Station Acadie

Numéro 19

4 au 12 juin 2004

Un texte de
Gabrielle Lecomte

Publié le 4 juin 2004 dans
Chroniques, Métrocritique

P45 voyage beaucoup. Une métrocritique, c’est un condensé++ de tout ce que vous vous êtes déjà dit tout bas à propos d’une station de métro de Montréal. Ce mois-ci, la station Acadie.

p_metrocritique_0604.gifSituation géographique
Station compacte et modeste, deux petites sorties se font face, rues Beaumont et Acadie. Situé entre le néant et un trou noir, bordé de bungalows, de sextuplex en brique allant du beige pâle au blanc, d’un Petro-Canada et d’un boisé bien odorant parfait pour se délester du cadavre d’un petit animal.

Climat
Pas mauvais, un peu sombre, indéniablement humide.

Architecture et décoration
Rouge, noir et bleu, surtout rouge et noir. Ensemble que je qualifierais de résidu tardif et gothique de design Memphis. Memphis, c’est ce style originaire d’Italie qui fut populaire pendant environ quatre mois au début des années 80, celui qui allait bien avec les permanentes coupées en triangle et les vestons courts à épaulettes surdimensionnées, roses, ou jaune poussin. Bref, fort en géométrie, triangles et carrés dominent le lieu. Sur les quais, le plancher de petites tuiles rouges avec les « V » de petites tuiles noires rappellent des éléments importants de la culture populaire des années 80: Michael Jackson et son fameux coat, la série de télé V aussi et… c’est tout. Damier de granit noir sur les murs, bancs en granit noir avec tubes rouges…

Côté art, il y a l’horloge/banc super conceptuelle. Elle n’indique pas la bonne heure et personne n’ose s’asseoir dessus étant donné que c’est un peu CHENU et placé de manière plutôt CENTRALE… Ça se voulait utile et bien pensé, finalement, c’est vraiment inutile, mais un peu drôle. Pour couronner le tout, il y a les murs de tuiles blanches avec imprimé dessus, en gros demi-ton, des gens qui font des choses comme « la roue », «planer» et « perdre un soulier ». Dynamique.

Clientèle
Des gars en camisole. D’autres, peut-être sur la poudre, qui allument leur cigarette directement sortis du train, drette-là sur le quai, pis qui on l’air très pressé. Et d’autres qu’on ne remarque pas. Du genre «badaud», figurant dans un film de HOOD. Des casseurs de vitres. Des finfinauds.

Constat final
Étrange 1980, à la Siouxsie Sioux. Note: 8.5/10


Collaborez, vous aussi, au magazine P45, ou envoyez-nous vos idées pour les chroniques Approuvé-réprouvé ou encore P45 hebdo: courrier [à] p45.ca.

Discussion

Appréciations
Tweets
Sans commentaire

Commenter