P45 a un kick sur… Coldplay

Numéro 158

7 août au 10 septembre 2009

Un texte de
Marie-Claude Beaucage

Publié le 7 août 2009 dans
Chroniques, P45 a un kick sur...

P45 a un kick sur… Coldplay

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Hipsters de ce monde, sortez vos tomates et préparez-vous à me les pitcher, parce que je suis sur le point d’avouer quelque chose de totalement subversif à vos yeux, de vous confier une faute de goût injustifiable et impardonnable selon vos critères si élevés et si justes, de vous faire une révélation qui va vous faire regretter de m’avoir acceptée comme amie Facebook.

Vous êtes prêts?

Alors voilà: j’aime Coldplay et je suis maintenant prête à le crier à la face du monde entier, tel un garçon qui change finalement son «relationship status» pour afficher sa nouvelle flamme à ses deux cents quelques amis.

Je suis prête à sortir du placard musical, mais non sans craindre vos regards désapprobateurs et vos petits commentaires ironico-sarcastiques, parce que je sais bien que, pour vous, Dany Bédar et Coldplay, c’est du même acabit mélodique.

Sans compter que leur artwork de pochettes d’album est plus que discutable et que Chris Martin porte parfois des vestons qui ressemblent à ceux de Casse-Noisette.

Bon.

Je ne dis pas que Coldplay est mon groupe préféré. Mais j’aime Coldplay et, avant aujourd’hui, j’ai toujours eu un malaise à le dire publiquement.

Sauf que je suis tannée de me cacher, de me retenir de dire qu’Osheaga, je suis triste de ne pas y être allée cette année parce que j’ai manqué Chris Martin chantant à pleins poumons en tournoyant sur lui-même «I hear Jerusalem bells a ringing/Roman Cavalry choirs are singing/Be my mirror, my sword and shield/My missionaries in a foreign field».

Alors avant de me bannir de vos salles de concerts exiguës et de vos after partys secrets, lisez les 3 raisons pour lesquelles on peut, oui, oui, aimer Coldplay et être un individu quand même digne d’intérêt.

1. Leurs chansons sont bonnes, OK, là?

C’est la base. Quand on aime un groupe, on l’aime généralement pour ses chansons, vous me direz.

Alors voilà: je ne suis pas capable de trouver une mauvaise chanson de Coldplay: Yellow, God put a smile upon your face, The scientist, Lost, In my place, The hardest part, Speed of sound, A rush of blood to the head, Green eyes, Violet hillyou name it.

Toutes bonnes, toutes des mélodies gracieuses, parfois dramatiques et parfois complètement exaltantes, qui nous restent dans la tête. Même dans la vôtre, j’en suis persuadée.

Expliquez-moi comment vous résistez, vous, à ce piano répétitif et ensorcelant dans Lovers in Japan. À ce piano répétitif et ensorcelant dans Clocks? Mais le chef-d’œuvre mélodique de Coldplay est sans contredit la pièce-titre de leur plus récent album, numéro deux des pièces les plus écoutées dans mon iTunes, Viva la vida.

Dans la bande originale du film de ma vie, cette pièce occupe une place de choix, étant donné qu’elle peut être jouée/écoutée/chantée le poing dans les airs dans à peu près toutes les situations.

Ce violon inspiré, ce rythme parfait pour marcher vers notre destin avec l’assurance qu’il sera fabuleux, ce refrain apocalyptique et le bridge qui suit après, ces chœurs tellement harmonieux auxquels on joint notre voix… on n’a jamais été aussi près de la perfection musicale en quatre minutes au cours de la dernière année.

Et je n’ai même pas encore parlé de la prose de Chris Martin!

Des paroles à la fois simples et mystérieuses, tantôt remplies d’une tendresse infinie, tantôt d’une sagesse surprenante venant de la part d’un homme à l’aube de la trentaine.

Il en fait d’ailleurs la preuve dans Don’t panic (écrite alors qu’il était dans la vingtaine!): «We live in a beautiful world/Yeah we do, yeah we do/We live in a beautiful world». Yes, Chris, we live in a beautiful world, indeed, et tes chansons contribuent à sa beauté.

