Station Côte-des-Neiges

Numéro 80

8 au 14 juin 2007

Un texte de
Caroline Pelletier

Publié le 8 juin 2007 dans
Chroniques, Métrocritique

Station Côte-des-Neiges

La station Côte-des-Neiges a cela de particulier qu’elle reflète l’ethnicité de la métropole dans toute sa splendeur. Surnommé «Côte-des-Nègres», le quartier opère une rupture entre pauvreté et bourgeoisie, scission symbolisée par le haut et le bas de la côte. On ne s’y trompe pas.

Situation géographique

Sur la ligne bleue, Côte-des-Neiges fait partie du trio de stations qui quadrillent le campus de l’UdeM.

À l’ouest, situé au coin de Jean-Brillant, un joli marché en plein air ouvert à l’année (ou presque) demeure un attrait en soi. Plus loin, dans les librairies, les cafés branchés, circulent étudiants et promeneurs du dimanche, souvent avec leur ami Pitou, faute de mieux.

À l’est, coin de l’avenue Lacombe, direction «en bas de la côte», la sortie est tout aussi achalandée, mais les gens n’ont l’air que d’y passer, comme si cette portion de rue ne servait qu’à se rendre du point A au point B. Les gens y sont moins détendus: leur pas est plus rapide, toujours à l’affût d’un mendiant, d’un voleur de sacoche ou d’un «évadé» de l’hôpital psychiatrique…

Climat

Sombre et pas très accueillante, mis à part les Témoins de Jéhovah qui font le pied de grue à toute heure du jour. Les musiciens n’y sont pas les meilleurs non plus.

Enfin, le vendeur de l’Itinéraire à la sortie direction ouest, toujours poli et souriant, est toujours là pour nous souhaiter une bonne journée et inévitablement, on se sent toujours un peu cheap de ne pas lui donner notre petit 2 $ réservé pour notre café du matin.



Architecture et décoration

Tout est gris! Même le granit rose-gris et anthracite qui tapisse les murs n’est plus rose. Il est gris. Les taches dont on préfère ignorer la provenance ont toujours tendance à réapparaître. Rien à faire.

Seule trace artistique: les verrières de Claude Bettinger avec une prédominance de couleurs chaudes (rose, rouge, orange) et leur bleu, gris, noir et blanc. Une mention pour les sculptures pyramidales en bronze et aluminium de Bernard Chaudron (sortie est) et les structures de lumière postmodernes. C’est Star Wars en mieux.

Clientèle

De par sa situation géographique, ce métro demeure le reflet social de cet écart sans cesse grandissant entre les riches et les pauvres. Ici, sans-abris, assistés sociaux, étudiants, simples employés, petits bourgeois et hommes d’affaires se côtoient, souvent sans risquer le moindre sourire.

Constat final

Sans doute trop ordinaire pour vanter son esthétisme, Côte-des-Neiges n’aurait aucun intérêt, si ce n’était de ses usagers. Pour leur hétérogénéité, leur odeur exotique, et leur grande propension à l’indifférence.

Note

7.5/10


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