Top 10 des bouquins de l’été: curieux et irrévérencieux

Numéro 83

29 juin au 13 septembre 2007

Un texte de
Caroline Pelletier

Publié le 1 juillet 2007 dans
Culture, Livres

Top 10 des bouquins de l’été: curieux et irrévérencieux

1. Nikolski, de Nicolas Dickner, Alto, coll. CODA, 2007.

Pourquoi ce livre? Question de crédibilité: pour que ce palmarès soit crédible, il fallait commencer par un livre primé. Avec le Prix des libraires du Québec, le Prix littéraire des collégiens et le Prix Anne-Hébert, c’est bien parti comme on dit.

Bout de phrase à déguster: «[…] jamais plus il ne saurait distinguer un livre d’une carte routière, une carte routière de son arbre généalogique, et son arbre généalogique de l’odeur de l’huile à transmission.»

Plus-value: Le format poche vient de sortir, il se transporte mieux et vient en plusieurs modèles, les trois poissons de la couverture allant de la truite arc-en-ciel au maquereau.

2. Coup de foudre, clichés et autres atrocités, de Julie Gaudet-Beauregard, Les 400 coups, coll. Style libre, 2007.

Pourquoi ce livre? Parce que nous avons tous besoin de se faire raconter des histoires d’amour un peu fleur bleue. Celles qui se terminent bien nous font rêver (ou suer) et celles qui finissent mal nous rassurent. Ici, c’est totale ambivalence entre envie et déception.

Dialogue craquant: – Est-ce que tu l’aimes? Tu es amoureux d’elle?
– Peut-être. Non. Sûrement pas. Je ne la connais pas.»

Plus-value: Remarquablement bien illustré par Catherine Lepage.

3. Un matin je suis partie, de Alice Steinbach, Gallimard, coll. Folio, 2005.

Pourquoi ce livre? Parce que parfois l’envie nous prend de tout laisser tomber et de fuir loin, très loin, sans savoir si l’on reviendra.

Idée phare: Une journaliste américaine quitte tout pour un voyage d’un an – «Année de tous les dangers» – qui la conduira à Paris, à Londres, en Italie, pour finalement culminer en un voyage intérieur dont elle sortira transformée.

Mise en garde: Peut provoquer des étourdissements, des fourmis dans les jambes et une envie soudaine de déguerpir au plus sacrant. Il est conseillé de se tenir loin des agences de voyages et des aéroports.

4. La Tour de Babylone, de Ted Chiang, Denoël, coll. Lunes d’encre, 2006.

Pourquoi ce livre? Pour varier un peu. Qu’est-ce que c’est? Recueil de nouvelles de science-fiction qui saura plaire aux inconditionnels de SF comme à ceux qui retiennent un haut-le-cœur à l’idée de lire le dernier Stephen King. Ce qui, résolument, n’a rien à voir avec l’univers fantastique de Ted Chiang.

Mystère enfin dévoilé: «Pour la première fois, il savait ce qu’était la nuit: l’ombre de la terre même, projetée contre le ciel».

Mise en garde: Peut donner la piqure pour la littérature SF.

Recommandation médicale: Lire tout William Gibson parce que Ted Chiang n’a rien écrit d’autre.

5. Matin brun, de Franck Pavloff, Cheyne, 2003.

Pourquoi ce livre? Parce que des fois, une claque derrière la tête suffit. D’ailleurs, le temps de crier «ayoye» vous suffira pour déguster ce petit feuillet décapant et d’une incroyable lucidité. À garder en bouche longuement, comme une chanson de Christina Aguilera.

6. La descente du singe, de David Leblanc, Le Quartanier, coll. Fiction, 2007.

Pourquoi ce livre? Parce que parfois, l’être humain a besoin de regarder d’où il vient pour savoir où il va. Souvent en plus, il fait des grimaces, vaut mieux se retourner…

Idée d’ensemble: N’importe quoi! Et c’est la beauté de la chose, car on ne sait jamais sur quoi on va tomber au fil des pages. Lecture de chevet à prendre par petites bouchées en amuse-gueules succulents.

7. Out, de Natsuo Kirino, Seuil, 2006.

Pourquoi ce livre? Parce que Kirino a marqué toute une génération: ses thrillers dressent un portrait critique de la société nippone et redonnent une voix à la femme japonaise. Out, un souffle de liberté à l’oriental. Cinglant et sans tabous.

Cœurs sensibles s’abstenir: Direct et sans concessions, les clichés sont peu à peu déconstruits. Ici, l’érotisme de la femme japonaise s’entrechoque avec ses envies meurtrières.

À noter: Le format poche est prévu pour la mi-août.

8. Carnets de naufrage, de Guillaume Vigneault, Boréal compact, 2001.

Pourquoi ce livre? Parce qu’on se retrouve tous un jour à la dérive, cherchant désespérément une bouée à laquelle s’accrocher. Et à ce moment-là, il faut risquer la noyade pour enfin remonter à la surface, un peu d’eau dans les poumons pour se nettoyer l’intérieur.

Idée phare: Survivre à une rupture sous fond de vacances à la mer.

Précaution: Bien sécher après usage. Une attention particulière aux endroits susceptibles de rouiller.

9. 101 expériences de philosophie quotidienne, de Roger-Pol Droit, Odile Jacob, coll. poches, 2003.

Pourquoi ce livre? Parce que certaines expériences qui semblent ridicules au premier abord deviennent nécessaires pour s’évader des questions trop existentielles.

Mon expérience préférée: Tenter de mesure l’existence. (Durée: vie entière / matériel: mètres, balances, tensiomètres, accélérateurs de particules et autres / effet: vain).

Suggestion: Ne pas se suicider pour autant.

10. Walkups. Scènes de la vie montréalaise, de Lance Blomgren, Adage, 2007.

Pourquoi ce livre? Parce qu’on voudrait tous être un petit oiseau pour voir ce qui se passe chez notre voisin.

Idée phare: Rencontres inédites entre voisins de paliers, histoires décousues où les murs se racontent et pensées superflues. Impression familière et rire gras.

Plus-value: Des photos en noir et blanc de la vie montréalaise, parfois trop floues pour savoir ce que c’est, mais bon.


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