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Pourquoi j’aime… les vestiaires de centres sportifs

juin06 > Idées > Société > Magazine

Pourquoi j’aime… les vestiaires de centres sportifs

J’ai beau me forcer, je ne prends pas vraiment plaisir à aller au gym. Je sais, l’exercice, c’est bon pour la santé. Mais le ski de fond stationnaire, c’est ridicule. Alors quand je ne suis pas trop emballée par la perspective de faire des steppettes d’aérobie sur un vieux remix de Blur ou de gravir 348 marches sur un stairmaster sans arriver nulle part – et c’est souvent le cas –, je me motive en pensant à ce qui suivra: un petit tour au vestiaire.

Parce que j’adore les vestiaires de centres sportifs. Pourtant, je ne suis ni particulièrement exhibitionniste, ni particulièrement voyeuse. Mais je suis toujours un peu émue par cette proximité avec de parfaites inconnues le temps d’une douche.

D’abord, ç’a quelque chose de rafraîchissant, toute cette nudité sans la moindre graine d’érotisme (ou graine tout court…).

Ensuite, dans le vestiaire on est témoin de toutes sortes de rituels. Un peu comme dans un making of, on observe des étapes de préparation parfois insoupçonnées. Il y a les filles qui mettent 20 minutes à appliquer leur maquillage. Celles qui s’habillent en commençant par leurs bas. Celles qui cachent des sous-vêtements hyper sexy sous leurs tailleurs rangés. Celles qui ne jettent même pas un coup d’œil au miroir avant de sortir.

Et puis, c’est l’antidote ultime au raz-de-marée de poupées airbrushées qu’on nous sert dans les médias. Des femmes de toutes les tailles, de toutes les formes, de tous les âges. Des peaux fermes, étirées, ramollies. Des seins petits, gros, pointus. Des bikinis brésiliens, des aisselles luxuriantes. De fesses bombées, des culottes de cheval, des cuisses de cyclistes, des bras de yogis… Le corps dans tout ce qu’il a de plus vrai et de plus beau.

À propos de l'auteur

Corinne Fréchette-Lessard

Après moult temps d’arrêts, séjours à l’étranger et changements d’orientation, Corinne a terminé cette année un bac en journalisme. Elle collabore au magazine Strut et continue de rester perplexe devant les gens qui mangent leurs œufs tournés crevés. L’appel de l’Angleterre se fait toujours aussi insistant et le dilemme persiste (Montréal ? Londres ?… Londres ? Montréal ?) En attendant de se brancher, elle lit le Guardian on line.

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