Mais ses paroles atteignent des sommets de romantisme dans Fix you, quand Chris chante «Lights will guide you home/And ignite your bones/And I will try to fix you». Bon, je ne suis pas certaine de ce que ça veut dire, mais je veux me faire dire ça par mon amoureux, c’est certain.

Et cette chanson prend une tout autre signification dans le documentaire Young at heart, quand un des chanteurs de la chorale, pratiquement à l’article de la mort, l’interprète en toute sobriété. Torrent de larmes assuré.

Mais assez discouru au sujet des chansons de Coldplay, allez les réécouter et revenez m’en parler.

2. Chris Martin.

Un ami m’a dit cette semaine que je n’aimais pas vraiment Coldplay, que j’aime surtout Chris Martin. Ce à quoi j’acquiesce, bien entendu, parce que sans Chris Martin, point de Coldplay.

Son charisme est tel qu’il illumine le band et éclipse totalement les autres membres. Alors, oui, je l’avoue, je n’ai d’yeux et d’oreilles que pour Chris Martin.

Je n’ai d’oreilles que pour sa voix si riche et si expressive, qui sait parfois être grave et caverneuse, pleine de drame et de mystère comme dans Violet hill, mais qui sait aussi être douce, presque un murmure au début de A rush of blood to the head, ou encore pleine d’intensité et d’urgence dans Politik, quand il scande avec ferveur «And open up your eyes/open up your eyes/open up your eyes/open up your eyes/Just open up your eyes».

Si la voix de Chris Martin était un instrument, elle serait un Stradivarius tellement elle couvre une vaste gamme d’émotions.

Si on n’est pas déjà conquis par les talents de mélodiste, de parolier (de poète moderne, même) et d’interprète de Chris Martin, on risque de tomber sous son charme en le voyant en concert, car cet homme est né pour être sur scène.

Il habite la scène, il est en osmose avec elle, il est en symbiose avec le public et il est en communion avec son piano. Oui, je l’admets, j’ai déjà fantasmé être le piano de Chris Martin…

Les mains de Chris Martin, la voix de Chris Martin, les yeux de Chris Martin… Cette bouche, ces boucles dorées… Ce gars est l’ange Gabriel dans le corps d’un surfeur australien; à la fois prophétique et athlétique.

3. Le clip de The scientist.

C’est un des vidéoclips que j’ai regardés le plus souvent, d’abord pour comprendre le procédé utilisé pour créer cet effet inversé, mais aussi parce qu’il raconte une histoire banale, triste et tellement touchante, qui nous rappelle quand même qu’il faut toujours boucler sa ceinture de sécurité en voiture.

Anyway, si Coldplay et moi, on sortait ensemble, c’est au moment que j’ai vu ce vidéoclip pour la première fois que j’aurais su qu’on était vraiment faits l’un pour l’autre.


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Discussion

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  1. Ça donne presque le goût d’aller en écouter.

  2. Et la première chanson la plus écoutée sur ton iTunes, c’est quoi???

  3. J’ai toujours aimé et assumé Coldplay.
    On a beau être cool de « dropper » des noms de bands que personnes connait et de se forcer à aimer des band trendy. La véritée est que les plus gros et bons bands resterons toujours. Ils nous rapellent des bonnes et mauvaises passes et des souvenirs dans nos vies.

    Pis merde Coldplay c’est Codlplay!

  4. Véro says:

    Tellement 2003.

    Je veux dire, Coldplay fait tellement partie de mes plus beaux souvenirs de voyage en Grèce en 2003. Sentir les fleurs d’orangers, voir la mer et chanter «look at the stars look how they shine for you» avec Chris Martin. Si c’est pas ça le bonheur…

  5. Matvee says:

    Bon texte, ca me rejoins pas mal. J’ai du à plus d’une reprise, justifier pourquoi je n’allais pas voir Gilr talk mais Coldplay le soir du 1er aout à Osheaga.
    Fuck Girl talk et tout les hipsters de 15 ans qui trip dessus , c,est Coldplay que je veux voir bon!

    Concernant ta raison numéro 2 j’ajouterais que personne ne connait le nom des trois autres gars du groupe alors que tout le monde connait Chris Martin.

  6. babouchka says:

    ah oui? les hipster haïssent Coldplay? Cou donc je savais pas!

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