Local 23 et L’arterie

Numéro 23

5 novembre au 2 décembre 2004

Un texte de
Marie-Claude Beaucage

Publié le 5 novembre 2004 dans
Culture, Mode

p_mode_1104.gifDepuis un peu plus d’un an, le segment de la rue Bernard qui se trouve dans le Mile-End se transforme.

Il se transforme sans trop s’embourgeoiser, ce qui tient presque du miracle, compte tenu de la proximité avec Outremont et du fait que le Mile-End est le quartier qui a la cote en ce moment. Il y a bien quelques restaurants un peu branchés et des commerces plutôt inusités, comme cette galerie d’art/salon de coiffure, qui ouvrent leurs portes.

Cependant, quand on s’y promène, on sent qu’un certain esprit communautaire se développe dans cette portion un peu grise du quartier, surtout grâce à deux boutiques sympathiques et colorées qui prouvent qu’il est possible d’allier mode et esprit coopératif sans patchouli ni jupe en terre cuite.

Local 23
(23 Bernard Ouest, 514.270.9333)

Entre Clark et Saint-Laurent, du côté nord de Bernard, Local 23 a pignon sur rue. De l’extérieur, on a vraiment l’impression qu’il s’agit d’une friperie, ce qui n’est pas tout à fait faux. Local 23 se définit comme une friperie-boutique-atelier. L’endroit est en effet divisé en deux parties pour la clientèle – la partie atelier ne lui étant pas accessible. La section friperie est gérée par deux filles; on y trouve des vêtements pour gars et pour filles en très bon état, de la vaisselle, des sacs, des bottes et des chaussures, des chapeaux au look un peu rétro, des bijoux, des jouets, bref, tout ce que l’on retrouve dans une friperie habituellement.

Mais depuis quelques années, les friperies, notamment celles qui ont survécu sur Mont-Royal et sur Saint-Laurent, vendent leurs fringues au même prix que s’il s’agissait de vêtements neufs, ce qui est franchement ridicule. Au Local 23, les prix sont très raisonnables et vous pouvez facilement vous dénicher un chandail de laine pour cinq ou six dollars. Si vous n’aimez pas trop acheter des vêtements déjà portés, la partie boutique vous intéressera davantage, d’autant plus que vous ne risquez pas de voir ailleurs les vêtements qui s’y trouvent.

C’est une troisième fille qui s’occupe de cette partie de Local 23 et elle propose essentiellement des vêtements et des bijoux d’artistes, d’artisans et de designers locaux. Il s’agit surtout de fringues et d’accessoires pour les filles; on y retrouve notamment la griffe Glasgow, qui sont des vêtements fabriqués à Saint-Jérôme par une coop de femmes, et les t-shirts de marque Zeitgeist, dont les designs sont de l’artiste Leslie Robinson.

On y vend aussi les très, très mignons sacs à main et accessoires Roadkill, de même qu’une panoplie de fleurs à agrafer à votre veston, des boucles d’oreilles originales, des pins… Et comme la plupart des articles sont de confection artisanale, l’originalité est assurée. Mais il faut parfois payer un petit peu plus cher.

On y vend aussi quelques disques – Shalabi Effect, One Speed Bike, Deadbeat, etc. – et quelques livres et bédés – Geneviève Castrée, Alexis O’Hara et Jeff Ladouceur, entre autres. Les vendeuses sont toujours sympathiques, ce qui n’est pas désagréable, et la musique est toujours bonne.

L’arterie
(176 Bernard Ouest, 514.273.3933)

Quelques coins de rues plus loin, du côté sud de Bernard, se trouve L’arterie, une boutique coop qui occupe une partie du local de la coopérative Elle Corazon, un centre d’art féministe qui est également le quartier général des Blood Sisters. La coop a été fondée il y a presque deux ans par une quinzaine d’artistes locaux.

On y vend des vêtements – la griffe la plus populaire est Chickweed, qui propose toutes sortes de fringues fabriquées en tissus recyclés, dont des tuques, que les gens s’arrachent –, mais aussi des bijoux, des savons faits à la main, des jouets, de la vaisselle en poterie et en céramique, des miroirs et des cadres en mosaïque, des bibelots en verre. On y fait des trouvailles vraiment inusitées, cependant, il ne faut pas compter se faire servir en français, il ne m’est jamais arrivé de tomber sur un vendeur ou une vendeuse qui parle un mot de français. Mais ça ne nous empêchera pas d’y aller et d’encourager ce genre d’initiative.


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