Nicolas Langelier: des projets plein la tête

Numéro 203

18 février au 3 mars 2011

Un texte de
Agence PMI

Publié le 18 février 2011 dans
Chroniques, P45 aime

À la tête d’un empire médiatique naissant qui redéfinit sans cesse l’essence du mot innovation, Nicolas Langelier a pris quelques secondes de son temps précieux pour rencontrer l’Agence PMI. Portrait d’un visionnaire qui fonce visière levée vers le monde de demain.

[Agence PMI] Assis à la table d’un café hip du quartier Mile-End près d’une vitrine, il n’est pourtant pas affairé, comme tous les autres hipsters du lieu, à écrire des haïkus sur la gadoue et sur l’air du temps. C’est que l’entrepreneur transmédia Nicolas Langelier n’a pas une seule minute à lui.

Devant ses yeux, le cours du TSX et celui du NASDAQ défilent en temps réel sur l’écran de son MacBook Air (AAPL). Imperturbable, il griffonne quelques notes dans son Moleskine® pendant qu’il reçoit incessamment des appels sur son iPhone (AAPL): San Francisco, Londres, Kuala Lumpur.

Le représentant de PMI venu interroger M. Langelier comprend bien qu’il faudra être patient, car à la lumière des changements qui bouleversent l’univers multisectoriel du multiplateforme contemporain, pouvoir simplement partager une table avec ce magnat de l’écran numérique relève déjà de l’exploit.

«Mine de rien, comme ça, tranquillement attablé à un café hip du Mile-End, je suis en train de négocier le virage qui permettra à P45 d’être le premier média du 22e siècle», lance-t-il, sans ambages aucun, en levant brièvement ses yeux de son ordinateur. Inspirant.

Dans le monde compétitif de l’édition plurinarrative que nous connaissons, l’homme aux chemises méticuleusement choisies fait figure de précurseur. Partout, il est invité pour commenter l’arrivée d’un nouveau lecteur mobile ou pour deviser sur le retour de la disquette trois pouces et demi comme «outil de dissémination intra-interactive du contenu», une autre de ses expressions fétiches. L’homme d’affaires transpire de charisme. Côté idées, il est d’un pragmatisme infiniment lucide: «À l’ère de la dématérialisation, nous misons sur la matérialisation», dit-il en déposant son iPhone (AAPL), les yeux pleins de sagesse.

Questionné sur l’avenir immédiat de P45 et des produits connexes, Nicolas Langelier en rajoute: le positionnement multinumérique doit se faire sans jamais oublier les jalons établis par les grandes traditions analogiques.

«Par exemple, nous sommes en plein développement d’une application qui fonctionnera sur iPhone (AAPL) et BlackBerry (RIM) qui vient démultiplier la force de contenus que nous avons déjà produits. Ça s’appelle Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes mobiles, que l’on vendra à 1,99$. Suivra bien sûr une version Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes express, une déclinaison offerte gratuitement. En bref, l’utilisateur urbain d’âge jeune pourra répondre à un questionnaire en temps réel et l’application sera en mesure d’évaluer sa vie sur l’Échelle de vacuité™, un indicateur de 1 à 5 imaginé par notre département de Recherche et développement.» Une autre application en préparation sous la bannière P45 permettrait, en outre, de suivre de façon permanente la géolocalisation de l’animateur Sébastien Diaz.

Mais là ne s’arrêtent pas ses projets. Le prolifique panjandrum du supranumérique table présentement sur la création d’une chaîne télévisée. «Le nouveau média, c’est le vieux média, explique-t-il en mettant à jour son fil Swiffer (“Swiffer is the new Twitter”). Nous ferons la première chaîne de méta-contenu, c’est-à-dire qu’il n’y aura qu’une seule émission, 24 heures par jour, dans laquelle nous remixerons “real-time” les images des autres chaînes en ajoutant l’étiquette “Approuvé”, “Réprouvé” ou “En attente de classement”. Nous y proposerons également des séances de tweetage en temps réel, pour faire ce que nous appelons entre initiés de la méta-méta-interactivité.»

Mais Nicolas impressionne aussi dans son sens affûté des affaires. Toujours pour sa future chaîne télé, aucunes concessions sur le plan de l’efficacité ne seront faites: quatre stagiaires suffiront à opérer la station télé, et ce, en tout temps.

Également dans les cartons, une exclusivité accordée à PMI: Nicolas planche présentement sur l’achat d’une équipe de balle-molle. «Après avoir longuement et savamment analysé le marché, c’est l’étape logique et naturelle dans le déploiement de notre stratégie post-plateforme, dit-il. Les gens croient qu’au Québec, il n’y a rien en dehors du hockey. Ils ont tort. Ce que les gens veulent, je vais vous le dire, moi: ils veulent des histoires et du pointage. Et cela, la balle-molle l’offre à bien meilleur marché que le hockey.»

À terme, les «clients-écrans», autre terme novateur dont Nicolas parsème ses phrases, pourront suivre en direct sur leur appareil mobile la franche camaraderie entre le receveur et le voltigeur ou encore recevoir par courriel le florilège hebdomadaire des meilleures blagues prononcées sur le banc des joueurs. Mais au-delà de ces éléments, c’est le raisonnement stratégique qui pousse Langelier vers ce sport: «À la balle-molle, la balle est plus grosse. Le jeu sera plus facile à suivre sur le petit écran d’un téléphone intelligent.»

Un appel de la division «cloud-contenu» de P45 en Malaisie vient interrompre l’entretien. Cette fois-ci, c’est le retour au travail définitif pour Nicolas Langelier, qui s’excuse et salue le représentant de PMI tout en parcourant l’écran de son iPad (AAPL) à la recherche d’un rapport en PDF.

Demain ne peut pas attendre.

  • Note: cet article fait partie d’un numéro conceptuel de P45 qui a obligé la rédaction à la fois à réduire la qualité de ses écrits et à se prendre pour un empire médiatique. Soyez rassurés, c’est une initiative volontaire et unique. C’est pour l’art, comme on dit.


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2 commentaires
  1. il est super urbain en plus. je l’ai vu dans le metro hier. il revenait de new york, en train !

  2. Jessica says:

    Le pire, c’est qu’une telle idée serait sans doute super bien reçue: Nous ferons la première chaîne de méta-contenu, c’est-à-dire qu’il n’y aura qu’une seule émission, 24 heures par jour, dans laquelle nous remixerons “real-time” les images des autres chaînes en ajoutant l’étiquette “Approuvé”, “Réprouvé” ou “En attente de classement”.

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