P45 a testé pour vous: l’iPhone Ocarina

Numéro 133

20 au 27 novembre 2008

Un texte de
P45

Publié le 21 novembre 2008 dans
Chroniques, P45 a testé pour vous

P45 a testé pour vous: l’iPhone Ocarina

Entre fascination et scepticisme, l’équipe de P45 s’est penchée sur la flûte technologique brandée pour l’iPhone d’Apple, qui, selon certains, annonce la paix dans le monde.

Moment historique: l’application Ocarina pour iPhone permet désormais de jouer les premières notes de musique ever depuis un téléphone cellulaire. Le souffle dans le microphone de l’appareil se transforme en sons, et les sons, en mélodie. C’est l’analogique qui rencontre le numérique. Fascination et scepticisme.

Les lèvres ne doivent pas être collées sur l’instrument. Le tout crée un drôle de détachement. Et la sonorité de l’instrument donne l’impression de venir du futur antérieur. Le son créé par ce drôle d’objet est imprégné de nostalgie, une sorte de musique pour film techno-mélancolique.

Grâce à un globe terrestre qui tourne au mouvement de nos doigts sur l’écran, on peut voir et entendre les mélodies de tout ceux qui, ailleurs dans le monde, joue avec ce gadget à flûte en temps réel.

Mais cette fois, on a l’impression que c’est différent, que cette façon de cartographier le web a quelque chose de pacifique, de beau.

Mélanger son souffle aux fonctionnalités tactiles et se lier à d’autres individus de par le monde a quelque chose d’organique qui peut certes étonner, voire émouvoir.

Le test

Une vidéo sur laquelle on voit quelqu’un interpréter Kids de MGMT à l’Ocarina circule sur le web ces jours-ci. P45 a demandé à ses collaborateurs de décrire spontanément comment ils ont réagi à cette création vidéo et de tester leur perméabilité au fameux concept d’ocarina pour iPhone.



Véronique Boisjoly:
«La synchronicité musicale et tactile planétaire», ça doit bien être une nouvelle expression ça, non? En tout cas, c’est comme ça que je me sens en regardant cette vidéo. Demain sera différent. Je le sens.

Corinne Fréchette-Lessard:
Signe que je ne suis pas assez visionnaire pour repérer les technologies à veille de révolutionner la planète musique ou preuve que je n’ai déjà atteint le point de saturation face aux applications insolites de l’iPhone? En entendant les premières notes, j’ai pensé: «Tiens, Kids. J’ai pas entendu ça depuis longtemps». J’ai ouvert iTunes et écouté la version de MGMT. Trois fois.

Xavier K. Richard:
J’ai ouvert la vidéo, j’étais pas sûr de l’esthétique. J’évite en général de regarder ces vidéos qui semblent tournées dans un sous-sol avec pour seul éclairage l’écran de l’ordinateur… Après trois notes, j’ai compris le concept, que ça allait être une interprétation de Kids poche, sans plus. Je n’ai pas regardé plus de 6 secondes de la vidéo. J’aurais dû?

Audrey PM:
Ça m’a fait angoisser, j’ai réalisé à quel point on est avancé dans les technologies «domestiques». Jusqu’à ce jour, on a dévié l’usage premier de certains gadgets électroniques afin d’en produire de la musique.

Mais qu’un téléphone cellulaire devienne aussi un instrument de musique, de surcroît par un usage aussi organique que souffler dedans, je trouve que c’est un autre niveau, un amalgame qui ne me met pas à l’aise encore.

Catherine Bélanger:
Je me suis dit «OMG MGMT! Leur show cet été était tellement bon. J’adore cette chanson.» Pleine d’espoir, j’ai appuyé sur play… J’ai attendu que la toune embarque. Mais c’était finalement plus comme un coït interrompu. Je me demande bien qui va utiliser cette application plus de 3 fois sans se tanner.


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