de Maxime-Olivier Moutier, très joli.

7. Nombre de regards séducteurs échangés avec un beau garçon en faisant semblant de bouquiner: 0

Dommage. On m’avait pourtant assuré que c’était une bonne place pour cruiser.

8. Nombre de drinks consommés: 1

L’alcool et les pretzels coulaient à flot chez Gallimard et Leméac, mais pas question d’exagérer. Mon premier Salon du livre, je voulais m’en rappeler.

9. Nombre de sueurs froides et/ou de soupirs agoraphobiques: 3

Le Salon du livre est une espèce de non-lieu froid et artificiel. Il n’existe pas vraiment. Du coup, on se doute qu’il y a un piège et je redoute le pire au moindre pas que je fais dans une allée. Mon ex? Un ancien prof de psychologie du cégep qui pue de la bouche? Marie Laberge?

10. Nombre de vertiges ressentis devant l’étendue de la littérature et le temps qui va toujours manquer pour tout lire: trop nombreux pour les compter

C’est pour ça que j’y vais pas, d’habitude.


Collaborez, vous aussi, au magazine P45, ou envoyez-nous vos idées pour les chroniques Approuvé-réprouvé ou encore P45 hebdo: courrier [à] p45.ca.

Discussion

Appréciations
Tweets
1 commentaire
  1. Martin Quinn says:

    Chère Corinne! (si je puis m’exprimer ainsi)
    Te lire fut un réel plaisir!
    J’aime ton humour, ton intelligence.
    De plus, je te dois 8 dollars…
    Je te l’offre sous forme de victuailles, à croquer dans un café, quand tu voudras…
    Martin

Commenter