Ce n’est pas que les autres moments de la journée n’ont pas leur charme propre. Le milieu de l’après-midi, par exemple, est particulièrement attachant, dans le genre «tasse de thé, assis sur le divan à regarder par la fenêtre, à moitié dans la lune» (je parle bien sûr pour ceux qui travaillent à la maison; pour les autres, le milieu de l’après-midi marque le début de l’interminable dernier stretch avant 17h, c’est l’heure des maux de têtes et des doutes sur la qualité réelle de l’air, dans cet édifice de merde).
Le crépuscule a aussi ses agréments, particulièrement l’été, et encore plus particulièrement lorsque vous sentez que la nuit risque d’amener des choses singulièrement excitantes (on entend les criquets, au loin).
Mais l’aube reste le moment par excellence de n’importe quelle journée, quelle que soit la saison, la température ou votre situation existentielle; il y a l’orgie Prismacolor qui éclate dans le petit jour bleu gris, le silence, l’agréable impression que ce jour naissant marquera le commencement d’une toute nouvelle vie pour vous, remplie d’aventures fantastiques et de succès en tous genres, et étonnamment pauvre en bouts plates.
L’aube, c’est la crème de la journée, son filet mignon, son Peter Forsberg. Le gros problème, bien sûr, c’est que c’est beaucoup trop tôt. Personne n’a envie de se lever à 5h du matin. Le meilleur moment de la journée? Ça ne bat pas dormir, quand même.
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