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Guide de survie pour l’été manitobain

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Guide de survie pour l’été manitobain

L’Homme et les éléments qui l’entourent. Des heures et des heures de discussion et de commentaires complètement inutiles. Des joutes oratoires qui jamais n’influenceront le cours de la vie, mais qui au moins confirment une grande théorie universelle: l’Homme est un animal social, capable de s’épancher en compagnie du plus strict inconnu sur un sujet encore plus global, la température.

Sachez chers lecteurs que l’exercice social comporte ses risques, ici à downtown Winnipeg. Des codes bien cachés pour le commun des Québécois, avides de se joindre à l’un de ces clubs sélects de discussions de coin de trottoir. Voici donc la matière extraite d’un prototype de pierre de rosette adapté pour l’Ouest canadien. Certes ici, les pluies diluviennes ou une sécheresse affirmée créeront un certain émoi. Mais sachez, peuple de l’Est, que l’indigène craint l’été. Le mois de mai, lui, réveille leurs bonnes amies les chenilles.

Arpenteuses. Chenilles arpenteuses, de leur nom complet. Ces sympatiques trucs verts ont la réputation d’être des boulimiques de la feuille, trouant tout sur leur passage. Parfait pour un «tan» réussi, même à l’ombre, vous dites-vous? Pas si vite! Elles ont aussi l’habitude de planifier des attentats suicide, en se jetant dans votre chevelure fraîchement permanentée.

À la rigueur, les scènes de femmes/hommes hurlant sur le trottoir ont quelque chose d’hilarant. Toutefois, il est fortement suggéré de ne jamais souligner cette charmante observation en public. Vous recevrez inévitablement la même réaction: sourire en coin, yeux levés vers le ciel.

Il faut comprendre que les chenilles ne consituent que l’apéro. Juin, apparement, amène son lot d’histoire de pêche, où le poisson est judicieusement remplacé par le moustique de type yéti.

Encore une fois, votre discours uqamien sur le live and let live de l’écosystème ne vous sera d’aucun secours. Ici, on fait la chasse aux bestioles à la dure.

Du Off? Des sourcils hostiles seront votre seule réponse. Winnipeg opte plutôt pour un cocktail de fumigation d’un gaz toxique au sympathique nom de Malathion. Effets nocifs sur la santé? Who cares!

Il y a ce soldat de l’information qui se pointe une fois par semaine à l’hôtel de ville pour rencontrer l’entomologiste. On sert le décompte de moustiques capturés dans les trappes municipales. Ça prend des chiffres, pour bien alimenter une discussion.

Même la personne-ressource est au centre d’un véritable star-système. Faut voir ce bel entomologiste de la ville, Taz, à la crinière heavy-metal qui possède son fan club. Et qui devient par le fait même un sujet de prédilection, pour maintes conversations.

Arrivé à ce point, vous espérez maintenant pouvoir allégrement vous joindre à l’une de ces conversations. Vous sentir inclus. C’est l’une des mutations qui vous attendent au Manitoba.


À propos de l'auteur

Pasquale Hache

Pasquale a choisi le journalisme pour l'aventure. Depuis les débuts de sa carrière, elle a pu : 1) apprendre à boire sur un trottoir londonien 2) lever le coude avec des marocains pendant un spectacle de Youssou N'Dour à Essaouira 3) vivre le buzz de se faire carter pour acheter un briquet à Winnipeg. Les prochaines années s'annoncent fort excitantes.

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