Tuyo: le Big-bang

Numéro 71

6 au 12 avril 2007

Un texte de
Mélissa Vaillancourt

Publié le 6 avril 2007 dans
Culture, Musique

Tuyo: le Big-bang

Création: un seul mot suffit pour décrire Carol Bergeron, cofondateur de l’ensemble musical Tuyo.

Cet homme éclaté qui consacre sa vie à l’exploration du monde sonore depuis plus de 30 ans, nous présente cette fin de semaine Big-bang, son nouveau spectacle, dans lequel il déploiera quatre instruments qu’il a inventés et fabriqués de ses mains.

Après 11 créations et plus de 859 spectacles présentés aux États-Unis, en Europe et en Asie, ce créateur invétéré décrit son dernier-né comme étant tout aussi chaotique que mélodique. «Depuis quelques années, je travaille à la fois sur des instruments traditionnels et des instruments inventés. Comme chacun des tuyaux a une note, l’harmonie est possible. On peut frapper sur l’instrument, accrocher des cordes ou le gratter tout en restant en harmonie avec les instruments traditionnels», raconte-t-il lors d’un court entretien téléphonique.

Percussionniste de formation classique, Bergeron invente depuis toujours des instruments de musique à partir de matériaux récupérés. «Je travaille avec des matériaux assez modernes comme du PVC, du PVCC et du ADS. En fait, plus la surface extérieure est solide et dure, plus l’instrument va sonner. Les plastiques sont particulièrement adéquats pour ce genre de structure», affirme-t-il.

Big-bang musical

«Tout a commencé avec un livre sur les grands courants de philosophie associés à la science, écrit par Stephen Hawking.» Une lecture qui lui aura donné l’impulsion de départ pour réaliser ce spectacle de «musique gestuelle», où la performance est aussi auditive et visuelle que ludique.

Inspiré du principe de l’expansion de l’univers, le créateur a conçu (et nommé) quatre gros instruments tous plus bizarres les uns que les autres. La Baleine et le Béluga, composé de tuyaux disposés à la verticale d’une hauteur de 3 et 6 mètres; les Anacondas, un alignement d’énormes tuyaux qui ressemble à un serpent enroulé sur lui-même; le Robin de bois, une harpe de 11 mètres de long; et le Vortex, une succession de cerceaux de différentes tailles prennent des allures d’œuvres d’art.

Tout au long du spectacle, sous les yeux des spectateurs, ceux-ci se métamorphosent en direct graduellement en une unique sculpture géante. «Mes instruments reflètent le mouvement, l’explosion, la vision scientifique du Big-Bang. Pendant le spectacle, il y a de vieux textes de scientifiques, de Newton, de Copernic ou de Einstein, associés à des musiques particulières et à des films d’astronautes des années 40. On a voulu ramener une esthétique ancienne et périmée», explique-t-il sur un ton enthousiaste.

En première partie, ses compositions musicales originales et celles de Charles Duquette (le percussionniste du band) seront jouées, puis s’ensuivront des interprétations de musique actuelle: Arcade Fire, Tom Waits, Martin Léon, Igor Stravinsky, Claude Vivier, Frank Zappa et Mr Oizo.

«J’ai voulu mélanger les genres et j’ai volontairement choisi des oeuvres dissemblables pour illustrer le monde hétéroclite qui nous entoure. Internet déteint beaucoup sur l’esthétisme d’aujourd’hui. Sur tout écran que l’on regarde, il se passe 3 ou 4 affaires en même temps. C’est un peu ça qui se passe dans le spectacle. La façon que les musiciens bougent sur les instruments, les projections, les textes très vieux et anciens».

Sur la scène, une comédienne et quatre musiciens – dont une clarinette basse, une flûte alto, un alto et d’autres percussions – se déplaceront, dans un univers visuel tout aussi éclaté que le monde sonore créé. «La cohérence se trouve dans l’incohérence. Et je ne crois pas possible de faire un spectacle avec un seul style. On tourne à gauche et à droite, après on va un peu tout droit… chacun y trouve son compte», conclut Bergeron.

Tuyo – Big-bang
les 5, 6 et 7 avril 2007 à 20 h 30 et le 8 avril 2007 à 14 h (représentation famille, enfant 7 ans et +) au Théâtre Outremont, Montréal

Le site de Tuyo.


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