P45 a un kick sur… The Sparrow

Numéro 144

6 au 12 mars 2009

Un texte de
Marie-Claude Beaucage

Publié le 6 mars 2009 dans
Chroniques, P45 a un kick sur...

P45 a un kick sur… The Sparrow

Plaidoyer pour un restaurant.

Si The Sparrow était un gars, ma collègue et amie Véro et moi aurions toutes les deux un kick sur lui. Mais puisqu’il s’agit d’une espèce d’hybride entre le resto et le bar (mais plus resto pour le moment), Véro et moi n’avons pas besoin de nous entre-déchirer afin de savoir à laquelle de nous deux le gars accordera ses faveurs.On peut, elle et moi, se le partager… et même profiter de lui toutes les deux en même temps. Pourquoi on craque pour The Sparrow?

Voici 5 raisons d’en faire notre nouveau quartier général:

1. Il est beau.Ceux qui disent que l’attirance physique ne compte pas sont probablement aveugles ou extra-terrestres. Enfin, nous, on s’assume, on embrasse notre superficialité et on clame haut et fort que notre engouement pour cet endroit est d’abord dû à son look.«It was love at first sight», comme disent probablement les gens de la place (des anglos, pour la plupart, lors de notre visite).L’endroit – situé dans l’ancien bar Mile-End de la rue Saint-Laurent – est parfait au point de vue superficie, n’est pas trop grand, mais pas exigu non plus.Il est chaleureux avec ses tables et son bar en bois foncé, son plafond en tapisserie métallisée, ses poufs en cuir et sa banquette dans la fenêtre avant, ainsi qu’avec sa décoration à la fois artsy et rétro.On pense notamment à ces toiles de ballerines et à la tapisserie victorienne illustrant une scène champêtre dans la salle de bain, à cette porcelaine délicate et dépareillée dans laquelle on nous sert nos plats, ainsi qu’à ce moineau – «sparrow», ça veut dire moineau in French – dessiné à la craie sur une ardoise et sur les menus.C’est un peu Le Réservoir en plus convivial et Le Cagibi en moins granole et broche à foin. The Sparrow est mignon, a du style à revendre et est propre de sa personne.

2. Il a du goût.En plus d’avoir du goût, il goûte bon, The Sparrow. Vraiment bon. Sauf pour ce café filtre ben ordinaire qu’on nous a servi (à volonté, sans rechigner, il faut bien le dire) faute de machine espresso au moment où nous y sommes allées.Je ne pensais jamais un jour dans ma vie m’extasier devant des œufs brouillés. Des œufs brouillés! Mais une semaine plus tard, je pense encore à ces œufs, à leur texture exquise et irréprochable.Et Véro n’a rien laissé de ses œufs bénédictine. Même si le menu brunch est court, tout nous intéressait ou piquait notre curiosité: du déjeuner britannique au sandwich au bacon, en passant par les crumpets avec beurre.Mention spéciale aux prix plus que raisonnables, d’autant plus que les taxes sont incluses dans le prix affiché. Les lunchs ne semblent pas piqués des vers non plus.

3- Il est exotique.The Sparrow, c’est comme sortir avec un anglophone. On ne sait pas si cet effet durera, mais quand nous y sommes allées, Véro et moi, on a presque eu l’impression d’être dans une autre ville, en voyage, parce que la majorité des gens présents parlaient anglais.Le nom de l’endroit est également en anglais. Et sur le menu, bilingue quand même, l’anglais vient avant le français. Bon, on devrait probablement crier au scandale, mais comme on est vraiment sous le charme, on avoue en toute candeur que ça ne nous fait pas ruer dans les brancards.On a été servies – et super bien à part ça – dans un français impeccable et on a pu se raconter toutes nos histoires croustillantes sans craindre les oreilles indiscrètes.

4- Il est cool.Je vous entends déjà déclencher l’alerte hipster. Et vous n’avez probablement pas tort. Quand j’ai franchi le seuil de The Sparrow, les premières personnes sur lesquelles mes yeux se sont posés sont les membres d’un groupe montréalais qui a mis Montréal et le Mile-End sur la map de la musique indie.Et une des serveuses est également la chanteuse et claviériste d’un quatuor féminin anglo de Montréal. Même le gars du Cinéma du Parc – personnage mythique dans ma vie, mais qui ne le sait pas – était là.Mais qu’importe si The Sparrow est le repaire des jeunes trendys de la métropole? Tout le monde se retournait chaque fois que quelqu’un poussait la porte; on sentait une véritable effervescence dans la place.On avait l’impression que chaque personne présente menait une vie fabuleuse, riche, excitante et épanouie. Bon, j’exagère peut-être, mais tout le monde avait l’air super content d’être là. The Sparrow, c’est le nouveau gars cool de l’école, avec qui tout le monde veut être ami.

5- Il n’est pas parfait.Parce que la perfection n’est pas de ce monde et même si elle l’était, ça nous ennuierait terriblement.Une fois bien rempli, l’endroit est pas mal bruyant. La douce musique classique qui berçait notre conversation a vite été enterrée. Et Véro me faisait remarquer que, bien que fort joli, le menu en carton n’est pas protégé et donc, il sera souillé dans le temps de le dire.On note aussi que les serviettes de table auraient pu être en papier recyclé ou en tissu. Bref, on parle ici de menus détails. Rien dont on ne saurait s’accommoder. Et seul le temps nous dira si le coup de foudre muera en un amour durable et véritable.On ne vous donne pas l’adresse, si vous êtes débrouillards, vous trouverez l’endroit. Et vous nous trouverez aussi, du même coup, puisque The Sparrow, c’est notre nouvel endroit préféré. Vous savez où nous croiser. 


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  1. Véro says:

    Il est à moi!

    ..ah non, tu as dit qu’on pouvait le partager…

  2. MC says:

    Quelques précisions supplémentaires : Quand nous y sommes allées, l’endroit était ouvert depuis 3 jours seulement et ils servaient leur premier brunch à vie. Je présume qu’ils doivent tranquillement se rapprocher de la perfection.

    Leur menu change chaque semaine. Et ils devraient ouvrir en soirée bientôt, une fois qu’ils auront obtenus leur permis d’alcool.

    @Véro: il est à moi toute seule en ton absence,na na!

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